Taux d’emploi : ce qui explique l’écart entre la France et ses voisins de l’UE

La France occupe le 21e rang européen en termes de taux d’emploi des 15-64 ans. En cause notamment, un taux plus faible chez les jeunes et les seniors, selon la Dares.

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En 2025, le taux d'emploi des 15 à 64 ans s'élevait à 69 % en France, 13 points derrière les Pays-Bas, et 2 points derrière la moyenne de l'UE. © Dares

La France partage avec ses voisins européens l’ambition d’un taux d’emploi élevé. Les données chiffrées ne vont toutefois pas dans ce sens. Dans une publication parue le 10 septembre, la Dares a comparé les pays de l’Union européenne à partir des données Eurostat de 2025. Avec 69 % des 15-64 ans en emploi, contre 71 % en moyenne dans l’UE, la France se classe au 21e rang des 27 pays européens. Un retard qui s’explique.

Chez les jeunes, une insertion difficile avant tout

Le taux d’emploi des 15-24 ans atteint 35 % en France, au 8e rang européen, à hauteur de la moyenne de l’UE. La hausse est récente, avec +5 points depuis 2018, en lien avec la réforme de l’apprentissage. Elle n’a toutefois pas rapproché la France des pays de tête. Plus de 40 points la séparent des Pays-Bas (à 76 %), 26 points du Danemark (60 %), 16 points de l’Allemagne et de l’Autriche (51 %).

Le premier frein est l’entrée dans l’emploi. En France, la part des jeunes ni en emploi ni en formation atteint 11 %, un niveau particulièrement élevé en Europe. La Dares l’explique en partie par les sorties de formation initiale sans qualification, une difficulté que l’enquête Pisa repère dès 15 ans. Selon celui-ci, la France compte une part importante d’élèves peu performants en mathématiques, en compréhension de l’écrit et en sciences. La lenteur de l’insertion se mesure ensuite sur les diplômés. Dans les trois ans suivant le plus haut diplôme, 71 % des jeunes sortis d’études sont en emploi, contre 76 % dans l’UE. L’écart ne se résorbe que partiellement avec le temps.

Le second frein est l’articulation entre études et travail. L’écart avec les pays de tête ne vient pas des jeunes qui travaillent à temps plein, une catégorie où la France fait mieux que la moyenne (27 % contre 23 %). Il vient du temps partiel, qui concerne 8 % des 15-24 ans en France contre 12 % en moyenne dans l’UE. En France, seulement 18 % des 15-24 ans cumulent emploi et formation, contre 42 % au Danemark et 58 % aux Pays-Bas.

Chez les seniors, un rattrapage réel mais un départ plus précoce

A l’autre extrémité, le taux d’emploi des 55-64 ans s’établit à 62 % en France, ce qui classe le pays au 17e rang européen, à 5 points de moins que la moyenne de l’UE. Chez les 55-59 ans, le taux d’emploi reste proche de celui de ses voisins européens. Le décrochage se joue surtout sur les 60-64 ans, à 44 %, soit 11 points de moins que la moyenne de l’UE. Sur cette même tranche, les Pays-Bas atteignent un taux d’emploi de 70 %, le Danemark de 69 % et l’Allemagne de 68 %.

La progression française a pourtant été forte, avec 31 points gagnés depuis 2005. Les Pays-Bas en ont gagné 47 sur la même période, l’Allemagne 39, en partant déjà de plus haut. La France progresse vite, mais cela ne lui permet pas de rattraper les pays qui la devancent.

D’après l’OCDE, cet écart persistant tient en partie à une sortie plus précoce du marché du travail en fin de carrière. Pour les hommes, l’âge effectif de sortie est proche de 62 ans en France, contre 64 ans dans l’UE.

Un écart femme-homme moindre en France

En revanche, sur la tranche des 25-54 ans, la France se situe dans la moyenne européenne, avec un taux d’emploi de 83 %. Deux publics restent toutefois en deçà. Les moins diplômés d’abord, à 60 %, contre 63 % dans l’UE et même 70 % aux Pays-Bas. Les personnes nées hors de l’UE ensuite, avec un taux d’emploi en France est de 66 %, contre 72 % en moyenne européenne et 74 % au Danemark. Pour la Dares, le niveau de qualification ne suffit pas à expliquer cette situation, puisque la part d’étrangers peu diplômés est plus faible en France que dans l’UE.

Enfin, sur un autre critère, la France fait mieux que ses voisins. Sur la tranche des 25-54 ans, l’écart entre le taux d’emploi des femmes et celui des hommes s’élève à 7 points, contre 9 points en moyenne dans l’UE. La Dares y voit l’effet des solutions de garde proposées dans les différents pays. Avoir de jeunes enfants est le premier frein à l’emploi des femmes. Or les pays où beaucoup d’enfants de moins de 3 ans ne sont pas gardés en crèche ou par une assistante maternelle sont aussi ceux où les femmes travaillent le moins par rapport aux hommes. La France se situe du bon côté, avec seulement 40 % d’enfants de moins de 3 ans dans ce cas, contre 59 % en moyenne européenne.

*Dares Analyses n° 38, « Comment se situe la France à l’échelle européenne en matière de taux d’emploi ? », septembre 2026. Données Eurostat, Labour Force Survey, extraites en juillet 2026.

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