La baisse des recrutements ralentit au deuxième trimestre
Selon le baromètre Hellowork, le volume d’offres d’emploi a reculé de 4,1 % au deuxième trimestre, 0,8 point de moins qu’au T1 2026, ce qui marque une stabilisation des intentions de recrutement.
Il est encore trop tôt pour parler d’une embellie mais plusieurs signaux montrent que le ralentissement du marché de l’emploi se stabilise à l’approche de la période estivale. Selon le dernier baromètre Hellowork*, le volume d’offres d’emploi diffusées sur Hellowork a reculé de 4,1 % au deuxième trimestre. C’est 0,8 point de moins que la baisse enregistrée au premier trimestre (-4,9 %), un chiffre calculé en moyenne sur 12 mois glissants afin d’atténuer les effets saisonniers.
Autre signe positif : le recul n’est plus que de 0,8 % en juin, après -1,8 % en mars, -1,5 % en avril et -1,9 % en mai. C’est la baisse la moins importante depuis octobre 2025.
« Si les derniers indicateurs laissent entrevoir une stabilisation, le véritable enjeu sera de recréer, à l’horizon des échéances de 2027, un cadre stable et favorable aux investissements des petites comme des grandes entreprises. C’est cette confiance qui permettra de relancer les créations de postes, de favoriser la mobilité professionnelle des salariés en poste et d’offrir davantage d’opportunités aux personnes en recherche d’emploi », estime David Beaurepaire, directeur délégué au développement de Hellowork.
Les CDI et l’Ile-de-France souffrent particulièrement
Sur l’ensemble du premier semestre 2026, le marché de l’emploi enregistre une baisse de 9 % par rapport au second semestre 2025. La tendance est davantage marquée pour les offres en CDI (-13 %), ce qui illustre une prudence persistante sur les recrutements durables. Sur la même période, l’intérim recule de 6 %, les CDD sont à -4 % et l’alternance à -7 %.
Toutes les régions sont concernées par cette baisse du marché de l’emploi, même si l’Ile-de-France souffre particulièrement, avec un recul des offres de 12 %. L’Auvergne-Rhône-Alpes limite la baisse à -8 %. Dans le même temps, trois régions résistent mieux que la moyenne nationale : la Bretagne (-5 %), la Bourgogne-Franche-Comté (-6 %) et les Pays de la Loire (-7 %).
Quels secteurs tirent leur épingle du jeu ?
De nombreux secteurs sont concernés par cette baisse du marché de l’emploi entamée depuis maintenant 18 mois. Parmi les plus touchés, les métiers de la restauration-tourisme-hôtellerie (-30 % sur le premier semestre), les bureaux d’études et la R&D (-19 %), le BTP et la construction (-17 %) mais aussi les fonctions de technicien & ingénierie industrielle (-17 %) et de commercial (-15 %). A l’inverse, un secteur reste en croissance : les métiers de la santé et du social (+3 %). Les services à la personne et aux entreprises sont, eux, stables sur le semestre.
Sur le seul recrutement en intérim, le BTP/construction est à -7 % et la production / maintenance industrielle à -6 %, avec notamment des signes d’amélioration en juin pour le BTP avec la reprise des mises en chantier dans le logement neuf. Le baromètre Hellowork note aussi que, dans l’industrie, certaines filières comme l’aéronautique ou l’automobile résistent mieux que la moyenne.
+38 % de candidatures par offre dans les RH
Dans ce contexte de recul des intentions de recrutement, la concurrence s’accroît entre les candidats, ce qui change le rapport de force entre candidats et recruteurs. En un an, le nombre de candidatures par offre a augmenté de 18 % au global, avec une tension qui varie beaucoup d’un secteur à l’autre.
C’est dans la distribution et la vente que le nombre de candidatures par offre a le plus augmenté (respectivement +57 % et +56 %). Les offres d’emploi dans les ressources humaines voient ce ratio bondir de 38 % en un an. Dans le commerce et la comptabilité, c’est +28 %. « Dans tous ces métiers, la hausse s’explique à la fois par une augmentation du nombre de candidats et par une diminution des offres disponibles. À l’inverse, les métiers structurellement en tension restent relativement épargnés », relève encore notre baromètre.
C’est le cas du BTP (+9 % de candidatures par offre seulement). Dans la santé et le social, les candidats sont même moins nombreux qu’il y a un an pour chaque offre publiée, avec une baisse de 2 % du nombre de candidatures par offre. C’est le signe que les difficultés de recrutement persistent malgré le ralentissement général. Globalement, près de neuf métiers sur dix sont concernés par cette hausse de la concurrence entre candidats.
*analyse basée sur 4,6 millions d’offres d’emploi diffusées sur Hellowork du 1er janvier au 30 juin 2026, moyenne sur 12 mois glissants.