NAO 2026 : les enveloppes salariales au plus bas depuis 4 ans
L’enquête annuelle Mercer sur les NAO révèle un budget médian resserré à 2 % pour 2026, et une nouvelle priorité dans les négociations : l’équité salariale, en anticipation de la directive européenne sur la transparence des salaires.
2 %, c’est le niveau médian de l’enveloppe consacrée aux augmentations du salaire de base pour 2026, selon la 14e édition de l’enquête annuelle de Mercer sur les Négociations Annuelles Obligatoires (NAO). Le niveau n’avait pas été aussi bas depuis le Covid, prolongeant le repli budgétaire déjà observé l’an passé.
Une érosion qui se poursuit depuis le pic inflationniste
Après un budget médian à 4 % en 2024, porté par une inflation encore élevée, puis un repli à 2,5 % en 2025, l’enveloppe des NAO poursuit sa décrue en 2026. Le contexte économique demeure incertain, et ce climat a directement pesé sur le rythme des négociations. Fin mars 2026, seulement 54 % des entreprises avaient finalisé leurs NAO, contre 84 % à la même période en 2025. Cet écart montre que les arbitrages budgétaires sont de plus en plus difficiles à trancher, dans un environnement où les marges de manœuvre des directions financières se sont réduites.
La répartition des augmentations reste globalement proche d’un niveau hiérarchique à l’autre, avec de légères différences entre cadres supérieurs et dirigeants d’un côté, non-cadres et ouvriers de l’autre.
Un taux de désaccord en repli, mais des tensions persistantes
On aurait pu s’attendre à ce qu’un budget en baisse attise les tensions à la table des négociations. Les chiffres offrent une image plus nuancée : seulement 17 % des NAO se sont conclues sur un procès-verbal de désaccord en 2026, contre 21 % l’an passé. Mais ce repli ne signifie pas pour autant un apaisement durable. Mercer souligne que les négociations ont été globalement plus longues et moins anticipées qu’en 2024, dans un contexte économique et géopolitique mondial jugé incertain.
De plus, ce reflux du taux de désaccord ne dit rien de la satisfaction réelle des salariés. Les projections 2026 laissent en effet penser que les augmentations accordées cette année ne suffiront pas à compenser la hausse des prix ni à assurer une progression du pouvoir d’achat. Avec une inflation projetée à 1,7 % pour 2027, les prochaines NAO pourraient s’annoncer tout aussi difficiles. Les premières estimations Mercer font ressortir un budget médian à 2,5 %, légèrement au-dessus de 2026, mais dans un contexte de contraintes économiques qui n’a pas fondamentalement évolué.
Des augmentations individuelles qui restent le levier central
Les augmentations individuelles demeurent la colonne vertébrale des NAO. 66 % des salariés en bénéficient, avec une attribution qui repose avant tout sur la performance, particulièrement chez les cadres. Mais leur niveau s’effrite d’année en année. Après une médiane à 1,80 % en 2025, déjà en retrait sur les années précédentes, 2026 accentue encore le repli.
Du côté des augmentations générales, le mouvement est plus ciblé : elles s’adressent principalement aux non-cadres. Les montants restent modestes, entre 0,35 % et 0,38 % en médiane.
Enfin, le salaire de base n’est plus le seul terrain des négociations. Pour amortir la compression des enveloppes, les entreprises jouent davantage sur d’autres leviers : revalorisation de la contribution aux titres restaurants, des accords d’intéressement et des bonus exceptionnels. Le télétravail fait désormais partie de l’équation, avec deux jours par semaine pour la majorité, assortis d’une prime annuelle médiane de 200 €.
La transparence salariale, nouvel horizon des NAO
Autre enseignement de cette édition : les entreprises françaises commencent à intégrer les futures obligations issues de la directive européenne sur la transparence des rémunérations, dont l’application concrète devrait intervenir d’ici début 2028. Concrètement, plutôt que de répartir uniformément les hausses disponibles, nombre d’entre elles orientent leurs augmentations vers la résorption des écarts salariaux identifiés en interne.
Parmi les entreprises ayant déjà chiffré l’impact de cette remédiation salariale, 12 % ont prévu un budget dédié, avec une enveloppe médiane de 0,20 %. Sophie de Heer, responsable rémunération chez Mercer France, précise que « les entreprises françaises privilégient des augmentations plus ciblées pour réduire certains écarts de salaire, afin de répondre aux exigences réglementaires tout en renforçant l’équité interne ».
Cette bascule marque une inflexion notable par rapport aux exercices précédents, où l’individualisation des augmentations répondait avant tout à des logiques de rétention des collaborateurs et de reconnaissance de la performance. Désormais, un objectif de conformité vient s’y superposer, appelé à peser de plus en plus lourd dans la construction des enveloppes à mesure que 2028 approche.
*Enquête réalisée par Mercer France auprès d’un panel de 277 entreprises implantées en France, dans le cadre de la 14e édition de son étude annuelle sur les Négociations Annuelles Obligatoires, publiée le 28 juillet 2026.
Pour afficher ce contenu issu des réseaux sociaux, vous devez accepter les cookies et traceurs publicitaires.
Ces cookies et traceurs permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d’intérêt.Plus d’infos.