Ces soft skills que l’IA rend d’autant plus précieuses en entreprise

Une étude du cabinet Morgan Philips identifie les soft skills qui gagnent en importance avec l’IA.

Ces soft skills que l’IA rend d’autant plus précieuses en entreprise ©ImageFlow
Depuis l'arrivée de l'IA, l'esprit critique est la compétence humaine la plus recherchée en entreprise. © ImageFlow / stock.adobe.com

En l’espace de quelques années, l’intelligence artificielle s’est installée dans le quotidien des entreprises. Si elle permet de gagner en efficacité et en productivité, certaines compétences humaines prennent dans le même temps davantage de valeur. L’étude « Ces soft skills qui prennent de la valeur avec l’IA »*, du cabinet Morgan Philips, les qualifie de compétences « AI-proof », des aptitudes difficiles à automatiser qui, combinées à l’IA, créent de la valeur.

La pensée critique, premier garde-fou face à l’IA

La pensée critique fait presque l’unanimité, citée par 94 % des répondants, comme une compétence qui gagne en valeur avec l’IA. Savoir questionner une réponse, tester des hypothèses, vérifier ses sources et repérer des biais devient, selon l’étude, un socle commun à tous les métiers. Cela suppose, en somme, de comprendre les limites de l’outil.

Dans la même veine, le jugement et la prise de décision sont cités par 61 % des répondants, la pensée stratégique par 56 % et l’éthique et le discernement par 55 %. Ces compétences entrent en jeu lorsque l’IA n’apporte pas une réponse suffisamment certaine. « L’IA peut proposer des scénarios, mettre en évidence des corrélations ou accélérer l’analyse. Elle ne supprime pas la nécessité de choisir une orientation, d’arbitrer entre plusieurs risques et d’assumer les conséquences de la décision », souligne l’étude.

L’intelligence émotionnelle gagne du terrain avec l’usage

L’intelligence émotionnelle arrive en deuxième position, citée par 66 % des répondants. Comprendre les émotions, gérer les relations humaines et créer de la confiance devient, selon l’étude, encore plus décisif à mesure que de nombreuses tâches s’automatisent. Elle est d’ailleurs davantage citée par les entreprises où l’IA est la plus intégrée.

Dans son sillage, d’autres compétences relationnelles gagnent elles aussi en valeur. C’est notamment le cas du leadership et de l’influence, cités par 63 % des répondants, et de la collaboration et de la coordination, citées par 48 %. Les managers sont les premiers concernés. Comme le note l’étude, « le rôle managérial se déplace du suivi de l’exécution vers la création de sens, l’organisation de la coopération et la régulation des tensions liées aux nouveaux modes de travail ».

La curiosité, moteur d’apprentissage face à l’IA

La curiosité, l’adaptabilité ou encore la créativité forment un autre ensemble, citées respectivement par 42 %, 41 % et 40 % des répondants. Tester, expérimenter, s’approprier de nouveaux outils, imaginer des solutions… Selon l’étude, ces compétences gagnent en valeur pour explorer l’IA, en comprendre les usages et les limites, et la compléter par des idées nouvelles. Elles permettent aussi de s’adapter rapidement à de nouvelles méthodes, de nouveaux contextes ou de nouvelles technologies.

Ces aptitudes dessinent le profil d’un salarié augmenté par l’IA. Dans un monde du travail transformé par ces outils, les organisations recherchent ainsi, selon l’étude, « des professionnels capables de transformer les productions de l’IA et/ou des outils, en actions pertinentes ».

Des situations concrètes pour repérer ces compétences en recrutement

Pour les recruteurs, ces compétences restent toutefois difficiles à identifier sur la simple base d’un CV. Pour repérer ces profils, l’étude recommande de structurer ses entretiens autour de situations concrètes liées à l’IA, afin d’y rechercher des preuves de jugement, d’apprentissage et de coopération. L’étude préconise également d’observer les comportements en mise en situation. Le candidat peut par exemple être amené à contrôler une production de l’IA, à arbitrer un risque ou à expliquer une décision.

*enquête menée entre avril et juillet 2026 auprès de 101 professionnels (RH, dirigeants, managers), clients du cabinet, issus d’entreprises de toutes tailles.

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