Ce qu’il ne fallait pas manquer en octobre, résumé en 3 minutes
Etat des lieux sur les pratiques des candidats et des recruteurs, hausse de l’absentéisme, parentalité… Voici un récapitulatif des infos RH qui ont rythmé le mois d’octobre 2026.
À la une : candidats et recruteurs en quête d’une nouvelle relation de confiance
La confiance s’est fragilisée entre candidats et recruteurs. C’est ce que confirme la nouvelle enquête Hellowork publiée le 7 octobre dernier. Les frictions semblent apparaître dès l’offre d’emploi : 96 % des candidats déclarent avoir déjà renoncé à postuler, d’abord face à des exigences jugées irréalistes. Ce malaise semble se prolonger après la candidature, puisque 66 % d’entre eux disent ne recevoir aucune réponse en cas de refus. Les recruteurs sont pourtant 93 % à affirmer en envoyer une systématiquement.
L’IA entretient aussi la défiance : 62 % des candidats doutent qu’un humain lise leur candidature, alors que seuls 9 % des recruteurs s’en servent pour trier.
Le DRH du mois : Sylvain Allouche, Chief People Officer de McDonald’s France
Entré chez McDonald’s comme équipier, Sylvain Allouche pilote aujourd’hui la politique RH de 75 000 salariés, répartis dans 1 630 restaurants. L’enseigne ambitionne de créer 8 000 emplois d’ici 2030. Pour ce faire, elle a notamment signé un partenariat avec France Travail et Cap Emploi, afin d’ouvrir ses portes à des publics éloignés de l’emploi.
Ce même souci d’équité guide sa politique de rémunération. Sans attendre la loi sur la transparence des rémunérations, l’entreprise affiche déjà le salaire sur toutes ses offres, et ses collaborateurs ont accès aux fourchettes de rémunération de l’ensemble des postes. « Cette évolution nous paraît positive et légitime parce qu’elle renforce la lisibilité et l’équité des politiques de rémunération. Comme toute transformation, elle nécessitera des ajustements, mais nous sommes convaincus qu’elle contribuera à renforcer la confiance des collaborateurs », souligne Sylvain Allouche. Retrouvez ses autres sujets phares dans notre interview exclusive.
La phrase du mois : « Le marché de l’emploi ne s’effondre pas, mais ses rouages continuent de se gripper »
Selon le baromètre Hellowork, le volume d’offres d’emploi a reculé de 3,1 % au troisième trimestre, un repli toutefois moins marqué qu’aux deux trimestres précédents. « Les multiples incertitudes internationales et nationales conduisent les entreprises à reporter leurs investissements et les salariés en poste à différer leurs projets de mobilité professionnelle, alimentant la baisse des recrutements observée depuis le second semestre 2024 », analyse David Beaurepaire, directeur délégué au développement de Hellowork.
Le chiffre à retenir : 38 jours
C’est le nombre moyen de jours d’absence cumulés en 2025 par un salarié arrêté au moins une fois dans l’année, soit deux de plus qu’en 2023, selon le Baromètre Absentéisme Privé 2026 de WTW.
Cet allongement des arrêts explique l’essentiel de la hausse de l’absentéisme, dont le taux atteint 4,95 % en 2025. La part de salariés absents au moins un jour reste stable, autour d’un sur trois. Les cadres ne sont toutefois pas épargnés, puisqu’un cadre absent l’a été en moyenne 3,5 jours de plus qu’en 2023. Un signal que WTW relie à la fragilité croissante du rôle de manager.
Le retour d’expérience du mois : Safran, un accord parentalité au-delà de la loi
Signé en juillet 2023, l’accord parentalité du groupe Safran va plus loin que ce que prévoit le Code du travail sur plusieurs aspects, dont :
- des congés de maternité, d’adoption et de paternité rémunérés à 100 %, sans condition d’ancienneté ;
- un congé de cinq jours pour les deux parents en cas d’interruption tardive de grossesse ;
- un temps partiel jeunes parents, qui permet de passer à 80 % pendant deux mois avec une rémunération à 90 %.
Fin 2024, la démarche a été prolongée par un accord-cadre européen couvrant 68 000 salariés. Trois ans après, Vincent Mackie, directeur des affaires sociales du groupe, en tire un bilan positif : « Au-delà d’améliorer le quotidien de nos salariés, ces initiatives ont eu le mérite de rendre ces sujets explicites. […] Désormais, on peut en parler. »
Le décryptage juridique : l’entretien de parcours professionnel entre dans sa phase concrète
Issu de la loi du 24 octobre 2025, l’entretien de parcours professionnel remplace l’ancien entretien professionnel, jusqu’ici organisé tous les deux ans. Le nouveau calendrier concerne l’ensemble des salariés :
- les recrues arrivées depuis le 26 octobre 2025 doivent bénéficier d’un premier entretien au cours de leur première année, puis tous les quatre ans ;
- les salariés déjà en poste basculent eux aussi dans ce nouveau rythme, à partir de la date de leur dernier entretien professionnel ;
- dans les entreprises couvertes par un accord sur la périodicité des entretiens, la bascule est effective depuis le 1er octobre 2026.
Notre mode d’emploi détaille les thèmes à aborder et propose un modèle de convocation.
L’info utile : dégradations après les manifestations, ce que vous devez à vos salariés
En marge des manifestations du 17 octobre, au moins 3 000 commerces ont été dégradés ou pillés. Pour les employeurs touchés, un magasin fermé pour réparations ne suspend pas les contrats de travail, et le salaire reste dû, sauf recours à l’activité partielle. Le gouvernement en a d’ailleurs annoncé le déclenchement immédiat, avec une prise en charge à 100 %.
À l’approche de la mobilisation du 5 novembre, l’obligation de sécurité impose par ailleurs de transmettre des consignes claires à vos équipes. Notre article détaille l’ensemble de vos droits et obligations.
La nouvelle du mois : les alertes thématiques arrivent sur Helloworkplace
Annoncé le 27 octobre, ce nouveau service vous permet de suivre l’actualité des sujets qui vous intéressent, comme l’IA, la rémunération, le sourcing ou la qualité de vie au travail. Vous sélectionnez vos thématiques et l’heure d’envoi, puis vous recevez chaque jour par mail les derniers articles publiés sur ces sujets.