Comment aider un candidat à se projeter dans votre entreprise ?
86 % des candidats se renseignent avant de postuler. Culture, équipe, missions réelles : les informations à leur donner pour qu’ils se projettent.
Tout candidat a besoin de savoir où il met les pieds avant de postuler. Pour lever l’incertitude, vous devez lui donner des informations concrètes sur la culture et les valeurs de l’entreprise, sur l’équipe et sur les réalités du poste. Un travail qui se prépare en amont du processus de recrutement, qui se joue en entretien d’embauche, mais aussi après.
Que cherche à savoir un candidat qui essaie de se projeter ?
Un candidat tombe sur une de vos offres d’emploi, la parcourt et réfléchit à postuler. À ce stade, deux choses le décident : ce qu’il sait déjà de votre entreprise et ce qu’il découvre via ses recherches.
Ce que le candidat sait de vous
Un rapide tour d’horizon lui suffit : les premiers résultats d’un moteur de recherche ou d’une IA générative, votre promesse employeur telle qu’elle apparaît sur votre site carrière, les avis d’anciens salariés et de salariés actuels… Ces premières informations pèsent lourd dans sa décision, alors même qu’elles échappent en partie aux entreprises. Cette étape de recherche fait déjà partie de son expérience candidat.
Où les candidats se renseignent-ils avant de postuler ?
86 % des candidats se renseignent sur une entreprise avant de postuler, selon notre enquête Hellowork 2025. Leurs sources :
- le site carrière de l’entreprise (65 %) ;
- les articles en ligne (55 %) ;
- les réseaux sociaux (45 %) ;
- les avis de salariés (40 %).
Côté recruteur, vous maîtrisez une partie du discours, le fameux « corporate », mais pas ce que les autres disent de vous. Pour le savoir, mettez-vous dans la posture d’un candidat. Tapez le nom de votre entreprise sur un moteur de recherche ou une IA générative, et regardez ce qui remonte en premier.
Cette lecture sert à trois choses :
- repérer les points qui vous desservent ;
- corriger ceux qui peuvent l’être ;
- préparer votre réponse au candidat qui abordera le sujet en entretien.
Dans tous les cas, ne mentez pas. Une fois entré dans le processus, et plus encore une fois embauché, un candidat finit toujours par mesurer l’écart entre votre discours de recrutement et la réalité du métier. Plus il le découvre tard, plus la déception est forte et les conséquences lourdes.
« Ce qu’attend le candidat, c’est de l’authenticité, du vrai, de la sincérité. Il va vérifier les informations, parce qu’il a besoin d’être rassuré. »
Les informations qui lui manquent encore
Ses recherches faites, le candidat postule, et vous le recevez en entretien. C’est là qu’il entre dans le vif : avec qui il va travailler, ce qu’il fera de ses journées, ce qu’on attendra de lui au démarrage puis à plus long terme. Une offre d’emploi est censée donner ces informations, sans être exhaustive pour autant. Si elle reste vague, ou s’il veut aller plus loin, il creusera en entretien. Trois sujets reviennent dans presque tous les entretiens.
- L’équipe d’abord : combien de personnes la composent, qui sont ses futurs collègues, quel est le style du manager, qui est arrivé récemment… Ces détails en disent souvent plus long qu’un organigramme. Et ils pèsent lourd, puisque l’ambiance de travail arrive juste derrière le salaire parmi les critères de choix d’un emploi, selon notre enquête Hellowork 2025.
- Le contenu réel des missions ensuite : l’offre indique par exemple « vous devrez gérer un grand portefeuille de clients ». Le candidat, lui, veut savoir combien de clients, de quelle taille, et combien d’appels par jour cela représente.
- Les objectifs à court terme, enfin : pour avoir envie de se lancer avec vous, il a besoin de savoir ce qu’on attendra de lui pendant la période d’essai. Sera-t-il formé, épaulé ? Quelles seront ses premières échéances ? Ces informations transforment une offre en projet concret, et lui disent si ce projet est réaliste pour lui.
Concrètement, comment aider un candidat à se projeter ?
Pour qu’un candidat s’imagine dans votre entreprise et dans son futur poste, quelques dispositifs simples suffisent. La plupart des entreprises disposent déjà de la matière, sans l’exploiter dans leur processus de recrutement.
Montrer plutôt que décrire
C’est sûrement le dispositif le plus évident, et celui que les candidats attendent le plus. Votre site carrière est le support qu’ils consultent en priorité, et le seul sur lequel vous maîtrisez le discours de bout en bout.
Plusieurs contenus peuvent y cohabiter :
- L’écrit, pour immerger dans le concret : un portrait de collaborateur qui raconte son quotidien, ses journées, ce sur quoi il travaille en ce moment. C’est le format le plus simple à produire et celui qui donne le plus de corps à vos valeurs, à condition de laisser parler la personne plutôt que de lui faire réciter un discours.
- La photo, pour donner à voir : vos locaux, la salle de pause, les visages de ceux qui y travaillent. Le candidat met des images sur un lieu qu’il ne connaît pas encore, ce qu’aucune description ne remplace.
- La vidéo, pour incarner encore davantage : un collaborateur qui raconte, en une à deux minutes, ce que c’est que de travailler chez vous. Une vidéo de deux minutes tournée en interne en dit plus long qu’une page de description. Et une vidéo utile ne demande pas de gros moyens, un smartphone, une lumière naturelle et un micro-cravate suffisent. Pensez à sous-titrer, la plupart des vidéos étant regardées sans le son.
Quel que soit le format, un témoignage ne vaut que s’il raconte une expérience authentique. « L’ambiance est super » n’apprend rien à personne. Un salarié qui revient sur sa première semaine, sur un projet difficile et sur ce qu’il ferait autrement aujourd’hui, c’est autre chose : le candidat y trouve enfin de la matière pour se projeter.
Décrire une semaine type plutôt qu’une fiche de poste
Second dispositif, simple à mettre en place : préparer, en amont des entretiens, la description d’une semaine de travail type. Peu d’entreprises prennent le temps de cet exercice. La fiche de poste liste des missions et des responsabilités de façon pratico-pratique. Elle ne dit rien du quotidien, et c’est précisément ce quotidien que le candidat cherche à se représenter.
En quelques minutes, vous devez pouvoir décrire le rythme de travail, la part d’autonomie, le nombre moyen de réunions hebdomadaires, les liens avec les autres services et les collègues concernés, les objectifs. Nommez les personnes avec qui il travaillera. Chiffrez les attentes. Plus vous entrez dans le détail, plus il parvient à s’imaginer ses journées. Et n’écartez pas les contraintes propres au métier : il a tout autant besoin de les avoir en tête.
Notre exemple
Pour un commercial sédentaire, cela peut donner trente à quarante appels par jour, deux points d’équipe par semaine, un reporting le vendredi et deux déplacements par mois. À quoi s’ajoutent les astreintes, les périodes de rush et les livraisons tardives.
Beaucoup de recruteurs hésitent justement à parler de ces points négatifs, de peur de faire fuir. C’est pourtant l’inverse qui se produit. Annoncées franchement, ces contraintes écartent surtout ceux que le métier aurait déçus au bout de trois mois. Vous perdez quelques candidatures maintenant, plutôt qu’une recrue pendant sa période d’essai et un recrutement à relancer.
Au-delà du manager, proposer un échange avec un futur collègue
Troisième dispositif, à réserver plutôt à la short list : mettre le candidat en relation avec un futur collègue, et pas seulement avec le manager. Faites le test vous-même. Demandez au manager de décrire le poste, puis posez la même question à un membre de son équipe. Vous obtiendrez deux versions du même métier, et c’est cet écart que le candidat appréciera d’appréhender.
Prévoyez donc trente minutes d’échange avec un ou deux futurs collègues, sans recruteur ni manager. Le mieux placé pour parler du quotidien reste celui qui le vit tous les jours. Posez un cadre si vous le souhaitez, mais acceptez de ne pas maîtriser tout le discours : un collègue qui récite un argumentaire produit exactement l’effet inverse de celui recherché.
Quelques exemples de questions à préparer avec le pair :
- à quoi ressemble une journée ordinaire dans l’équipe ;
- les moments de tension dans l’année ;
- ce qu’il aurait aimé savoir avant d’arriver.
Quel rôle pour le recruteur pendant le processus de recrutement ?
Vos supports ne font pas tout le travail, loin de là. Le recruteur reste le premier relais de la projection des candidats tout au long du processus, et ce qui se dit en entretien pèse autant que le site carrière. Trois réflexes font la différence :
- nommer les contraintes du métier dès le premier entretien, et pas au troisième, quand le candidat s’est déjà projeté ;
- préparer vos réponses sur les sujets qui fâchent : le turn-over de l’équipe, le départ du prédécesseur, les perspectives d’évolution… ;
- accorder votre discours avec celui des autres parties prenantes au recrutement, le manager en premier lieu, pour éviter les dissonances qu’un candidat repère immédiatement.
Le turn-over, le départ du prédécesseur et les perspectives d’évolution touchent directement à la motivation du candidat. Mieux vaut donc une réponse honnête qu’une esquive, qu’il interprétera toujours dans le mauvais sens.
Ce qui bloque la projection des jeunes candidats
Recruter la Gen Z soulève trois difficultés, selon notre enquête Hellowork 2025 : convaincre du projet et des valeurs arrive en tête (53 %), devant la transparence attendue (50 %) et la projection à long terme (41 %).
Et si le candidat se projette ailleurs ?
C’est l’issue que redoutent beaucoup de recruteurs, souvent à tort. Un candidat peut comprendre parfaitement le poste, puis conclure que ce métier n’est pas fait pour lui. Sur le moment, c’est frustrant, surtout après plusieurs semaines de processus. À l’arrivée, vous y gagnez.
Comptez en effet ce que ce renoncement vous évite : un poste à repourvoir dans trois mois, une équipe à réorganiser deux fois, un parcours d’intégration à refaire entièrement. Et celui qui se retire en connaissance de cause garde une image correcte de votre entreprise. Son expérience candidat reste bonne, il peut revenir dans deux ans, ou recommander votre nom autour de lui. Rares sont les entreprises qui mesurent ce que vaut un refus bien informé.
Comment tenir la projection après la signature ?
Reste une étape, souvent négligée. La projection ne s’arrête pas à la signature : tout ce que vous avez décrit devient vérifiable le premier jour. Votre discours de recrutement se confronte alors au terrain, et l’écart, s’il existe, saute aux yeux.
« Aujourd’hui, les gens ne veulent plus se faire avoir. Ce qui nous a fait venir dans telle entreprise, c’est ce qui va nous faire rester et nous engager. »
Trois réflexes pour que la projection tienne :
- confier le suivi des premières semaines au pair rencontré en entretien ;
- reprendre les objectifs des trois premiers mois comme trame du parcours d’intégration ;
- relire votre annonce à J+30 avec la nouvelle recrue, qui vous dira ce que vous aviez promis de trop.
Un candidat qui a parlé à ses futurs collègues et vu le métier de près entre en poste avec une idée juste de ce qui l’attend. Les informations données pendant les entretiens tiennent, l’expérience candidat se prolonge en expérience collaborateur, et l’entreprise n’a plus à rattraper l’écart entre ce qui a été dit et ce qui est vécu.
Pour afficher ce contenu issu des réseaux sociaux, vous devez accepter les cookies et traceurs publicitaires.
Ces cookies et traceurs permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d’intérêt.Plus d’infos.