Pour les salariés français, un jour de maladie sur quatre se passe au travail

Une forme de présentéisme sans doute moins bien tolérée dans le contexte actuel de crise sanitaire !

Le présentéisme au travail
Le présentéisme, c'est un salarié présent à son poste alors que sa santé physique ou mentale ne lui permet pas d'assurer sa productivité habituelle © StratfordProductions - stock.adobe.com

Fièvre, difficultés à respirer, perte du goût… certains symptômes sont bannis des bureaux pour un bon moment ! Pourtant, les salariés français ne sont d’ordinaire pas effrayés par le fait de se rendre au bureau malade. Dans une récente publication, la DARES s’intéresse au lien entre le présentéisme des salariés malades et leurs conditions de travail.

Onze jours de maladies par an signalés par les salariés français

Sur cette moyenne de onze jours, huit font l’objet d’arrêts maladie et trois sont des jours de présentéisme, c’est-à-dire que les salariés se rendent sur leur lieu de travail en ayant conscience de leurs symptômes. Plus le nombre de jours de maladie annuel augmente, plus cette forme de présentéisme diminue.

Assez logiquement, les salariés en mauvaise santé ne se rendent pas au bureau en dépit du bon sens : ceux qui cumulent plus de quinze jours de maladie par an ne passent que 21% de ces jours sur leur lieu de travail. A l’inverse, ceux qui ne signalent qu’un ou deux jours de maladie passent 83% de ces journées au bureau.

74 % des salariés sont atteints de « présentéisme contemplatif »

Quelle typologie de salariés vient au travail malade ?

Avec le même état de santé et les mêmes conditions de travail, certains salariés sont plus sujets au présentéisme :

  • les femmes (+3,4 points par rapport aux hommes)
  • les cadres (+4,6 points par rapport aux professions intermédiaires)
  • les salariés âgés de plus de 60 ans (+10,2 points par rapport aux moins de 30 ans)
  • les salariés qui travaillent dans des structures de moins de 10 salariés (+6,6 points par rapport aux structures de plus de 10 salariés)

Les conditions de travail impactent directement le présentéisme

Si le présentéisme est un thème bien connu de la vie en entreprise, son lien avec des mauvaises conditions de travail est en revanche un sujet d’études assez récent.

Dans cette publication de la Dares, on apprend qu’un salarié qui a des rapports conflictuels avec sa hiérarchie se rend plus souvent malade sur son lieu de travail qu’un salarié pour qui tout se passe bien (+15 points). De même, un salarié qui craint pour l’avenir de son poste passe en moyenne 35% de ses jours de maladie sur son lieu de travail, contre 24% pour un salarié serein sur sa situation. Entrent également en jeu, l’intensité et le temps de travail, les rapports avec les collègues ou l’autonomie : un salarié subordonné sera beaucoup plus sujet au présentéisme qu’un salarié autonome (34% contre 25%).

Et ça se complique encore quand les difficultés se cumulent. En créant des groupes de salariés exposés à un nombre différent de mauvaises conditions de travail, on s’aperçoit que les plus exposés signalent 16,7 jours de maladie de plus que ceux du groupe « peu ou pas exposé » et que leur propension au présentéisme est supérieure de presque 19 points à celle du groupe « peu ou pas exposé ».

Absentéisme et présentéisme, frères ennemis de la performance des entreprises

Par Stéphanie Davalo

Lead Content Manager chez HelloWork depuis 2018

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