Plan « Impulsion IA » : ce qui change pour les entreprises en 2027

Présenté par le ministre du Travail le 22 septembre, le plan « Impulsion IA 2027 » entre en vigueur dans trois mois. Tour d’horizon des mesures qui concernent directement les entreprises.

Plan Implusion IA accompagnement etnreprises
Le gouvernement français a annoncé un plan de 80 millions d'euros pour rattraper le retard des entreprises françaises dans la prise en main de l'IA par les salariés. © DC Studio/stock adobe.com

Les entreprises françaises accusent un net retard dans l’adoption de l’IA par rapport à leurs homologues européennes. Même si les usages de l’IA au sein des entreprises françaises ont été multipliés par trois entre 2023 et 2025, seules 18 % des organisations de plus de dix salariés utilisaient au moins une technologie d’IA en 2025. Un chiffre à mettre en regard des pays européens les plus avancés, comme les Pays-Bas ou le Danemark, qui affichaient 40 %.

Le plan « Impulsion IA 2027 », présenté mardi 22 septembre par Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail et des Solidarités, compte répondre à ce retard structurel. Le plan mobilise 80 millions d’euros pour l’année à venir, avec un objectif affiché : acculturer et former près de 30 millions de personnes.

« Impulser, anticiper et dialoguer : c’est le triple objectif de notre plan Impulsion IA, a martelé le ministre du Travail et des Solidarités, Jean-Pierre Farandou. Nous voulons également anticiper et analyser les bouleversements de l’IA, ce qui permettra d’aboutir à un accord national interprofessionnel afin d’être au rendez-vous de cette révolution. » En attendant la négociation d’un tel accord par les partenaires sociaux, le gouvernement a acté l’entrée en application des 12 mesures du plan dès le 1er janvier 2027. Voici celles qui concernent directement les entreprises.

Ce que le plan prévoit pour les entreprises

Le volet le plus concret pour vos équipes RH et vos organisations porte sur l’accompagnement des TPE et PME, qui sont les moins bien équipées pour intégrer l’IA dans leurs process. Selon des données de l’Insee datant de juillet 2026, les entreprises de moins de 50 salariés utilisent l’IA deux fois moins que celles employant de 50 à 249 salariés, et presque quatre fois moins que celles de 250 salariés ou plus.

Un dispositif dédié aux TPE-PME

Le plan met en place un dispositif « Impulsion IA RH », qui vise à mieux accompagner les TPE-PME dans leur transition IA, en tenant compte de ses effets sur les compétences, les métiers, les ressources humaines et l’organisation du travail. Les tests menés auprès d’un petit groupe d’entreprises pilotes débuteront dès janvier 2027, avant un lancement à plus large échelle en mai 2027.

Les 408 task forces entreprises animées par France Travail seront également mobilisées pour aller directement au contact des petites structures et les accompagner dans leurs usages IA, notamment en matière de recrutement et de gestion RH. Les conseillers de ces task forces pourront notamment proposer aux entreprises un kit « Recrut’IA » pour sensibiliser les employeurs et les accompagner dans l’utilisation de l’IA à chaque étape du recrutement :

  • définition précise du besoin ;
  • identification des compétences et du poste ;
  • rédaction et publication d’une offre attractive ;
  • valorisation de la marque employeur ;
  • analyse et présélection des candidatures ;
  • préparation des entretiens et évaluation des candidats ;
  • préparation de l’accueil et de l’intégration du nouveau salarié.

Un observatoire national et un guide conçu avec la Cnil

Le plan prévoit également la création d’un observatoire de l’impact de l’IA sur le monde du travail, qui sera rattaché à la Dares. Cette entité réunira des chercheurs, des experts et des partenaires sociaux dont la mission sera d’analyser les effets réels de l’IA sur les métiers, les tâches, l’emploi et les conditions de travail. L’objectif est de produire des données fiables pour nourrir les négociations de branches et les accords d’entreprise.

Le ministère lancera par ailleurs, avec la Cnil, un guide rappelant à droit constant les principales règles applicables lors de l’introduction de l’IA dans les organisations. Pour les équipes RH qui utilisent ou envisagent d’utiliser des outils d’IA dans le recrutement ou la gestion RH, ce cadre de référence devrait clarifier les obligations existantes, en attendant l’entrée en vigueur des dispositions spécifiques de l’IA Act européen sur les systèmes à haut risque.

Un appui renforcé au dialogue social de branche

Le ministère renforcera son appui au dialogue social de branche, notamment par la multiplication des EDEC IA sectoriels. Ces engagements de développement de l’emploi et des compétences sont des accords conclus entre l’État, les branches professionnelles et les partenaires sociaux pour anticiper les évolutions des métiers et des besoins en formation. Déclinés à l’échelle de chaque secteur, ils doivent permettre d’identifier les impacts de l’IA sur les emplois et d’organiser les formations en conséquence.

La boîte à outils « Dial-IA » (Dialoguer sur l’IA), conçue avec les organisations syndicales, entrera dans une deuxième phase de quatre ans. Cet outil, développé pour aider les représentants du personnel et les équipes RH à négocier et à encadrer l’introduction de l’IA dans les entreprises, propose des ressources pratiques : guides méthodologiques, modèles d’accords, fiches thématiques sur les droits des salariés et les obligations des employeurs.

Les mesures qui concernent vos salariés et vos candidats

Le plan prévoit aussi des dispositifs à destination des actifs pris dans leur ensemble, qui concernent vos équipes et vos viviers de candidats.

Alors que seuls 21 % des salariés ont aujourd’hui bénéficié d’une formation à l’IA financée par leur entreprise, une plateforme publique gratuite, Explore IA, sera lancée par la start-up Pix pour permettre à chacun de tester ses connaissances et de suivre des parcours sur les usages de l’IA.

De plus, une certification nationale d’État, développée avec l’Afpa et l’Anssi, permettra aux actifs de faire reconnaître leurs compétences en la matière et sera éligible au CPF. Le compte personnel de formation sera par ailleurs réformé pour ériger l’IA en priorité nationale, avec des possibilités de cofinancement élargies pour réduire le reste à charge.

Les demandeurs d’emploi inscrits à France Travail bénéficieront, quant à eux, d’un test de « maturité IA » suivi d’un parcours d’accompagnement personnalisé. Enfin, les apprentis auront accès à des parcours clés en main sur les usages professionnels de l’IA générative et les CFA recevront des soutiens financiers dédiés.

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