Ce que les salariés aidants attendent réellement des services RH

À l’occasion de la Journée nationale des aidants, ce 6 octobre, le baromètre Aider & Travailler 2026 révèle ce qu’attendent les salariés aidants de leur employeur.

Ce que les salariés aidants attendent réellement des services RH
En 2026, un salarié sur cinq est en situation d'aidance, ce qui fait du sujet un enjeu RH à part entière. © New Africa / stock.adobe.com

Ce 6 octobre, la Journée nationale des aidants remet en lumière une réalité qui touche aujourd’hui un salarié sur cinq. Congé de proche aidant, temps partiel, dispositifs d’information… Les offres à destination des salariés aidants s’étoffent peu à peu. Les premiers concernés placent toutefois en tête une demande des plus simples, celle de pouvoir ajuster leurs horaires de travail. C’est l’un des enseignements du baromètre Aider & Travailler 2026*, publié par Interfacia, une entreprise française de conseil et de services spécialisée dans le management de l’aidance et l’inclusion professionnelle des salariés aidants.

Le temps de travail, première attente des aidants

Selon l’étude, 20 % des salariés sont aidants. Parmi eux, 55% le sont depuis au moins six ans. Ils consacrent en moyenne 14 heures par semaine à l’aide.

Interrogés sur ce qui facilite leur maintien dans l’emploi, les salariés aidants citent d’abord les horaires aménagés ou modifiables (61 %). Viennent ensuite la souplesse dans la prise des congés payés (38 %), puis les jours de RTT supplémentaires ou le don de RTT (13 %).

Parmi les aidants qui recourent aux dispositifs de leur entreprise, 44 % utilisent les horaires aménagés. Ils sont également 27 % à mobiliser des RTT supplémentaires ou des dons de RTT, et 19 % la souplesse des congés payés.

Des écarts entre les attentes des aidants et les mesures des RH

Côté employeurs, les horaires aménagés progressent nettement. En 2023, ils n’arrivaient qu’au 8e rang des mesures mises en place par les RH. Trois ans plus tard, cette mesure se hisse au 3e rang.

Les autres demandes des aidants trouvent, en revanche, moins d’écho. La souplesse dans la prise des congés payés, deuxième levier cité par les salariés aidants, n’occupe que la 8e position côté RH. Les RTT supplémentaires ou dons de RTT se classent à la 7e place des dispositifs mis en place par les entreprises.

À l’inverse, certaines mesures très répandues côté RH sont peu citées par les aidants :

  • Les dispositifs d’information sur l’aidance, première mesure déployée par les RH (49 %), ne sont cités que par 2 % des salariés aidants comme un levier de maintien dans l’emploi ;
  • Le congé de proche aidant est proposé par 44 % des RH, mais cité par 4 % des aidants ;
  • Le temps partiel est mis en place par 36 % des RH, mais cité par 4 % des aidants.

Sur ces deux derniers dispositifs, le décalage s’explique notamment par le fait que tous deux peuvent entraîner une baisse de revenus. Le congé de proche aidant n’est en effet pas rémunéré par l’employeur, sauf disposition conventionnelle. Or l’aidance pèse déjà sur le budget des personnes concernées. Parmi les aidants qui contribuent financièrement, 66 % y consacrent entre 150 et 500 euros par mois, et 19 % plus de 1 000 euros.

Être pris en compte sans avoir à se justifier

Dans la plupart des cas, l’accès à un aménagement commence par une confidence. Selon le baromètre, 54 % des salariés aidants ont parlé de leur situation à leur manager direct, et 25 % à une personne du service RH. Parmi ceux qui ont franchi le pas, 26 % disent pourtant avoir ressenti une gêne. Beaucoup souhaitent préserver leur vie privée et celle de leur proche. « Je ne souhaite pas entrer dans le détail, ni devoir préciser pourquoi et comment je dois aider », explique une personne interrogée, ancienne aidante.

Cette gêne se prolonge souvent au sein même de l’équipe. Au total, 27 % des aidants en emploi la ressentent dans leurs relations de travail. En cause, l’obligation d’expliquer à leurs collègues pourquoi ils bénéficient d’un aménagement, et la crainte d’être perçus comme privilégiés. Certains doivent même se justifier pour accéder à des dispositifs prévus par un accord. « Il faudrait argumenter chaque fois et expliquer pourquoi alors que l’accord ne mentionne pas de justification », témoigne une personne aidante à propos du télétravail.

Pour lever ce frein, le baromètre invite les services RH à définir des règles d’accès connues de toutes et tous. Il recommande aussi de confier la vérification des droits à un interlocuteur dédié, comme le service social.

*Méthodologie : baromètre Aider & Travailler, enquête ouverte redressée par calage sur marges, menée depuis 2017. L’édition 2026 compte 358 répondants qualifiés : salariés aidants, anciens aidants, managers, collègues, professionnels RH et représentants du personnel.

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