Un DRH sur deux juge le télétravail nocif pour la santé des salariés

Une enquête menée auprès de responsables RH révèle qu’ils sont nombreux à estimer que le télétravail a eu un impact négatif sur la santé physique et mentale de leurs collaborateurs.

Les DRH ont constaté une augmentation des risques psychosociaux et des troubles musculosquelettiques chez leurs salariés depuis la mise en place du télétravail.
Les DRH ont constaté une augmentation des risques psychosociaux et des troubles musculosquelettiques chez leurs salariés depuis la mise en place du télétravail. © nenetus/stock adobe.com

Le télétravail est nocif pour la santé des salariés. C’est le constat dressé par 45% des responsables RH interrogés dans le cadre du baromètre prévention santé des salariés réalisé par l’IFOP pour Back Office Santé. Ce sondage, mené auprès de 605 décisionnaires RH travaillant dans une entreprise de plus de 20 salariés, fait ressortir que la crise sanitaire a eu une incidence sur l’augmentation des risques psychosociaux (stress, burn out) et des troubles musculosquelettiques en entreprise. 52% des responsables RH ont constaté une hausse des premiers depuis le début de la pandémie et 28% une augmentation des seconds.

« L’isolement ajouté aux craintes autour du Covid et les inquiétudes quant à la pérennité de leur emploi fragilisent la santé psychologique des salariés. On sait aussi que pour beaucoup les postures inadéquates dues au manque de matériel adapté à la maison (écran externe, fauteuil, clavier) ainsi qu’une plus grande sédentarité ont provoqué une hausse des douleurs musculo-articulaires, notamment des maux de dos », commente Nicolas Destang, chiropracteur et directeur associé de Back Office Santé.

Un constat partagé par l’ANDRH (association nationale des DRH) qui recommande trois jours de travail au bureau par semaine pour limiter les risques d’isolement liés au télétravail.

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La prévention santé : un enjeu-clé souvent négligé les entreprises

La pandémie a indéniablement remis sur le devant de la scène l’importance de la prévention santé pour améliorer la qualité de vie au travail de l’ensemble des collaborateurs. Ainsi, 67% des personnes interrogées reconnaissent que les enjeux de santé sont devenus plus importants au cours des derniers mois. La majorité des décisionnaires RH affirme qu’à l’issue de cette crise, leur entreprise prévoit de mettre en place davantage d’actions de prévention.

Car, si bon nombre d’entreprises considèrent avoir mis en place des actions de prévention adaptées aux enjeux actuels, 67 % d’entre elles reconnaissent que l’entreprise devrait consacrer plus de temps aux enjeux de santé au travail et 23% admettent ne pas l’avoir fait jusque-là.

Au rang des enjeux jugés les plus importants pour la qualité de vie au travail, la prise en compte de la santé des collaborateurs n’arrive qu’en 8e position derrière, notamment, la qualité des relations humaines, la valorisation des compétences de chacun et l’équilibre vie personnelle/vie professionnelle.

Comment expliquer que les entreprises s’engagent si peu sur ce sujet crucial ? 52% des décisionnaires RH interrogés disent rencontrer des obstacles lorsqu’ils souhaitent communiquer sur les enjeux de santé au travail. De leur aveu, les principaux freins à ces campagnes de prévention sont :

  • L’appréhension des collaborateurs à communiquer sur leur état de santé sur leur lieu de travail
  • La difficulté de mesurer un retour sur investissement de ces actions de prévention
  • Le manque d’intérêt des collaborateurs
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Des solutions pérennes à inventer

En dépit de ces difficultés, la plupart des répondants ont pu mesurer l’impact très positif de ces actions de prévention santé à divers niveaux : baisse significative de l’absentéisme de leurs collaborateurs, hausse de la motivation des équipes et renforcement de leur attachement à l’entreprise.

Pour encourager leur entreprise à mettre en œuvre d’avantage d’actions de prévention, 81% des responsables RH suggèrent d’exploiter des indicateurs de retour sur investissement tels que le taux d’absentéisme ou la performance des salariés.

Parmi les actions les plus à même d’intéresser les collaborateurs selon les DRH : une aide psychologique en cas d’accident du travail, de difficultés professionnelles ou personnelles (lutte contre l’anxiété, le burn-out, le harcèlement, accès à un psychologue…), la gestion du stress et la prévention du burn out, la prévention des TMS (souffrances musculo-articulaires, souffrances du dos), via notamment des conseils d’ostéopathe (comme des exercices d’échauffement), des formations ou conférences, et l’accompagnement en cas d’arrêt maladie longue durée pour faciliter un retour au travail.

Par Maïté Hellio

Reporter tout terrain et pianiste, aime quand les mots et les notes sonnent juste !

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