Pourquoi les recrutements devraient repartir en 2026

Deux études de Robert Half et l’Apec confirment une nouvelle dynamique dans les intentions d’embauche des entreprises en 2026.

intentions de recrutement 2026
37% des entreprises prévoient de recruter au premier semestre 2026. © wenich/stock adobe.com

Après une année 2025 marquée par un ralentissement des recrutements en France (-9,8% d’offres d’emploi publiées sur Hellowork par rapport à 2024), 2026 montre de premiers signes d’embellie.

Recruter pour sécuriser

Selon une étude de Robert Half* publiée le 2 février, 37% des entreprises prévoient de créer des postes en CDI au cours du premier semestre 2026. C’est le chiffre le plus haut observé par le cabinet depuis début 2024. 37% des entreprises envisagent d’embaucher des personnes en mode projet (pour des missions de management de transition notamment). Enfin, 28% des entreprises prévoient de recruter en CDD ou en intérim, un chiffre stable par rapport à 2025. Ces dynamiques sont principalement portées par les secteurs de la finance, de l’IT, du juridique et des fonctions support spécialisées (RH, administratif, relation client…).

« En 2026, les entreprises françaises ne recrutent pas dans une logique de rattrapage, mais de sécurisation, analyse Matthieu Imbert-Bouchard, Managing Director de Robert Half France. La reprise est réelle, mais elle reste conditionnée à un environnement économique et politique encore instable. Les employeurs privilégient donc les fonctions capables de piloter la complexité et combinent recrutements pérennes et flexibilité pour rester agiles. »

Le climat est le même sur le marché des cadres, souligne Laetitia Niaudeau, directrice générale de l’Apec : « Après deux années moroses, plusieurs signes encourageants laissent penser à une reprise des recrutements des cadres en 2026, même si les employeurs resteront prudents. »  Ainsi, seules 8% des entreprises avaient embauché au moins un cadre au quatrième trimestre 2025, d’après le dernier baromètre Apec**, publié le 3 février. Mais en 2026, 51% des ETI et grandes entreprises prévoient de recruter au minimum un cadre au cours des trois prochains mois. C’est trois points de plus qu’à la même période l’an dernier. Ce frémissement s’observe également chez les PME parmi lesquelles 16% envisagent au moins une embauche de cadre au premier trimestre, soit deux points de plus que l’année passée.

Confiance retrouvée et retour des investissements

« Ce retour à la hausse s’explique en particulier par une amélioration du moral des chefs d’entreprise qui était en berne depuis juin 2024 et la dissolution de l’Assemblée nationale. Or, leur confiance s’est nettement redressée au quatrième trimestre 2025 », confirme Laetitia Niaudeau. A cela s’ajoute une reprise des investissements fin 2025, qui devraient se poursuivre en 2026, notamment dans le secteur industriel, porté par l’aéronautique, le transport et la défense. Ces secteurs devraient recruter des ingénieurs, des profils IT et des cadres en production. « Certes, le contexte politique et international est aussi tendu que l’an dernier, mais la confiance des entreprises s’améliore nettement au vu des carnets de commandes qui se remplissent et de nouvelles capacités d’investissement. Or, on sait que l’emploi des cadres est positivement corrélé à l’investissement, ce qui est de bonne augure », poursuit la directrice générale de l’Apec.

Cette reprise des embauches pourrait toutefois se traduire par de nouvelles difficultés de recrutement. Selon l’Apec, seuls 14% des cadres songent à changer d’emploi dans les trois prochains mois. Mais 40% d’entre eux pourraient franchir le pas s’ils se projettent à 12 mois. « Les cadres ont mis entre parenthèses leurs souhaits de mobilité, analyse Laetitia Niaudeau. Ils vont attendre de vérifier la reprise du marché et des recrutements avant de se lancer. Mais on voit qu’il y a toujours une vraie appétence chez cette population à bouger à moyen terme. »

*Enquête en ligne sur les intentions d’embauche, développée par Robert Half et menée par l’institut de recherche indépendant Rigour Research, réalisée auprès d’un échantillon de 500 responsables du recrutement en France, au sein de PME et de grandes entreprises des secteurs public et privé. Menée deux fois par an, elle a pour objectif de fournir des perspectives sur les plans de recrutement et les compétences recherchées dans les domaines de la finance, de la comptabilité, de la Tech, du juridique, du marketing, de l’ingénierie et des services financiers.

**Baromètre Apec réalisé par la direction Données et études (DDE) de l’Apec. Il repose sur deux enquêtes menées du 1er au 12 décembre 2025 : une enquête en ligne auprès d’un échantillon de 2 000 cadres, structuré pour être représentatif des cadres du secteur privé en et hors emploi, en matière de sexe, d’âge, de secteur d’activité, de taille d’entreprise et de région et une enquête téléphonique auprès d’un échantillon de 1 000 entreprises (uniques et sièges) employant au moins un cadre, raisonné puis pondéré pour être représentatif des entreprises du secteur privé employant au moins un cadre en matière de secteur d’activité, de taille salariale et de région d’implantation du siège.

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