Ce que les candidats attendent vraiment d’un recrutement
Un sondage Opinionway, réalisé pour ICIMS, vient bousculer certaines certitudes bien installées chez les recruteurs.
Septembre est traditionnellement un mois où les recrutements repartent à la hausse après la coupure estivale. Mais en cette rentrée 2026, l’un des enjeux pour les recruteurs sera de convaincre les bons profils de les rejoindre, dans un contexte où les tensions restent fortes sur certains bassins d’emploi. Pour y parvenir, encore faut-il savoir ce que les candidats attendent vraiment d’un process de recrutement. Un sondage* OpinionWay, réalisé pour la plateforme ICIMS, donne quelques pistes et contredit au passage certaines certitudes.
La rapidité, moins prioritaire qu’on ne le croit
Réduire les délais de recrutement est souvent présenté comme une priorité absolue pour améliorer l’expérience candidat. Mais les chiffres nuancent cette idée. Car si 86 % des personnes interrogées jugent important de bénéficier d’un recrutement rapide, seuls 31 % le qualifient de très important. La rapidité du process n’est donc pas le premier levier de satisfaction.
Plus que la vitesse, ce qui dégrade davantage l’expérience candidat, selon un baromètre Yaggo/Ifop de 2026, c’est l’absence totale de réponse. 64 % des candidats déclarent s’être déjà fait ghoster par un recruteur. Un silence qui pèse bien plus sur les candidats qu’un délai un peu long.
Reste que tous les candidats ne partagent pas ce jugement. Chez les 18-24 ans, la rapidité est quelque chose de très important à 40 %. Selon le profil des candidats que vous visez, le curseur n’est donc pas à mettre au même endroit.
Les profils expérimentés, plus exigeants sur l’humain
95 % des répondants jugent important de maintenir un contact humain durant le recrutement, dont 56 % le qualifient de très important. Et contrairement à ce que le discours sur la Gen Z laisserait supposer, ce sont les profils les plus expérimentés qui y accordent le plus d’importance : 61 % des 50-64 ans le jugent très important, contre 47 % des 18-24 ans et 44 % des 25-34 ans.
Pour les recruteurs, cet écart générationnel invite à adapter la place accordée au contact humain selon le profil recruté. Un cadre senior ne tolérera pas le même degré d’automatisation qu’un jeune diplômé.
La transparence sur l’IA : une attente d’expérience candidat
76 % des Français souhaitent que les entreprises indiquent clairement quand elles utilisent des outils d’IA dans leur processus de recrutement, d’après la même enquête. Ce chiffre est souvent lu sous l’angle éthique. Il gagnerait à l’être sous l’angle de l’expérience candidat.
Les candidats n’expriment pas un rejet de la technologie. Ils demandent de la lisibilité sur son usage. « La transparence est essentielle pour instaurer la confiance. Les entreprises ont tout intérêt à expliquer clairement aux candidats à quelles étapes de leur parcours l’IA est utilisée », souligne Amandine Reitz, DRH Europe d’ICIMS.
Dans les prochains mois, les entreprises n’auront de toute façon pas le choix. D’ici décembre 2027, conformément à l’IA Act, elles devront informer les candidats quand des outils d’IA interviennent dans les décisions de tri, de scoring ou de présélection. Elles devront aussi garantir que la décision reste humaine, et non déléguée à la machine. Depuis le 2 août 2026, elles doivent déjà signaler aux candidats quand ils interagissent avec un chatbot, et identifier tout contenu généré par IA sans relecture humaine.
Pour les recruteurs, la transparence sur l’usage de l’IA doit devenir un élément à part entière de l’expérience candidat, au même titre que l’affichage du salaire dans les offres ou le retour fait aux candidats non retenus. Anticiper ces obligations plutôt que les subir, c’est aussi l’occasion de renouer la confiance avec des candidats de plus en plus vigilants sur la façon dont leur candidature est traitée.
*étude Opinionway pour ICIMS réalisée auprès d’un échantillon de 1 001 Français représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Les interviews ont été réalisées en ligne les 5 et 6 novembre 2025.
Pour afficher ce contenu issu des réseaux sociaux, vous devez accepter les cookies et traceurs publicitaires.
Ces cookies et traceurs permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d’intérêt.Plus d’infos.