La reprise de l’embauche des cadres en 2026 déjà menacée
Au vu du contexte géopolitique instable, une nouvelle étude de l’Apec vient tempérer l’optimisme du début d’année sur les embauches de cadres.
Début 2026, l’Apec tablait sur une reprise de l’embauche des cadres après une année 2025 caractérisée par un ralentissement des recrutements de cols blancs. Mais c’était avant le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, le 28 février. Interrogées à nouveau dans le cadre du baromètre sur les intentions de recrutement de cadres pour le deuxième trimestre 2026, paru le 6 mai, les entreprises se montrent plus prudentes. Les intentions de recrutement dans les PME fléchissent de 4 points par rapport au premier trimestre, pour atteindre 12%. Quant aux ETI et aux grandes entreprises, seules 48% prévoient d’embaucher au moins un cadre dans les trois prochains mois (contre 51% trois mois plus tôt).
Un manque de visibilité lié aux effets du conflit au Moyen-Orient
En cause, une incapacité à se projeter sur les trois prochains mois en raison notamment de la hausse brutale des prix des hydrocarbures, qui entraîne une reprise de l’inflation, ce qui risque de freiner la consommation des ménages, et donc la croissance nationale. Ainsi, en mars 2026, seules 57% des entreprises françaises jugent avoir suffisamment de visibilité à court terme sur l’évolution de leur activité, contre 64% en décembre 2025. A cela s’ajoute une dégradation de la confiance relative à l’évolution de la trésorerie, qui n’épargne aucune taille d’entreprise : 62% des entreprises se disent optimistes à ce sujet, soit 6 points de moins qu’en décembre 2025.
En face, les incertitudes liées au contexte national et international douchent les envies de mobilité des cadres : ils ne sont que 12% à songer à quitter leur entreprise dans les trois prochains mois, contre 14% en décembre 2025. Leur confiance est en léger repli sur trois tableaux : la situation économique de la France (21% se déclarent confiants), la solidité de leur entreprise (67% de confiants) et la sécurité de leur emploi (70% de confiants).
Des résultats encourageants au premier trimestre 2026
Il est néanmoins trop tôt pour estimer l’étendue de l’impact de cette guerre sur la concrétisation des projets d’embauche des entreprise et des mobilités de cadres. Les conséquences dépendront notamment de l’intensité et de la durée du conflit. « La dynamique de l’emploi cadre est fragilisée mais pourrait résister à court terme, comme cela avait été observé à la suite de la guerre en Ukraine, portée notamment par la reprise attendue de l’investissement des entreprises », analyse Laetitia Niaudeau, directrice générale de l’Apec. Dans sa note de conjoncture de mars 2026, l’Insee indique que les investissements des entreprises, positivement corrélé à l’embauche de cadres, devrait repartir à la hausse au 2e trimestre 2026, ce qui laisse des raisons d’espérer.
L’association rappelle enfin que les premiers chiffres de 2026 sont encourageants, avec 60% d’entreprises qui ont publié au moins une offre d’emploi pour un poste cadre au premier trimestre, soit une hausse de 7 points par rapport au dernier trimestre de l’année 2025.