Salariés aidants : pourquoi ils tirent la sonnette d’alarme

Plus d’un Français sur dix soutient au quotidien un parent, un enfant ou un proche en situation de dépendance. Pour une large majorité d’entre eux, il est difficile de concilier vie professionnelle et aide aux proches, révèle une étude.

D'ici à 2020, le gouvernement a annoncé que le congé de proche aidant donnera lieu à une indemnisation.(Getty images / Pablo_K)

Près de la moitié des proches aidants sont en activité professionnelle, révèle la plateforme d’aide à domicile Yoopies dans une étude publiée jeudi 26 septembre. Une situation qui a des conséquences sur leur vie professionnelle. La quasi-totalité des salariés (97 %) s’occupe de leur problématique personnelle au travail, y passant de moins d’une heure par semaine à plus de trois heures. « 66% des aidants considèrent que la gestion de ces problématiques a un impact sur leur efficacité au travail, 89% confirment que c’est une source de stress, et 35% estiment que cela a eu une incidence négative sur leur évolution professionnelle ».

Les entreprises appelées à l’aide

Les proches aidants font part de leur charge mentale et, même si l’indemnisation du congé de proche aidant est une avancée, cette mesure est insuffisante. « Il appartient aux dirigeants de venir compléter les initiatives étatiques par le développement d’une véritable culture d’entreprise favorisant la pleine reconnaissance et l’accompagnement de ces collaborateurs fragilisés par leur situation personnelle”, explique Benjamin Suchar, fondateur de Yoopies. Il rapporte ainsi les témoignages des aidants (60 %) pour qui leur employeur devrait intervenir pour les soutenir.

Les entreprises appelées à l’aide

« Poids psychologique », « gestion et organisation des tâches domestiques, parentales, familiales et personnelles » se répercutent sur la performance des salariés. Sans que cela soit nécessairement compris de leur hiérarchie : seuls 30 % des aidants parlent de leur problème à leur manager, rappelle le journal Les Echos. Parmi les solutions possibles, l’aménagement des horaires, l’ouverture de plateforme d’écoute et de conseil, des outils numériques d’aide à la recherche de prestataires ou de la gestion des démarches administratives, sensibilisation des managers. « Les solutions existantes sont multiples et se révèlent indispensables lorsqu’on sait que, vieillissement de la population oblige, le nombre d’aidants serait amené à doubler pour atteindre les 20 millions en 2060 », souligne l’étude.

40 à 50 euros par jour durant le congé de proche aidant

D’ici à 2020, le gouvernement a annoncé que le congé de proche aidant donnera lieu à une indemnisation. Fixée entre 40 et 50 euros, cette aide ne concernera qu’une partie des aidants et pour une durée limitée. Le ministère des Solidarités a ajouté que ce congé sera « rémunéré à hauteur des congés existants comparables, comme par exemple le congé pour enfant malade ».

Créé en 2016, le congé de proche aidant permet aux personnes en emploi de s’absenter trois mois maximum. Il est renouvelable dans la limite d’un an, sur l’ensemble de la carrière. Pour en bénéficier, il faut justifier d’au moins un an d’ancienneté dans l’entreprise. L’aide financière versée aux proches aidants reste encore à être précisée, toutes les personnes prenant un congé proche aidant pourront-ils en bénéficier, l’indemnité sera-t-elle versée sur toute la durée, etc. ?

Par Guirec Gombert

Membre de la team édito envolé vers de nouvelles aventures !

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