Pourquoi les femmes gagnent-elles en moyenne 16,5% de moins que les hommes ?

Selon un collectif féministe, l’écart salarial entre les femmes et les hommes ne cesse de se creuser. Comment l’expliquer et comment inverser la tendance ?

Les inégalités salariales entre les hommes et les femmes se sont accrues au cours des dernières années.
Les inégalités salariales entre les hommes et les femmes se sont accrues au cours des dernières années. © Tartila/stock adobe.com

Depuis 9h22, ce mercredi 3 novembre, les femmes françaises travaillent « gratuitement ». C’est la formule choc choisie par la newsletter Les Glorieuses qui, chaque année, depuis 2015 dresse un état des lieux des inégalités salariales hommes-femmes.

Diversité en entreprise : l’égalité femmes-hommes en tête des priorités des salariés

Un écart de rémunération qui se creuse au fil des années

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les chiffres ne sont pas bons : les femmes gagnent en moyenne 16,5% de moins que les hommes, contre 15,5% en 2020. Cet écart ne cesse de se creuser, en témoigne le recul d’un jour, chaque année, de la date symbolique à laquelle les femmes travaillent « gratuitement », si on prend pour référence la rémunération de leurs collègues masculins.

A l’heure où les sujets liés à la place des femmes dans la société sont pourtant au cœur du débat public et où les entreprises de plus de 50 salariés sont tenues de publier chaque année leur index de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, comment expliquer que la situation se dégrade année après année ?

Contrats précaires et temps partiel

Les causes de ces différences de rémunération sont notamment à chercher du côté de la nature des emplois occupés par les femmes. Si on regarde les postes à temps partiel, 80% concernent des femmes, selon les derniers chiffres de l’Insee. Les femmes occupent également trois emplois en CDD sur cinq.

Des inégalités renforcées par la crise sanitaire ?

De l’avis de Rebecca Amsellem, économiste et créatrice de la newsletter Les Glorieuses, même s’il est trop tôt pour avoir des données chiffrées de l’impact de la crise sanitaire sur les inégalités professionnelles de genre, la Covid-19 n’a fait qu’exacerber cette différence de traitement. Les femmes ont été plus nombreuses à aménager leur temps de travail pour s’occuper des enfants ou de proches âgés.

Le télétravail a-t-il réduit les inégalités professionnelles hommes-femmes ?

Dans les colonnes du Huffington Post, l’économiste pointe aussi du doigt le plan de relance annoncé par le gouvernement : « Ces 100 milliards d’euros vont être alloués à des domaines comme l’aéronautique, dans lesquels les femmes en poste sont minoritaires. Pour réduire les inégalités salariales, il est primordial d’investir dans les domaines du soin ou de l’aide à domicile, là où les femmes sont majoritaires. »

Sous le hashtag #3novembre9h22, certains syndicats, dont la CFDT, ont notamment appelé à revaloriser les métiers de la « deuxième ligne », majoritairement occupés par des femmes : agent d’entretien, aides à domicile, caissiers…

Comment faire bouger les lignes ?

Pour inverser la tendance, le collectif féministe avance trois pistes :

  • Appliquer le principe d’éga-conditionnalité aux entreprises : en conditionnant l’attribution de subventions publiques et de prêts garantis par l’Etat, mais aussi l’accès aux marchés publics, au respect de l’égalité salariale hommes-femmes par les employeurs.
  • Revaloriser les rémunération des professions majoritairement féminisées : le texte de la pétition des Glorieuses cite, à titre d’exemple, les infirmières, les sages-femmes et les enseignantes.
  • Mettre en place un congé équivalent pour les hommes et les femmes à la naissance de leur enfant : à l’image de la mesure adoptée par la Suède, les auteurs du texte proposent de prolonger le congé paternité pour qu’il atteigne la même durée que le congé maternité post-accouchement.

Par Maïté Hellio

Reporter tout terrain et pianiste, aime quand les mots et les notes sonnent juste !

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