Temps gagné avec l’IA : 5 actions RH pour en tirer vraiment profit
En moyenne, les employés de bureau gagnent une journée par semaine grâce à l’IA, selon la dernière étude du Boston Consulting Group.
L’IA fait incontestablement gagner du temps à vos équipes. Mais savez-vous précisément dans quoi ces heures de travail sont réinvesties ? Et quelle est la valeur réelle générée par l’utilisation de cette technologie ?
Selon la dernière étude du Boston Consulting Group « AI at work » parue le 3 juin, 74 % des employés de bureaux utilisent dorénavant l’IA plusieurs fois par semaine dans le cadre professionnel. Un chiffre qui bondit de 23 points par rapport à l’an dernier. La France se situe largement en-dessous de la moyenne, avec un taux d’adoption de 62 %, loin derrière l’Inde (95 %), les pays du Moyen-Orient (93 %) et l’Australie (86 %). Ce sont les dirigeants qui y ont le plus recours (à 93 %) devant les managers (88 %) et donc les employés (74 %). Parmi les fonctions qui l’utilisent le plus, on retrouve l’IT (à 88 %), le marketing (à 85 %) et la finance (à 83 %). Du côté des RH, 75% disent s’en servir plusieurs fois par semaine.
En moyenne, les salariés interrogés disent gagner huit heures par semaine, soit une journée de travail, grâce à cette technologie. Ramené à l’échelle d’une organisation de taille moyenne, cela représente des dizaines, voire des centaines d’équivalents temps plein libérés chaque semaine. De quoi financer de nouveaux projets, renforcer la qualité du travail produit ou investir dans des missions à plus forte valeur ajoutée.
Sauf que ce n’est pas forcément ce qui se passe. 66 % des salariés déclarent recevoir peu ou aucune consigne sur ce qu’ils doivent faire du temps libéré grâce à l’IA. Plus de la moitié d’entre eux avouent ne pas réinvestir ce temps dans des tâches plus stratégiques, et le temps gagné s’évapore, au détriment de la performance collective.
Fort heureusement, le BCG ne s’arrête pas à ce constat et montre qu’il existe des leviers à la main des entreprises pour transformer l’essai.
1. Donner une direction claire sur l’usage du temps libéré
Les salariés qui savent précisément ce qu’on attend d’eux avec l’IA produisent plus de valeur que ceux qui disposent de meilleurs outils mais manquent de vision claire.
Concrètement, cela revient à répondre à une question simple avant tout déploiement : si vos collaborateurs gagnent deux heures par jour, dans quoi voulez-vous qu’ils les réinvestissent ? La réponse à cette question doit être explicite, partagée et déclinée au niveau de chaque équipe par les managers.
2. Repenser les missions au lieu d’empiler les outils
Les organisations qui tirent le meilleur parti de l’IA ne se contentent pas de plaquer des outils sur des processus existants. Elles réinventent leurs façons de travailler de bout en bout et construisent de nouveaux business modèles. Signe positif, le BCG note que le nombre d’entreprises qui ont revu en profondeur leurs process a presque doublé en un an, passant de 22 % à 42 %. Ces dernières créent nettement plus de valeur que les entreprises qui n’en sont qu’au stade du déploiement des outils : les employés travaillant au sein de ces organisations innovantes gagnent plus de temps, sont plus nombreux à voir les bénéfices de l’IA et font davantage confiance à leur direction.
Appliqué au champ RH, cette stratégie suppose de revoir le rôle du recruteur à l’heure où le sourcing et le tri de CV sont partiellement automatisés. Cela peut être aussi de repenser la fonction de gestionnaire RH quand une partie des tâches administratives disparaît. La question n’est pas « quel outil pour quelle tâche ? » mais « à quoi ressemblera ce poste dans deux ans et que fait-on aujourd’hui pour y préparer la personne qui l’occupe ? ».
3. Former vraiment, pas symboliquement
72 % des salariés interrogés estiment que les entreprises ont augmenté leurs exigences à leur égard en matière de compétences à l’ère de l’IA. Mais seulement 36 % considèrent avoir reçu une formation à la hauteur des nouveaux enjeux.
Former à l’IA ne se résume pas à organiser un webinaire de prise en main d’un outil. C’est accompagner les collaborateurs sur ce que l’IA change dans leur façon de travailler, les nouvelles compétences qu’elle requiert (esprit critique, capacité à évaluer une production automatisée, aptitude à formuler des demandes précises…) et ce qu’elle ne remplace pas.
4. Mesurer la valeur générée, pas seulement le taux d’adoption
Beaucoup d’organisations pilotent leur déploiement IA à travers un indicateur : le taux d’adoption. Combien de collaborateurs utilisent l’outil ? À quelle fréquence ? L’étude montre que ce n’est pas le tableau de bord le plus pertinent et recommande de piloter plutôt les résultats business.
Cela suppose de définir, en amont de chaque déploiement, les indicateurs qui permettront de mesurer si le temps libéré a bien été réinvesti. Cela peut être par exemple le délai moyen de traitement d’un dossier, la qualité perçue des livrables, le temps consacré à des missions à forte valeur ajoutée…
5. Associer les équipes à la transformation
Les organisations qui obtiennent les meilleurs résultats, en valeur créée comme en satisfaction des collaborateurs, sont celles qui impliquent leurs équipes dans la réflexion sur l’IA. Ce point est documenté dans l’étude et confirme ce que beaucoup de professionnels RH observent sur le terrain.
Concrètement, associer ses collaborateurs, c’est leur demander quelles tâches ils souhaiteraient voir allégées, quelles compétences ils veulent développer et comment ils imaginent leur rôle évoluer. C’est aussi leur expliquer ce que l’organisation attend de la transformation, non pas en termes de performance ou de réduction de coûts, mais en termes d’impact sur leur travail quotidien. Les salariés qui comprennent le « pourquoi » font un usage plus pertinent et plus durable de l’IA. Et sont bien moins tentés de laisser filer le temps qu’elle leur libère.