Absentéisme : la santé mentale, première cause des arrêts longs

Une étude de Malakoff Humanis sur l’absentéisme confirme un basculement : les troubles psychologiques dépassent désormais toutes les autres pathologies dans les arrêts de plus de 30 jours. Voici comment les RH peuvent agir.

burn out
Les troubles psychiques sont responsables de 37 % des arrêts longs des femmes, contre 29 % chez les hommes. © New Africa / Stock.adobe.com

Les troubles de santé mentale sont aujourd’hui le premier motif des arrêts de plus de 30 jours dans les entreprises. C’est l’un des principaux enseignements de la nouvelle édition de l’étude que mène tous les ans Malakoff Humanis sur l’absentéisme. En 2025, la santé mentale, à commencer par la dépression et le burn-out, est en cause dans 37,8 % des arrêts de plus de 30 jours. C’est une hausse de 7,5 points depuis 2020. Les troubles musculosquelettiques, longtemps premier motif d’arrêt longue durée, reculent à la deuxième place avec 21,6 % des arrêts longs.

Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette progression : une meilleure détection des troubles liés à la santé mentale par les médecins, une libération progressive de la parole autour des troubles psychiques et des causes structurelles comme la surcharge cognitive, l’hyperconnectivité ou la précarité des jeunes générations. L’accès difficile aux soins spécialisés joue aussi un rôle : les délais allongés pour consulter un psychiatre ou un psychologue favorisent l’installation durable des troubles et, par conséquent, l’allongement des arrêts, indique Malakoff Humanis dans son étude.

Les 30-40 ans et les femmes en première ligne

Ces troubles ne touchent pas tous les mêmes profils de la même façon. Ils atteignent un pic chez les 30-40 ans, une population chez laquelle ils représentent plus de 4 arrêts longs sur 10. Les femmes sont davantage concernées : les troubles psychiques pèsent pour 36,9 % de leurs arrêts longs, contre 28,7 % chez les hommes. Les cadres aussi sont surexposés, avec 44,4 % d’arrêts longs liés à la santé mentale, contre 32,5 % chez les non-cadres.

Les arrêts longs responsables du niveau record de l’absentéisme

Les arrêts de plus de 30 jours ne représentent que 9,4 % du nombre total d’arrêts, mais ils concentrent 63,8 % des journées d’absence. Et leur poids ne cesse de croître : +6 points depuis 2019, +4,9 % sur la seule année 2025. Cette dynamique explique à elle seule le niveau record de l’absentéisme en France, avec un taux de 4,3 % en 2025, ce qui signifie 4,3 jours d’absence en moyenne sur 100 jours calendaires. C’est 25,5 % de plus qu’en 2019. En 2025, près d’un salarié du secteur privé sur trois a été arrêté au moins une fois dans l’année.

Sur un an, la durée moyenne d’un arrêt est passée de 23,1 à 23,7 jours. Les arrêts courts, eux, restent stables hors crise sanitaire. C’est donc bien l’allongement des absences, et non leur multiplication, qui explique la hausse de l’absentéisme.

Certains profils sont particulièrement exposés. Les cadres voient leur taux d’absentéisme progresser de 35,2 % depuis 2019, porté par des arrêts dont la durée moyenne est passée de 16,4 à 20,2 jours. Les managers sont aussi en première ligne : 53 % déclarent s’être vu prescrire au moins un arrêt en 2025. Chez les moins de 30 ans, le polyabsentéisme s’installe comme signal d’alerte, avec 17,5 % des jeunes arrêtés trois fois ou plus dans l’année.

Ce que les RH peuvent mettre en place dès maintenant

Malgré cette situation alarmante, les entreprises tardent à agir. Alors que 63 % des dirigeants jugent l’absentéisme préoccupant dans leur organisation, moins d’une entreprise sur deux a pris des mesures pour y faire face. Pourtant, des dispositifs existent et leur efficacité est mesurée.

Détecter avant l’arrêt

La moitié des salariés concernés par des troubles psychiques n’ose pas en parler en entreprise. Former les managers aux signaux faibles, mettre en place une ligne d’écoute psychologique ou désigner des référents en santé mentale sont des actions concrètes qui permettent de donner aux salariés un espace pour en parler.

Accompagner le retour à l’emploi

72 % des salariés estiment que la reprise après un arrêt de plus de 30 jours est difficile. Pour autant, seul un tiers des entreprises a mis en place un dispositif d’accompagnement. C’est pourtant un bon moyen de lutter contre l’absentéisme : selon Malakoff Humanis, ce type d’accompagnement permet un taux de reprise de 72 % dans l’année, avec une réduction moyenne de 73 jours d’absence par salarié. Le temps partiel thérapeutique fait aussi partie des mesures qui aident à une reprise du travail en douceur.

Partir d’un diagnostic interne

L’absentéisme ne se ressemble pas d’une entreprise à l’autre. Une organisation dont les arrêts longs concernent surtout les cadres n’a pas les mêmes priorités qu’une autre où ce sont les moins de 30 ans qui s’arrêtent le plus souvent. Croiser taux d’absentéisme, profils et motifs d’arrêt permet de mieux cibler les actions.

Guide du recrutement 2026 : l'indispensable pour bien recruter

Des analyses et des conseils d'experts pour vous aider à prendre l’avantage face aux transformations du marché.
Voir le guide
visuel guide
Visuel promo

Bien s’équiper pour bien recruter

Logo Stori
Logo Buddi
Logo Magnet
Voir tous les outils