Le ralentissement du marché de l’emploi se confirme au 1er trimestre
Sur les trois premiers mois de l’année, le volume d’offres d’emploi a reculé de 4,6 %, selon le baromètre Hellowork. Avec quelques disparités.
Le marché de l’emploi se ralentit et la tendance s’accentue depuis le début de l’année. Selon le baromètre Hellowork, le volume d’offres d’emploi publiées a reculé de 4,6 % au premier trimestre, par rapport au quatrième trimestre 2025. C’est 0,8 point de plus que sur la période précédente (-3,8 % au quatrième trimestre 2025) et même 2,5 points de plus qu’au troisième trimestre 2025 (-2,1 %).

« Le ralentissement des recrutements se poursuit sous l’effet de la faible croissance et des interrogations liées à la situation géopolitique et ses incidences sur l’inflation notamment. Nous restons malgré tout sur un marché de l’emploi qui résiste bien compte tenu de l’environnement », analyse David Beaurepaire, directeur délégué de Hellowork. Le marché de l’emploi reste toutefois à un niveau élevé, avec 2,4 millions d’offres d’emploi publiées sur le trimestre, comparable à celui de la mi-2023.
Les CDI et l’Ile-de-France souffrent davantage

Ce sont les offres en CDI qui souffrent le plus, avec une baisse de 6 % sur la période. L’intérim et les CDD reculent aussi mais de façon moins marquée (-3 % pour l’intérim, -4 % pour les CDD), signe d’une prudence persistante de la part des entreprises. A l’inverse, l’apprentissage repart légèrement à la hausse au premier trimestre (+1 %), une première depuis les mesures de restriction du financement entrées en vigueur début 2025.

Toutes les régions sont concernées par cette baisse du marché de l’emploi mais à des degrés divers. Première pourvoyeuse d’emploi, l’Ile-de-France a vu ses volumes de recrutement reculer de 6 % au premier trimestre. Dans le même temps, l’Auvergne-Rhône-Alpes a mieux résisté (-3 %), tout comme la Bretagne (-3 %), deux régions qui sont portées par les métiers du service à la personne, dont les besoins restent élevés.
Seule la santé est en croissance, changement de tendance pour la comptabilité

Premier secteur en volume avec 14 % des offres publiées, les métiers de la santé et du social sont aussi parmi les rares à progresser sur les trois premiers mois de l’année (+2 %). Dans le secteur des services à la personne et aux entreprises, le volume d’offres recule de 4 %, mais les besoins restent forts avec 12 % des offres de recrutement.
D’autres secteurs souffrent davantage, comme dans les fonctions industrielles, qu’il s’agisse de la production et maintenance industrielle (-7 %) ou des métiers de techniciens et de l’ingénierie industrielle (-9 %). Les fonctions commerciales (-8 %) poursuivent également leur recul.
Autre fait notable : pour la première fois, les fonctions comptabilité / gestion / finance, qui avaient résisté jusqu’ici, commencent à reculer (-6 %). C’est le signe que les fonctions support ne sont plus épargnées par les ajustements sur l’emploi opérés par les entreprises.
Deux fois plus d’offres mentionnant l’IA en 3 ans
Pour la première fois, notre baromètre Hellowork s’intéresse aux offres mentionnant l’IA dans l’intitulé de poste. Et ce chiffre a été multiplié par 2,4 entre 2023 et 2026, confirmant l’intégration rapide de ces compétences dans les besoins des entreprises. Un peu plus d’une offre sur deux (54 %) est localisée en Ile-de-France, signe d’une concentration particulièrement forte dans cette région pour ce type de poste.

Sans trop de surprise, c’est dans l’informatique et dans la data-IA que les recrutements avec la mention IA dans l’intitulé de poste sont les plus nombreux, avec respectivement 53 % et 25 % des offres publiées. Viennent ensuite, à des niveaux bien moindres, le marketing (4 %), la recherche (4 %) et le commerce (3 %).