Canicule : ce qui pourrait (encore) changer pour les employeurs
Face aux fortes chaleurs, le ministre du Travail va recevoir les partenaires sociaux le 24 juin au soir pour évoquer de nouvelles mesures.
Depuis plusieurs jours, la France suffoque et la chaleur n’épargne pas les travailleurs. C’est dans ce contexte que le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, recevra les partenaires sociaux le 24 juin au soir pour évoquer de nouvelles mesures après les obligations entrées en vigueur le 1er juillet 2025.
Pas de température maximale fixée
Sur RTL ce matin, il a d’ores et déjà écarté l’idée d’inscrire dans la loi une température maximale au-delà de laquelle il serait interdit de travailler. « La bonne idée, ce n’est pas de fixer une température, c’est d’avoir des mesures adaptées », a-t-il déclaré, ajoutant : « On ne va pas mettre le pays à l’arrêt parce qu’il fait 30 degrés. »
Le ministre rappelle qu’un plan pour faire face à cette chaleur intense est déjà actif, modulé selon les niveaux de vigilance météorologique. Il annonce avoir « renforcé ce plan par des contrôles » de l’inspection du travail, notamment dans le BTP.
La tenue de travail autorisée renvoyée au bon sens des employeurs
Le ministre s’est aussi prononcé sur les tenues estivales au bureau. Il juge qu’un bermuda peut être accepté, à condition que la tenue soit correcte. « Si c’est un joli bermuda bien coupé et une chemisette qui a de l’allure, avec des chaussures qui vont avec, je pense que c’est tout à fait possible », a-t-il estimé, plaidant pour davantage de bon sens dans les entreprises.
Horaires aménagés et télétravail
Sur les horaires, Jean-Pierre Farandou défend les arrêtés préfectoraux qui autorisent des chantiers à démarrer plus tôt le matin. Si un maire s’y oppose au nom des nuisances sonores, c’est le préfet qui l’emporte. « Il faut penser d’abord à la protection des salariés qui travaillent à l’extérieur », insiste-t-il.
Le ministre a également évoqué le télétravail comme réponse de court terme pour les parents dont les enfants ne peuvent pas se rendre à l’école, à condition que cela repose sur le volontariat.
Le ministre réservé sur le congé climatique
Dans la soirée, Jean-Pierre Farandou réunira les partenaires sociaux pour un retour d’expérience sur l’épisode en cours et une réflexion sur les prochaines canicules : horaires, équipements, vêtements de travail réfrigérants. Sur la proposition écologiste d’un congé climatique de cinq jours par an, le ministre se montre réservé. Il en chiffre le coût à « 4 ou 5 milliards » et juge que ce n’est « pas la solution ».
Un cadre réglementaire déjà étoffé depuis juillet 2025
Cette concertation s’inscrit dans un contexte réglementaire qui a été renforcé depuis le 1er juillet 2025. Dorénavant, les employeurs doivent adapter l’organisation du travail dès qu’un risque lié à la chaleur est identifié. Aménagement des horaires, suspension des tâches pénibles aux heures les plus chaudes, fourniture d’eau fraîche, équipements de protection pour les salariés en extérieur : les obligations sont précises et contraignantes. L’inspection du travail peut mettre en demeure tout employeur qui ne respecte pas ces mesures.