Où en est la transparence des salaires dans le monde ?

Au-delà de la directive européenne, la tendance vers une plus grande transparence des rémunérations est mondiale, même si tous les pays ne sont pas au même niveau.

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Parmi les pays les plus avancés sur le sujet de la transparence salariale, les Etats-Unis et le Canada. © Chor muang / Stock.adobe.com

Plus de transparence pour plus d’équité. Partout dans le monde, les entreprises sont priées de rendre leur politique de rémunération plus transparente. Et beaucoup ont déjà enclenché le mouvement, si l’on en croit l’enquête mondiale 2025 sur la transparence des salaires*, que vient de publier le cabinet Mercer.

Sur les quelque 1 600 entreprises interrogées, issues de 60 pays, 77 % ont déjà une stratégie de transparence salariale ou sont en train d’en élaborer une. Reste que dans la grande majorité des cas, cette stratégie n’est pas encore mise en pratique : seules 14 % des entreprises au niveau mondial ont pleinement déployé leur approche, et même seulement 9 % en Europe.

La conformité légale, principal moteur de la transparence

Partout dans le monde, les candidats à l’emploi comme les salariés attendent plus de transparence en matière de rémunération. En France, 61 % des candidats considèrent la transparence salariale comme un critère essentiel, tandis que 59 % des salariés attendent également une transparence claire et sincère.

L’attente des candidats est plus forte encore au Canada (77 %), aux Etats-Unis (67 %), en Pologne (68 %) ou encore en Italie (63 %). Du côté des salariés, la demande de transparence est plus prégnante au Royaume-Uni (63 %), en Asie (62 %) et en Allemagne (61 %) notamment.

Pour autant, le principal moteur de la transparence salariale reste la conformité légale. C’est le facteur déterminant pour près de 90 % des organisations aux Etats-Unis, en Europe, au Royaume-Uni et au Canada. Les entreprises identifient également des bénéfices plus larges, comme l’amélioration de l’engagement des collaborateurs (56 %) ou le renforcement de la compétitivité (55 %).

Seule une entreprise sur deux est prête

Dans l’Union européenne, les entreprises vont devoir se conformer, en 2026 sinon en 2027, aux nouvelles règles qu’impose la directive européenne, selon la transposition qu’en font les différents pays membres. Mais d’après l’étude Mercer, moins d’une entreprise européenne sur deux (49 %) se dit prête face aux nouvelles exigences en matière de transparence salariale. En France, ce chiffre tombe même à 36 %, tandis que des pays comme l’Espagne (63 %), les Pays-Bas (59 %), le Danemark et la Pologne (55 % tous les deux) sont plus avancés.

Au-delà de l’Europe, 54 % des entreprises aux Etats-Unis se disent prêtes à relever les défis liés aux nouvelles exigences mondiales de transparence salariale. Ce chiffre est à peine moins élevé au Canada (53 %) ainsi qu’en Asie et en Amérique latine (48 % dans les deux cas).

Le partage des informations salariales au cœur des pratiques

Concrètement, comment la transparence se traduit-elle au quotidien dans les entreprises ? Parmi les éléments les plus visibles, le partage des informations salariales, que ce soit au sein de l’entreprise ou à l’externe. D’après Mercer, la divulgation des fourchettes salariales à l’embauche devrait passer de 60 % à 94 % ces deux prochaines années.

Actuellement, deux tiers des entreprises (64 %) au niveau mondial partagent des informations salariales, dont un tiers (37 %) à la fois en externe et en interne. Parmi les pays les plus avancés sur ce sujet, les Etats-Unis et le Canada (73 % partagent ces informations, dont 48 % et 51 % à la fois en externe et en interne). En Europe, on retrouve en tête les Pays-Bas (96 %) et le Danemark (90 %).

En France, seules 26 % des entreprises ne partagent aucune information salariale. 41 % le font en externe et en interne, 29 % en interne seulement. Des pratiques qui vont devoir évoluer avec la transposition de la directive européenne.

« La directive sur la transparence salariale marque un véritable tournant pour les entreprises. Ce n’est plus seulement une obligation réglementaire. Elle devient un levier de transformation, voire un avantage concurrentiel : attirer les talents, renforcer la confiance et structurer durablement leurs politiques salariales », souligne Fabien Richard, directeur des activités career de Mercer France.

*enquête réalisée en ligne entre septembre et octobre 2025 auprès de plus de 1 600 responsables RH et dirigeants d’entreprise dans 60 pays. En France, 103 entreprises ont été interrogées.

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