Recrutement : ce que les candidats ne veulent plus voir en 2026

Quels sont les éléments qui dégradent le plus l’expérience candidat ? Les avis sont bien tranchés.

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Trois candidats âgés de 25 à 34 ans sur quatre disent s'être déjà fait ghoster par un recruteur. © denis_vermenko / Stock.adobe.com

Les entreprises ne peuvent plus se permettre de négliger l’expérience candidat, particulièrement lorsque l’on sait que les difficultés de recrutement vont s’accentuer encore dans les prochaines années. Pour attirer, elles vont devoir revoir certaines de leurs pratiques afin d’offrir la meilleure expérience candidat possible. L’enjeu est grand : après une mauvaise expérience de recrutement, 60% des candidats disent avoir une image dégradée de l’entreprise et 58% ne repostuleront pas au sein de celle-ci, selon le dernier Baromètre de l’expérience candidat à l’ère de l’IA* publié par Yaggo et Ifop. Mais qu’entendent vraiment les candidats par mauvaise expérience ? Voici les 5 pratiques à éviter.

L’absence totale de réponse

Quatre candidats sur cinq déclarent avoir déjà vécu au moins une mauvaise expérience lors d’un processus de recrutement. Un chiffre qui monte à 89,6% chez les 25-34 ans. En tête des mauvaises expériences, l’absence totale de réponse. 64% des candidats disent s’être déjà fait ghoster par un recruteur, et même 72% des 25-34 ans. 43% des candidats regrettent aussi de ne pas avoir reçu d’accusé de réception à la suite de leur candidature.

« Le silence reste le premier facteur de dégradation de l’expérience candidat. L’absence totale de réponse, avant même la qualité du refus ou la durée du process, est vécue comme une négation pure et simple de l’effort fourni. C’est ce qui fait fuir vos candidats », indique l’étude.

Une réponse automatique

Les candidats veulent non seulement recevoir une réponse mais ils ne se contentent pas d’un mail automatique. 50% des personnes interrogées citent comme mauvaise expérience le fait de recevoir une réponse négative automatique et impersonnelle, en hausse de 3 points sur un an. Chez les 25-34 ans, ce taux monte même à 57%.

« Plus que jamais, les postulants veulent savoir le pourquoi du refus. Et pour eux, une réponse automatique comportant les poncifs habituels n’est pas perçue comme une preuve d’efficacité, mais comme un refus sans réelle considération », relève Yaggo.

Un délai de réponse supérieur à 2 semaines

Quel est le délai acceptable pour qu’un recruteur réponde à leur candidature, quelle que soit la réponse ? Deux semaines maximum, répondent plus de quatre candidats sur cinq. 45% s’attendent à un traitement entre 3 et 7 jours, 32% entre 8 et 14 jours.

L’absence de retour suite à un entretien

Cela ne concerne pas la majorité des candidats, mais tout de même 45% disent ne jamais recevoir de retour suite à un entretien. « Depuis plusieurs années, les candidats expriment des attentes de plus en plus claires vis-à-vis des processus de recrutement. Ce qui change, c’est le niveau de tolérance. Là où certaines pratiques pouvaient autrefois être perçues comme maladroites ou contraintes par le contexte, elles sont désormais vécues comme des signes forts de désengagement ou de désintérêt de la part des entreprises », pointe le baromètre 2026.

Trop d’automatisation dans le processus

C’est un autre marqueur de ce baromètre 2026 : les candidats veulent être considérés, ce qui passe par la relation humaine qu’ils pourront avoir avec le recruteur. 53% font de l’automatisation et de la déshumanisation l’un des principaux freins à leur candidature. Une tendance qui s’accentue avec l’utilisation croissante de l’intelligence artificielle par les recruteurs.

Ils sont 93% à vouloir savoir qu’un humain a personnellement pris connaissance de leur candidature. Et 84% estiment qu’une décision prise par une IA est moins juste qu’une décision humaine. « L’intelligence artificielle s’est imposée en quelques mois comme un sujet central du recrutement. Du point de vue des candidats, la question n’est pas technologique, elle est relationnelle », souligne Yaggo dans son étude.

Même réticence vis-à-vis des entretiens menés par une IA : 72% affirment ne pas être d’accord avec l’idée de passer un entretien (en visio ou par téléphone) mené uniquement par une intelligence artificielle, sans intervention humaine. Un chiffre qui monte à 77% chez les femmes. Plus largement, une grande majorité de candidats (77%) trouvent que l’utilisation de l’IA dans le recrutement détériore l’image qu’ils ont d’une entreprise.

« Les candidats acceptent que la technologie assiste, accélère ou structure le recrutement, mais refusent qu’elle en devienne le visage, le juge ou même l’interlocuteur. La conséquence ? La dégradation de l’image et le boycott. Sur les réseaux sociaux, on voit déjà les premiers signes d’une « résistance » en plein déploiement : refus systématique de participer à des process automatisés, shaming des entreprises, création d’outils pour contrecarrer l’IA… Les candidats n’ont aucune intention de subir l’intelligence artificielle sans se débattre », conclut l’étude.

*étude menée par Ifop pour Yaggo auprès de 2 004 Français dont 1 073 actifs non-fonctionnaires et futurs actifs, interrogés en ligne du 7 au 16 janvier 2026.

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