« Notre priorité : améliorer l’adéquation entre les candidats et les besoins des entreprises »
A l’occasion de la sortie de la nouvelle enquête Hellowork, François Leverger, son CEO, détaille ce qui attend le premier acteur français du recrutement dans les prochains mois.
La dernière enquête Hellowork montre un manque d’adéquation entre les profils que recherchent les entreprises et ce que veulent les candidats. En quoi la pertinence devient-elle l’enjeu numéro un aujourd’hui ?
François Leverger : C’est un sujet qui devient prégnant en raison de l’augmentation du volume de candidatures. Nos chiffres montrent qu’en un an, le volume de candidatures par offre, tous secteurs confondus, a augmenté de 18 %.
Pendant des années, la priorité était d’augmenter le volume des candidatures pour les recruteurs. Collectivement, nous avons tout fait pour rendre les offres beaucoup plus visibles, pour simplifier les process de candidature. Mais augmenter le volume augmente mécaniquement le bruit et dégrade le sentiment de qualité.
Les entreprises nous disent aujourd’hui que seulement un quart environ des candidatures correspondent à leurs attentes. Cela veut dire que 75 % sont considérées comme non pertinentes. Améliorer l’adéquation entre les profils et les besoins des entreprises sera donc au cœur de nos priorités cette année.
Sur les six premiers mois de l’année, le volume d’offres d’emploi a baissé de 9 %, selon le baromètre Hellowork. Est-ce qu’il existe des signes qui poussent à être optimiste pour la fin d’année ?
F.L. : La baisse des volumes d’offres d’emploi ralentit. Nous sommes passés de -4,9 % au premier trimestre à -4,1 % au deuxième ; sur le seul mois de juin, nous étions à -0,8 %. On espère que le marché est en train de se stabiliser.
Il existe d’autres signaux positifs dans l’enquête : près de 70 % des recruteurs anticipent un volume de recrutements stable ou en hausse pour 2026. Depuis la dissolution, tout le monde manque de visibilité. La conjoncture économique n’est pas très bonne, le climat international est compliqué, et on va rentrer dans une année électorale : tout ça ne donne pas aux entreprises la confiance et la stabilité nécessaires pour recruter.
Pour autant, les besoins de recrutement restent élevés et le marché va devenir encore plus pénurique dans les années qui viennent pour une raison simple et structurelle : il y aura moins de gens qui entrent sur le marché du travail que de gens qui en sortent.
L’enquête montre un décalage entre candidats et recruteurs sur l’importance de la souveraineté dans le choix d’un outil de recherche d’emploi / de recrutement. Comment l’expliquer ?
F.L. : Que ce soit les entreprises, les candidats ou les pouvoirs publics, tout le monde est d’accord pour dire que la souveraineté dans le numérique est importante. C’est même quelque chose qui s’est renforcé récemment en raison de la politique américaine de Donald Trump. La souveraineté devient un enjeu géopolitique et économique.
Comment cela se traduit-il ensuite dans les usages ? C’est là qu’il existe une différence entre les candidats et les recruteurs. Les candidats qui cherchent un emploi veulent la garantie que leurs données vont être protégées. En revanche, le premier sujet pour les recruteurs, c’est davantage l’efficacité et la pertinence de l’outil que la souveraineté. Si mon outil est souverain, c’est un plus mais ça ne peut se substituer à la pertinence.
Pour Hellowork, ça veut dire qu’il faut combiner les deux. Si nous voulons être utilisés par tous, il faut que nous soyons performants. Et si nous voulons que les gens aient confiance en nous, il faut que nous soyons souverains. L’un ne va pas sans l’autre.
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