Augmentations salariales : quelles perspectives pour 2027 ?
Dans sa dernière étude Salary Budget Planning, WTW table sur des budgets d’augmentation de +3% en 2027, autant que cette année.
Alors que les NAO 2026 sont bouclées dans bon nombre d’entreprises, les prévisions pour 2027 commencent à être publiées par les spécialistes des études salariales. WTW a dévoilé le 4 août sa dernière étude Salary Budget Planning, avec de premières perspectives pour l’an prochain.
Le cabinet de conseil anticipe une stabilisation des augmentations salariales, comme en 2026, avec un budget d’augmentation de +3 % en 2027. « L’accalmie de l’inflation (attendue à 2,5 % en 2026 et 1,7 % en 2027 en France) permet aux directions des ressources humaines de retrouver de la visibilité. Pour autant, les entreprises évoluent toujours dans un contexte international incertain. Les tensions géopolitiques et les fluctuations des prix de l’énergie continuent d’alimenter les doutes économiques et d’influencer directement les décisions d’investissement et de rémunération », indique le cabinet.
Les écarts d’un secteur à l’autre se resserrent
Dans le détail, c’est dans les services que les augmentations devraient être les plus marquées, avec +3,1 % en moyenne en 2027. Dans tous les autres secteurs, le cabinet table sur des augmentations de +3 %, signe d’un resserrement des écarts entre les secteurs d’activité.
En 2026 déjà, les écarts ne sont plus aussi marqués que par le passé. Aucun secteur ne surperforme en termes d’augmentation. Seuls trois secteurs ont moins augmenté leurs salariés que la moyenne : la chimie (+2,5 %), les énergies et ressources naturelles (+2,7 %) et les services financiers (+2,8 %).
La France dans la moyenne européenne
Cette stabilisation des augmentations salariales n’est pas propre à la France. Toujours selon les prévisions de WTW, les salaires augmenteront l’an prochain dans les mêmes proportions qu’en 2026 au Royaume-Uni (+3,5 %) et en Italie (+3 %).
Les hausses seront légèrement supérieures en Allemagne (+3,2 %, soit 0,1 point de plus qu’en 2026), aux Pays-Bas (+3,5 %, +0,1 point), en Belgique (+3,3 %, +0,2 point), en Suisse (+2,5 %, +0,1 point) et en Irlande (+3,5 %, +0,1 point).
A l’inverse, les augmentations seront moins marquées l’an prochain en Espagne (3,1 %, en recul de 0,1 point par rapport à 2026).
Les augmentations de plus en plus souvent individualisées
« Le véritable changement en 2026 n’est pas le niveau des budgets d’augmentation, mais la façon dont ils sont distribués. Les entreprises continuent d’investir dans la rémunération, mais elles ciblent davantage la performance, les compétences critiques, la compétitivité par rapport au marché, l’équité salariale et la rétention des talents clés », analyse Khalil Ait Mouloud, directeur de l’activité enquêtes de rémunération chez WTW en France.
En effet, seules 17 % des entreprises ont eu recours en 2026 aux augmentations collectives ou générales liées à l’inflation, contre 61 % en 2025. Pour 97 % des entreprises, la performance individuelle reste de loin le principal critère d’allocation des augmentations salariales. Autre levier, les évolutions de carrière et les promotions, citées par 59 % des entreprises.
Avec la directive sur la transparence des rémunérations, l’équité salariale devient aussi un enjeu budgétaire à part entière. Selon WTW, une entreprise sur quatre (25 %) prévoit des budgets spécifiques destinés à corriger certains écarts de rémunération non justifiés et à renforcer l’équité interne. Une tendance qui ne manquera pas de se renforcer encore en 2027 à l’approche de l’entrée en vigueur de la loi transposant la directive en France.
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