Télétravail : comment définir les métiers éligibles dans votre entreprise ?

Le ministère du Travail livre aux entreprises un mode d’emploi pour identifier les activités professionnelles télétravaillables.

80% des postes les plus courants en entreprise sont éligibles au télétravail.
80% des postes les plus courants en entreprise sont éligibles au télétravail.

L’accord sur le télétravail signé par les partenaires sociaux (à l’exception de la CGT) précise que la définition des activités télétravaillables doit relever du dialogue social au sein des entreprises. Selon le calcul du ministère du Travail, 4 postes sur 10, sont éligibles au travail à distance. Mais, comment les identifier concrètement ? Un vade mecum publié par le ministère du Travail et reprenant les recommandations de l’Anact (Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail) vous aide à y voir plus clair.

S’il est évidemment difficile de dresser une liste officielle des postes transposables en télétravail, au vu des évolutions rapides de certains métiers, le guide du ministère vous aide à faire le distinguo entre les activités réalisables à distance et celles qui doivent nécessairement être effectuées au bureau.

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Réfléchir en termes d’activités plutôt que de métiers

Ce texte incite les entreprises à raisonner sous l’angle des tâches réalisées plutôt que des métiers. En effet, pour certaines professions, une partie des activités est faisable en-dehors de l’entreprise. Les techniciens de maintenance peuvent, par exemple, piloter à distance des activités de back office ou de suivi des réclamations.

« Il faut en effet souligner que des salariés exerçant des métiers qui paraissent a priori non télétravaillables peuvent néanmoins travailler à distance pour réaliser une partie de leurs activités. C’est le cas par exemple lorsqu’il s’agit de renseigner le public, réaliser des enquêtes, faire du support informatique, de la gestion de projet, des achats, réaliser des supports de communication, etc. (…) Le télétravail peut également être l’occasion de traiter des dossiers en retard, de développer des projets, ou encore de consolider des actions non prioritaires mais nécessaires à l’entreprise », précise le guide du ministère du Travail.

80% des fonctions les plus courantes transposables à distance

Selon une étude réalisée l’été dernier par Boostrs, spécialiste de la cartographie de compétences, sur un panel de 3 000 métiers et 10 000 compétences techniques, deux tiers des professions seraient télétravaillables. Au moins partiellement. Ce texte se base sur le critère suivant : un métier est éligible au travail à distance si au moins 20% des compétences requises sont réalisables en télétravail.

L’étude révèle ainsi que 80% des fonctions les plus courantes au sein des entreprises peuvent être adaptées en-dehors des locaux : RH, finance, commerce, juridique, informatique, marketing…

Près de 62 % des métiers pourraient s’exercer en télétravail

En revanche, il existe des limites infranchissables au télétravail, notamment dans le secteur des services à la personne, comme le rappelle le guide du ministère de la rue de Grenelle : « le télétravail n’est en général pas un mode d’organisation applicable pour les activités attachées à des lieux ou des personnes, qui impliquent de se rendre sur des lieux spécifiques par exemple pour inspecter, nettoyer, installer, réparer ou utiliser des outils et machines ou encore s’occuper de personnes ou d’animaux. »

Trois étapes pour définir un poste éligible au télétravail

Le ministère du Travail préconise d’utiliser une méthode en trois étapes pour définir les métiers qui peuvent s’exercer hors du bureau :

  1. Lister les principales activités de chaque poste, y compris certaines tâches non considérées comme prioritaires en temps normal mais qui « pourraient avoir une valeur ajoutée pour préparer la sortie de crise : mise à jour de procédures et de supports de travail, veille,… »
  2. Evaluer les freins possibles à l’exercice de ces activités, que ce soit pour le collaborateur, l’entreprise ou le client. Il peut notamment s’agir de contraintes techniques (mauvaise connexion internet, accès au serveur à distance impossible…), liées à la profession (confidentialité des données) ou aux compétences du salarié (mauvaise maîtrise des nouvelles technologies).
  3. Identifier si des solutions peuvent être trouvées pour lever ses obstacles (formations à distance à de nouveaux outils, installation d’une connexion sécurisée, aménagement de plages horaires auxquelles les clients peuvent nous contacter…).

Les conclusions de ce travail de définition des activités télétravaillables devront être retranscrites dans l’accord collectif ou la charte ou la charte d’entreprise sur le télétravail si de tels textes sont en vigueur dans l’entreprise. En leur absence, l’identification des missions réalisables à distance doit être faite avec le salarié demandant à être placé en télétravail.

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Par Maïté Hellio

Reporter tout terrain et pianiste, aime quand les mots et les notes sonnent juste !

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