Prévention des violences sexuelles et sexistes au travail : encore du chemin à parcourir

A l’occasion de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, on dresse l’état des lieux de la prise en compte des violences sexistes et sexuelles au travail.

Une femme sur trois a déjà subi des violences sexuelles sur son lieu de travail.
Une femme sur trois a déjà subi des violences sexuelles sur son lieu de travail. © BullRun/stock adobe.com

Le sujet est encore tabou dans certaines entreprises. Et pourtant, les situations de harcèlement sexuel au travail demeurent une triste réalité, en dépit de la condamnation médiatisée de certains agresseurs membres de la #liguedulol ou des scandales mis au jour par le mouvement #MeToo.

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1 femme sur 3 harcelée ou agressée sexuellement au travail

Selon une enquête de l’IFOP parue en 2019, une femme sur trois a déjà été harcelée ou agressée sexuellement sur son lieu de travail. Autre statistique accablante : 25 % des agressions sexuelles et 5 % des viols ou tentatives de viols sont commis sur le lieu du travail (soit neuf viols au travail par jour !). Parmi ces victimes, 70 % n’en parlent ni à leur employeur ni à leur syndicat et seules 5 % portent plainte.

Autant de preuves que les entreprises ne se sont pas encore saisies de la question à la hauteur de ce qu’elles devraient. Les organisations syndicales sont montées au front pour dénoncer une certaine inertie des employeurs, faisant observer que 80% des entreprises n’ont pas de plan de prévention des violences.

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Prévention, accompagnement des victimes, sanction des agresseurs

Dans une tribune publiée sur Mediapart le 23 novembre, des syndicats et des organisations politiques ont annoncé leur volonté de mutualiser leurs bonnes pratiques en matière de lutte contre les violences sexuelles et sexistes dans leurs structures.

« Des cellules de veille, commissions ou collectifs existent dans nos structures afin de protéger les victimes, d’écarter et de sanctionner les agresseurs et faire vivre nos valeurs d’égalité. Car, pour permettre l’égalité entre les femmes et les hommes, nous devons faire cesser les violences à l’encontre des femmes », écrivent-ils.

Mais ils comptent aller encore plus loin en travaillant sur trois axes :

  • La prise en charge des victimes sur un temps long : facilitation de l’accès aux soins médicaux et à la justice, prise en compte des risques de syndrome post-traumatique…
  • La mise en place d’actions de prévention et de formation, notamment par le biais d’intervention d’associations de lutte contre les violences faites aux femmes ;
  • Le développement de stratégies pour sanctionner plus efficacement les agresseurs qui, parfois, continuent de perpétrer en toute impunité ces violences après avoir changé de service ou d’organisation.

Autant de pistes de réflexion à explorer dans votre entreprise pour mettre fin à des situations inacceptables.

Par Maïté Hellio

Reporter tout terrain et pianiste, aime quand les mots et les notes sonnent juste !

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