Ce que les cadres pensent vraiment de leurs RH en 2026
Bon recruteur et bon gestionnaire mais pas encore le bon interlocuteur pour parler carrière. C’est ce que révèle le baromètre Apec-ANDRH sur la perception des RH par les cadres.
Les RH peuvent avoir le sourire : l’image que les cadres et les managers ont d’eux s’améliore nettement. C’est ce que confirme la troisième édition du baromètre Apec-ANDRH*, publié le 2 juin. En 2026, 64 % des cadres se déclarent satisfaits de la gestion des ressources humaines dans leur entreprise, un chiffre en hausse de 6 points comparé à 2022. Chez les managers, ce taux atteint même 70 % (+9 points).
Pour autant, tous les aspects du métier RH ne sont pas perçus de la même façon. Entre la gestion administrative, le recrutement et l’accompagnement des carrières, l’image varie, parfois fortement. Retour sur les principaux enseignements du baromètre 2026.
Une satisfaction en hausse continue
Ces quatre dernières années, l’image des RH n’a cessé de s’améliorer auprès des cadres. En 2022, trois cadres sur cinq (58 %) se déclaraient satisfaits de leur fonction RH. Deux ans plus tard, ils étaient 61 % à le dire, et ils sont 64 % en 2026.
La digitalisation des outils RH y est pour beaucoup. La satisfaction envers ces outils RH que les cadres ont à leur disposition (demandes de congés, entretiens d’évaluation, accès à la formation) a progressé de 13 points en quatre ans pour atteindre 72 %.
Chez les managers, le mouvement est encore plus marqué. Leur satisfaction globale vis-à-vis de la gestion des ressources humaines dans leur entreprise atteint 70 % en 2026, contre 61 % en 2022. Et la part des « très satisfaits » a bondi à 26 % (contre 16 % quatre ans plus tôt).
Le recrutement, un domaine où les RH font consensus
Sur le recrutement, la confiance des cadres est bien établie. Deux tiers d’entre eux (67 %) jugent efficace la politique RH de leur entreprise en matière de recrutement de nouveaux collaborateurs, un score en progression de 4 points depuis 2024. Du côté des managers, qui sont en première ligne sur ces sujets, 71 % disent apprécier leurs interactions avec les RH dans cette phase.
Les managers reconnaissent surtout l’apport des RH en amont et en aval du processus de recrutement. Ils sont considérés comme un appui pour trier les candidatures et sélectionner les candidats reçus en entretien (60 %), conduire des entretiens (61 %), signer le contrat et gérer les aspects administratifs (73 %) et intégrer le candidat retenu (61 %).
Ce sont sur les étapes intermédiaires que le rôle des RH est reconnu moins unanimement. Seulement 53 % des managers les considèrent comme un appui pour évaluer les compétences techniques des candidats et autant pour choisir le candidat finalement retenu.
La gestion de carrière, le point faible de la fonction
Malgré une satisfaction globale en hausse, 82 % des cadres continuent de percevoir leur service RH avant tout comme un service administratif. Les RH sont d’ailleurs perçues comme étant bien plus efficaces dans la conduite des tâches administratives (86%) que dans la gestion des carrières internes (54%), indique l’étude.
À la question de savoir vers qui ils se tourneraient pour réfléchir à leur évolution professionnelle, acquérir de nouvelles compétences ou envisager une reconversion interne, seulement un cadre sur deux cite spontanément le service RH.
Les managers perçoivent les choses un peu différemment. Ils sont plus nombreux à estimer que les RH sont utiles à leur propre évolution professionnelle (59 %, contre 48 % pour les non-managers) et au développement de leurs compétences (60 %, contre 46 %). Mais même chez eux, la limite apparaît dès qu’il s’agit de l’évolution professionnelle des membres de leur équipe : c’est le sujet sur lequel leur satisfaction envers les RH est la plus basse, à 67 %.
Ce que le baromètre dit aux professionnels RH
La progression de l’image des RH est réelle. Mais le baromètre dessine aussi clairement ce qui reste à construire. Sur la gestion de carrière, la mobilité interne, le développement des compétences, les cadres n’ont pas encore le réflexe de solliciter le service RH. Ils savent qu’il gère bien l’administratif, qu’il recrute efficacement. Mais quand il s’agit de leur propre trajectoire professionnelle, ils cherchent cet interlocuteur ailleurs ou ne le cherchent pas du tout.
Ce décalage n’est pas qu’une question de perception. Il pose une question concrète sur la place que les RH occupent dans les moments qui comptent pour les cadres : une promotion à négocier, une compétence à développer, un changement de métier à envisager en interne.
« Dans un contexte de transformations rapides des métiers et des compétences, les entreprises ont un rôle clé à jouer pour accompagner les parcours professionnels, favoriser le développement des compétences et soutenir les mobilités internes », souligne Annelore Coury, directrice générale de l’Apec. Un constat partagé par Audrey Richard, présidente de l’ANDRH : « Les cadres reconnaissent la qualité de nos pratiques administratives, ce qui est une base solide. Ce que nous devons désormais construire, c’est une relation de confiance autour de la carrière, du développement des compétences, du projet professionnel. Les RH ont toutes les cartes en main pour jouer ce rôle. »
*étude réalisée à partir de deux enquêtes en ligne, l’une menée en mars 2026 auprès d’un échantillon de 2 000 cadres et l’autre en novembre 2025 auprès d’un échantillon de 1 000 cadres.