Comment réussir le retour d’un salarié après un arrêt longue durée

Rendez-vous de liaison, visite de reprise, aménagements, accueil : ce que la loi impose et ce qui fait la différence sur le terrain pour réussir le retour d’un salarié après une longue absence.

Comment réussir le retour d'un collaborateur après un arrêt longue durée ?
Entre cadre légal et conseils aux RH, tout savoir sur la reprise d'un salarié après un arrêt longue durée. © Pcess609 / stock.adobe.com

Le retour d’un salarié après plusieurs mois d’absence se prépare avant le jour de sa reprise. Selon le baromètre Malakoff Humanis publié en juin 2026, les arrêts longs sont en hausse, et la santé mentale est devenue le premier motif des arrêts de plus de 30 jours. Ce type d’absence appelle un retour progressif, préparé avec le salarié.

Arrêts maladie : ce qui a changé le 1er septembre

Depuis le 1er septembre 2026, un arrêt maladie initial ne peut plus dépasser 31 jours, et chaque prolongation 62 jours, sauf justification écrite du praticien. Un salarié absent six mois cumule ainsi au moins trois prolongations, autant de repères pour préparer son retour.

Pendant l’arrêt : préparer le retour en amont

La reprise se joue en partie pendant l’absence, entre contact cadré avec le salarié et rendez-vous prévus par la loi.

Garder le lien, au bon rythme

Pendant l’arrêt, le contrat de travail est suspendu. Demander au salarié une précision sur un dossier ou le suivi d’un client constitue un manquement à votre obligation de sécurité. Seule exception, vous pouvez exiger la restitution d’outils ou d’informations indispensables à l’activité, comme des codes d’accès.

En revanche, vous pouvez prendre de ses nouvelles si la relation s’y prête, et à un rythme convenu. Toutefois, si l’arrêt est lié aux conditions de travail, la simple évocation de l’entreprise peut être mal vécue. Le plus simple est de fixer la fréquence des échanges avec le salarié lui-même.

Enfin, chaque échéance de renouvellement peut aussi déclencher un point interne entre RH et manager, pour faire l’état des lieux du poste.

Le rendez-vous de liaison

Au-delà de 30 jours d’arrêt, vous pouvez proposer au salarié un rendez-vous de liaison (article L. 1226-1-3 du Code du travail). Il associe le service de prévention et de santé au travail. L’objectif est d’informer le salarié des actions possibles pour préparer son retour. Ce rendez-vous reste facultatif. Le salarié peut le refuser sans que ce refus lui soit reproché.

La visite de pré-reprise

Ouverte au-delà de 30 jours d’arrêt (article R. 4624-29), elle est demandée par le salarié, son médecin traitant, le médecin-conseil ou le médecin du travail. Vous ne pouvez pas la déclencher, mais pouvez la suggérer.

C’est souvent à ce moment que la reprise se joue. Le médecin du travail peut recommander un aménagement de poste, une formation ou un changement d’horaires. Vous disposez alors de plusieurs semaines pour les mettre en place. Pendant l’arrêt, le salarié peut aussi tester son poste quelques jours grâce à l’essai encadré, avec l’accord des médecins.

Au moment du retour : vos obligations

Le jour de la reprise, plusieurs règles s’appliquent. Elles encadrent le suivi médical et l’organisation du poste.

La visite de reprise

Cette visite est obligatoire après 60 jours d’absence pour maladie ou accident non professionnel, 30 jours pour un accident du travail, et sans durée minimale en cas de maladie professionnelle (article R. 4624-31). Vous devez l’organiser dans les huit jours suivant la reprise. Le plus sûr est de la caler dès que la date de fin d’arrêt est connue. Vérifiez aussi votre convention collective, qui peut prévoir des seuils plus courts.

Si le médecin conclut à une inaptitude, vous devez chercher un reclassement, après avis du CSE. Sans reclassement ni licenciement dans le mois, le versement du salaire reprend.

Les aménagements et le temps partiel thérapeutique

Le médecin du travail peut préconiser des aménagements du poste ou du temps de travail (article L. 4624-3). Vous êtes tenu de les prendre en compte, ou de motiver votre refus par écrit auprès du salarié et du médecin (article L. 4624-6). Depuis un arrêt de la Cour de cassation du 9 septembre 2026 (n° 25-11.901), le non-respect de ces préconisations ouvre droit à réparation, sans preuve d’un préjudice.

Le temps partiel thérapeutique, prescrit par le médecin traitant, permet une reprise à temps réduit, avec maintien d’indemnités journalières. Votre accord est nécessaire, et un refus doit reposer sur un motif légitime lié au fonctionnement de l’entreprise.

L’entretien de parcours professionnel

Depuis la loi du 24 octobre 2025, cet entretien n’est plus systématique au retour d’un arrêt longue maladie. Il reste obligatoire si le salarié n’en a eu aucun dans les 12 mois précédant sa reprise. Même facultatif, il offre un cadre utile pour parler de ses perspectives.

Les premières semaines : accueillir et suivre

Le jour du retour, le poste de travail doit être prêt et les accès actifs, pour éviter au salarié l’impression d’avoir été oublié. Mieux vaut aussi prévoir un échange avec le manager ou une personne du service RH, et ce dès le matin. Ce temps sert à demander au salarié comment il aborde son retour, de quoi il a besoin pour reprendre dans de bonnes conditions, et à faire le point sur ce qui a changé pendant son absence.

Le suivi se poursuit au-delà des premiers jours. Des points réguliers avec le manager permettent d’ajuster la charge de travail au rythme du salarié. Si des difficultés apparaissent, le salarié peut demander à rencontrer le médecin du travail à tout moment, et vous pouvez le solliciter aussi (article R. 4624-34).

Reste l’évaluation annuelle, souvent oubliée. Des objectifs fixés avant l’arrêt gagnent à être revus au prorata de la présence réelle. C’est une question d’équité, mais également une précaution : un salarié ne peut être pénalisé en raison de son état de santé (article L. 1132-1).

Pour afficher ce contenu issu des réseaux sociaux, vous devez accepter les cookies et traceurs publicitaires.

Ces cookies et traceurs permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d’intérêt.Plus d’infos.

Accepter

Guide du recrutement 2026 : l'indispensable pour bien recruter

Des analyses et des conseils d'experts pour vous aider à prendre l’avantage face aux transformations du marché.
Voir le guide
visuel guide

Bien s’équiper pour bien recruter

Logo Marque employeur
Logo Hellowork
Logo Basile
Voir tous les outils