Des augmentations en recul qui poussent les cadres vers la sortie
Les augmentations de salaire ont reculé en 2026 et déçoivent une majorité de cadres, selon une étude Robert Walters.
En écho à son étude de rémunération annuelle, le cabinet Robert Walters a publié le 16 juillet dernier un bilan des entretiens de mi-année des cadres*. L’exercice confronte ce que les cadres ont obtenu depuis janvier à ce qu’ils en attendaient. En 2026, l’écart se creuse, surtout sur les salaires.
Des augmentations en recul, jugées insuffisantes
Début 2026, 42 % des cadres ont été augmentés, contre 52 % un an plus tôt. Le repli est net, et la hausse obtenue déçoit, puisque 55 % la jugent inférieure à leurs attentes. Les montants semblent alimenter cette frustration, avec trois quarts des augmentations étant situées entre 1 et 5 %.
Aussi, le salaire n’est pas l’unique cause de cette déception. Parmi les cadres concernés, 71 % déplorent l’absence de toute autre contrepartie, qu’il s’agisse de flexibilité, de variable ou de nouvelles missions. Pour Stéphanie Sabau, Country Manager chez Robert Walters France, les entreprises laissent de côté des marges de manœuvre pourtant disponibles : « Lors de la publication de notre étude de rémunération en décembre dernier, nous avions annoncé une certaine prudence du côté des politiques salariales des organisations pour 2026, et cette tendance s’est confirmée. Pour autant, les entreprises ne semblent pas avoir activé les leviers à leur disposition pour atténuer les frustrations des collaborateurs. Pourtant, les programmes de formation ou encore la flexibilité du rythme de travail peuvent parfois compenser des augmentations insuffisantes. » Stéphanie Sabau, Country Manager, Robert Walters France.
Quand la déception salariale accélère les départs
Cette insatisfaction n’est pas sans effet, puisque 73 % des cadres sondés déclarent vouloir changer d’emploi dans les douze prochains mois, dont la moitié avant la fin de l’année. La rémunération arrive en tête des motifs invoqués. Elle conduit 37 % d’entre eux à envisager sérieusement un départ. De plus, signe de cette pression, 48 % des entreprises constatent que leurs collaborateurs ont cherché à négocier une hausse plus importante lors des entretiens, contre 39 % en 2025. Le salaire semble peser de plus en plus lourd dans cette bascule.
Enfin, parmi les cadres satisfaits de leur augmentation, seuls 7 % ont stoppé leurs recherches et 14 % les ont ralenties, sans pour autant les arrêter.
Ce qui retient vos cadres
Interrogés sur leurs critères de satisfaction, les cadres placent en tête un management à l’écoute et efficace, devant le niveau de rémunération et d’avantages, puis l’intérêt des missions. Tout ne se joue donc pas sur le salaire. Pour Stéphanie Sabau, « malgré les difficultés financières et l’incertitude qui planent au-dessus des entreprises, les cadres souhaitent se faire entendre et sont plus nombreux cette année à avoir tenté de négocier leur augmentation. Pour autant, le management reste primordial pour eux, ainsi que l’intérêt de leurs missions. »
Enfin, un autre levier joue sur l’engagement des cadres : la transparence salariale. Plus d’un cadre sur deux (52 %) déclare que son entreprise n’a engagé aucune démarche en la matière. Mais là où elle existe, l’effet se lit dans la fidélisation, puisque 27 % des cadres concernés disent que cet engagement renforce leur envie de rester, voire leur engagement au quotidien.
*Étude Robert Walters « Entretiens de mi-année : quel bilan pour les cadres ? », réalisée au 2ᵉ trimestre 2026 auprès de plus de 300 cadres et entreprises en France, publiée le 16 juillet 2026.
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