Recrutement : des critères de sélection différents pour les femmes et les hommes

Une étude de la Dares révèle que les recruteurs attachent davantage d’importance à la compétence lorsqu’il s’agit d’une candidate et à la motivation pour un candidat.

Les critères de sélection des recruteurs varient parfois en fonction du sexe du candidat.
Les critères des recruteurs varient parfois en fonction du sexe du candidat. © Prostock-studio/stock adobe.com

Recrute-t-on une femme selon les mêmes critères qu’un homme ? Pas systématiquement, nous enseigne l’enquête de la Dares, menée auprès de 8 510 employeurs entre mars et juin 2016 et publiée le 12 mai 2021.

De manière générale, les critères de sélection les plus décisifs cités par les recruteurs sont l’expérience (12%), la motivation (10%), la compétence (9%) et la disponibilité (7%). Mais il apparaît que ces critères ne sont pas cités dans le même ordre en fonction du sexe du (de la) candidat(e).

Motivation pour les hommes, compétences pour les femmes

Si pour recruter un homme, les employeurs valorisent la motivation, le courage, la volonté, l’engagement et l’envie, lorsqu’il s’agit d’une femme, ils s’intéressent davantage à leurs compétences, à leur diplôme et à leur disponibilité.

Les soft skills semblent plus souvent entrer en ligne de compte lors du recrutement d’une candidate que d’un candidat. Selon les recruteurs, les collaboratrices sont plus couramment choisies pour leurs qualités personnelles que les hommes. En matière de savoir-être, les qualités privilégiées chez les futures employées sont la présentation, l’adaptabilité, le dynamisme et le relationnel. Pour les hommes, les employeurs en citent d’autres comme le sérieux, la capacité de travail, le comportement ou encore le potentiel.

Globalement, si l’on se fie au nombre de critères de sélection, « les recruteurs apparaissent un peu plus exigeants à l’égard des candidates », note la Dares. Trois facteurs sont retenus pour 42% des embauches masculines contre 49% pour leurs homologues féminines, quand un seul critère est signalé dans 26% des recrutements d’hommes contre 19% des embauches féminines.

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Une ségrégation sexuée des professions encore prégnante

Mais comment expliquer cette différenciation, le plus souvent inconsciente, en fonction du sexe ? D’après la Dares, elle est, en partie, liée à « la ségrégation professionnelle sexuée des emplois qui demeure en France, même si elle a régressé au cours de la période récente ». Ainsi, on compte par exemple 71% d’hommes dans les métiers manuels et 59% dans les métiers techniques. A l’inverse, les professions d’aides à la personne et du contact avec le public recensent davantage de collaboratrices, respectivement 68% et 64%.

Dans les métiers techniques, à dominante masculine, les critères de sélection les plus cités par les recruteurs sont le potentiel et la rémunération. Pour les postes manuels, ce sont le courage et la capacité physique qui priment.

Du côté des métiers d’aide à la personne, à prédominance féminine, la carte professionnelle, la qualification et le diplôme sont les éléments les plus recherchés par les employeurs. Quant aux professionnels en contact avec le public, les qualités privilégiées sont le sourire et l’accueil.

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Des pratiques potentiellement discriminatoires

Si dans 84 % des recrutements masculins, les recruteurs déclarent être indifférents au sexe de la personne recrutée, dans 4 % des cas, ils considèrent que cela aurait été un avantage d’être une femme pour occuper ce poste et, dans 13 % des cas, un inconvénient.

Parmi les raisons invoquées pour justifier le fait qu’être une femme puisse être un frein pour décrocher le poste figurent les contraintes liées à la nature du poste (92%), le fait que certaines tâches soient prétendument mieux réalisées par les hommes (29%) ou un choix personnel (13%), qui peut traduire une volonté de rééquilibrer les équipes par exemple ou une pratique potentiellement discriminatoire.

« Ces différences d’aptitudes et de compétences supposées entre les hommes et les femmes peuvent alimenter des comportements de discrimination à l’embauche, les femmes étant sélectionnées pour exercer certains types de métiers ou d’activité et non pour d’autres », conclut la Dares.

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Des recruteurs plus satisfaits du travail de leurs collaboratrices

Pourtant, à l’issue d’un recrutement, les employeurs sont globalement plus satisfaits du travail de leurs collaboratrices que de leurs pairs masculins. 84% d’entre eux déclarent qu’ils réembaucheraient la même salariée si c’était à refaire contre 78% dans le cas d’un recrutement masculin.

Par Maïté Hellio

Reporter tout terrain et pianiste, aime quand les mots et les notes sonnent juste !

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