Les 10 chiffres qui comptent sur l’usage de l’IA au travail

L’AI Index Report 2026 ainsi que plusieurs études récentes dessinent 10 repères chiffrés sur la place qu’occupe l’IA au travail.

10 chiffres à retenir sur l'usage de l'IA au travail
10 chiffres à retenir sur les usages de l'IA dans les entreprises en 2026. © 7IMJAGO / stock.adobe.com

L’intelligence artificielle a envahi les entreprises et les pratiques des salariés à une vitesse qu’aucune technologie n’avait atteinte. L’AI Index Report 2026, publié par le Human-Centered Artificial Intelligence de l’Université de Stanford, révèle une adoption plus large que profonde, aux effets très inégaux selon les salariés. Il compile l’enquête State of AI du cabinet McKinsey, les données de Lightcast et des travaux académiques. Dix chiffres, complétés par diverses études récentes, pour resituer l’impact de l’IA sur le travail.

88 % des organisations utilisent l’IA, moins de 10 % ont déployé des agents

Ce chiffre d’adoption était de 78 % un an plus tôt, et de 55 % en 2023. Selon l’AI Index Report, adossé à l’enquête State of AI de McKinsey, l’Europe (91 %) dépasse la moyenne mondiale (88 %). Mais le déploiement d’agents autonomes, ceux qui exécutent des tâches sans supervision, reste faible dans presque tous les services. L’IA générative, elle, suit la courbe d’adoption, avec 79 % d’organisations utilisatrices contre 71 % un an avant.

58 % des salariés dans le monde utilisent régulièrement l’IA

L’université de Melbourne et KPMG International ont interrogé plus de 48 000 personnes dans 47 pays. D’après les données, reprises par l’AI Index Report, plus d’un salarié sur deux recourt déjà à l’IA au travail, et 53 % déclarent lui faire confiance. En Europe et en Amérique du Nord, les salariés sont environ un sur deux à l’utiliser, avec une confiance qui tombe entre 40 % et 48 %. En Inde, en Chine, au Nigeria et aux Émirats Arabes Unis, plus de 80 % des salariés l’utilisent. Partout, la confiance progresse moins vite que l’usage.

Seulement 0,99 % des offres d’emploi françaises exigent une compétence IA

D’après les données de Lightcast reprises par l’AI Index Report, la France affiche l’un des taux les plus bas des pays développés. Singapour arrive en tête à 4,69 %, devant Hong Kong à 3,48 % et l’Espagne à 3,31 %. Les États-Unis atteignent 2,56 %, l’Allemagne, 1,13 %. L’usage quotidien de l’IA ne semble pas s’être encore traduit dans les critères de recrutement.

Dans la moitié des métiers, l’IA touche moins du quart des tâches

Selon l’étude Atlas de Google, fondée sur 15 millions d’échanges avec Gemini, un usage de l’IA apparaît dans 68 % des métiers. Mais dans la moitié d’entre eux, l’IA n’intervient que sur 21 % des tâches au maximum. Seuls 3 % des métiers voient l’IA intervenir sur plus des trois quarts de leurs tâches. Les fonctions RH en font partie, avec les spécialistes du marketing notamment.

Les tâches intellectuelles complexes, comme rédiger ou analyser, concentrent deux tiers des usages de l’IA, alors qu’elles occupent seulement un tiers du temps de travail. Et sur ces tâches, les salariés confient rarement tout leur travail à l’IA. Ils lui demandent surtout de préparer un brouillon, de relire ou de chercher une information.

Un salarié sur quatre estime que l’IA dégrade son estime de soi

Le premier Baromètre IA et santé mentale de Teale et Tomorrow Theory a interrogé 1 956 salariés français. Le phénomène touche surtout les utilisateurs occasionnels. La moitié de ceux qui n’utilisent quasiment jamais l’IA déclarent un impact négatif sur leur sentiment d’utilité. Ils sont 19 % chez les utilisateurs quotidiens, dont le score de bien-être atteint 67 sur 100, contre 62 pour les utilisateurs mensuels. Ce n’est donc pas l’usage intensif qui fragilise, c’est la mise à distance de l’outil. Le baromètre relève aussi que 24 % des répondants perçoivent une érosion de leur savoir-faire.

Seulement 34 % des « talents IA » aux États-Unis sont des femmes

Selon l’AI Index Report, ce ratio est stable depuis 2016, malgré l’explosion du vivier. En France, les hommes occupent 65 % à 75 % de ces postes. Dix ans de croissance du secteur n’ont donc rien corrigé : la mixité de ces métiers est un chantier à part entière, que la seule croissance du marché ne réglera pas seule.

Chez les 22-25 ans, l’emploi recule de 19 % dans les métiers exposés à l’IA

Trois chercheurs, Erik Brynjolfsson, Bharat Chandar et Ruyu Chen, suivent les données de paie américaines depuis 2022. Dans les métiers les plus exposés à l’IA, l’emploi des 22-25 ans est aujourd’hui inférieur de 19 % à ce qu’il aurait dû être sans l’arrivée de cette technologie. Il y a un an, cet écart n’était que de 13 %. Sur la même période, dans ces mêmes métiers, l’emploi des 35-49 ans a au contraire progressé d’environ 10 %.

Les chercheurs expliquent cette différence par la nature du travail confié aux uns et aux autres. Les jeunes diplômés occupent souvent des postes où l’on applique des connaissances théoriques, transmises par les études ou les manuels. C’est précisément ce que l’IA reproduit le mieux. Les salariés expérimentés, eux, mobilisent surtout un savoir acquis sur le terrain, au fil des années. Ce savoir-là, l’IA ne sait pas encore l’imiter.

En France, seuls 10 % des salariés redoutent d’être remplacés par l’IA

Selon l’étude People at Work 2026 d’ADP Research, menée dans 36 pays auprès de 39 000 actifs, 10 % des salariés français redoutent fortement d’être remplacés par l’IA, soit deux points de plus qu’en 2025. À l’échelle mondiale, cette inquiétude touche 28 % des actifs, près de trois fois plus.

13 % des emplois français sont exposés à un risque élevé d’automatisation

Selon l’étude OpenAI Economic Research, publiée en juin 2026, et portant sur 2 609 métiers européens, la France s’en sort plutôt mieux que ses voisins. 13 % des emplois français relèvent d’un risque d’automatisation forte, contre 14 % en moyenne dans l’Union européenne et 18 % aux États-Unis.

En revanche, la France est un peu plus concernée par la réorganisation des tâches, à 29 % contre 27 % pour l’UE. 13 % des emplois devraient se développer grâce à l’IA, et 45 % restent peu exposés à court terme. Le risque se concentre donc sur une minorité de professions, pas sur l’ensemble du marché du travail.

Chaque 1 % du budget formation ajoute 5,9 points de productivité

Une étude menée auprès de 12 000 entreprises européennes entre 2019 et 2024, reprise par l’AI Index Report, sépare les deux effets. L’adoption seule de l’IA apporte 4 points de productivité du travail. Chaque tranche de 1 % dépensée en formation en ajoute 5,9. Au niveau des tâches, les gains bruts varient de 14 % à 50 % selon les études. Le support client et le marketing sont les mieux servis. Ces gains s’effondrent dès que le travail exige du jugement. La formation démultiplie donc le rendement de l’adoption.

Sources : Stanford Institute for Human-Centered AI, AI Index Report 2026 (données McKinsey State of AI et Lightcast) ; University of Melbourne & KPMG International, enquête 2025 (48 340 répondants, 47 pays) ; Brynjolfsson, E., Chandar, B., Chen, R., Canaries in the Coal Mine? Six Facts about the Recent Employment Effects of Artificial Intelligence, août 2026 ; ADP Research, People at Work 2026 ; OpenAI Economic Research, étude européenne sur l’exposition des emplois à l’IA, juin 2026 ; Google, étude Atlas, juillet 2026 ; Teale & Tomorrow Theory, Baromètre IA et santé mentale, 2026.

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