6 actifs sur 10 préfèrent gagner plus et avoir moins de temps libre

Selon une étude de la Fondation Travailler autrement, menée avec l’Ifop, 61 % des salariés du privé préfèrent, en 2026, gagner plus que de disposer de davantage de temps libre, un niveau inédit depuis 2008.

6 actifs sur 10 préfèrent gagner plus et avoir moins de temps libre
La rémunération est priorisée par rapport au temps libre par une majorité d'actifs français. © VAKSMANV / stock.adobe.com

Il y a quelques mois, la 6ᵉ édition de l’enquête Robert Half « Ce que veulent les candidats » révélait que ces derniers plaçaient en priorité, et pour la première fois depuis 2013, l’équilibre de vie devant la rémunération. Une nouvelle étude de la Fondation Travailler autrement*, menée avec l’Ifop, conduite auprès de 1 000 salariés du privé et près de 500 dirigeants, aboutit à une autre conclusion.

Combien gagnent les salariés du privé ?

Les salariés du privé déclarent une rémunération nette médiane de 2 500 € par mois, et une moyenne de 2 321 €. Toutefois, ces valeurs recouvrent des réalités contrastées selon les profils :

  • Les cadres perçoivent en moyenne 3 368 € nets par mois, contre 2 335 € pour les professions intermédiaires. Les ouvriers (1 904 €) et les employés (1 846 €) ferment la marche, sous la barre des 2 000 €.
  • Le genre creuse un autre fossé. Les hommes déclarent 2 509 € en moyenne, contre 2 094 € pour les femmes, soit plus de 400 € d’écart mensuel.
  • L’âge, enfin, joue de façon progressive : de 1 736 € chez les 18-24 ans à 2 592 € au-delà de 50 ans.

Le salaire privilégié par 6 actifs français sur 10

Au-delà du niveau de salaire, comment les actifs définissent-ils leurs priorités ? En 2026, 61 % des salariés du privé préfèrent gagner plus d’argent, quitte à disposer de moins de temps libre. En 2022, en pleine séquence post-Covid, ils n’étaient que 39 % à partager cet avis.

La dernière fois que ce chiffre avait été atteint, c’était il y a presque 20 ans, en 2008. La sécurité économique préoccupe aujourd’hui nombre de Français. Le contexte inflationniste a comprimé le budget des ménages, dont les dépenses contraintes n’ont cessé d’augmenter, que ce soit le logement, les transports, l’alimentation ou encore la santé.

Logiquement, pour 67 % des répondants, la première solution pour améliorer leur qualité de vie est une augmentation de leur rémunération. Loin derrière suivent l’équilibre vie pro / vie perso (16 %), les avantages complémentaires (9 %) et l’évolution de poste vers plus de responsabilités (8 %). Pour les actifs français, rien ne rivalise aujourd’hui avec le montant inscrit sur leur fiche de paie.

Des nuances selon le poste et la rémunération mensuelle

L’étude révèle aussi des nuances en matière de catégorie professionnelle et de revenus. Les cadres font presque figure d’exception. Ils ne sont que 51 % à privilégier l’argent au temps libre. À l’inverse, les professions intermédiaires (69 %), les ouvriers (63 %) et les employés (60 %) penchent davantage vers le salaire. Une réalité assez logique, puisque les premiers disposent déjà d’une rémunération plus élevée que les seconds.

Ce clivage apparaît aussi selon le niveau de revenus. 66 % des actifs qui touchent entre 1 500 et 2 000 € préfèrent gagner plus, mais disposer de moins de temps libre. Le chiffre décroît à mesure que la rémunération augmente. Au-delà de 3 000 € nets, la proportion retombe à 54 %. La priorité donnée au salaire semble traduire une contrainte plus qu’une aspiration.

Un attrait pour la rémunération qui dit le besoin de vivre dignement

La place du salaire en 2026 répond à une logique de nécessité. Si la rémunération prime, c’est parce qu’elle ne couvre pas toujours l’essentiel. Un salarié sur trois déclare ne pas percevoir un revenu suffisant pour subvenir aux besoins de son foyer.

Là encore, ce sentiment varie fortement selon le niveau de revenus. Seuls 38 % des actifs percevant moins de 1 500 € nets par mois estiment que leur salaire leur permet de subvenir à leurs besoins essentiels. Un chiffre qui grimpe à 49 % entre 1 500 et 2 000 €, atteint 73 % entre 2 000 et 3 000 €, et culmine à 98 % au-delà de 4 000 €.

Le clivage se confirme par catégorie. 81 % des cadres estiment vivre correctement, contre 52 % des employés et 58 % des ouvriers. Quant à l’âge, l’étude fait apparaître une satisfaction qui progresse avec les années : de 55 % chez les 18-24 ans à 66 % au-delà de 50 ans.

* Étude « Juste rémunération – Regards croisés entre salariés et employeurs », Fondation Travailler autrement, en partenariat avec le Diot-Siaci Institute et l’Ifop, juin 2026. Échantillons : 1 000 salariés du privé et 468 dirigeants, DRH, RRH et DAF.

 

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