Le manque de savoir-être pourrait-il devenir un motif de licenciement ?

Et si, après être devenues un marronnier dans les recrutements, les soft skills devenaient également une compétence jugée à part entière dans les entreprises ?

L'intelligence émotionnelle fait partie intégrante du recrutement et des ressources humaines.

C’est une réflexion lancée par Isabelle Barth, chercheuse en management, suite à l’éviction d’Isabelle Kocher de la direction d’Engie en février dernier, alors que son mandat devait prendre fin en mai. Alors qu’elle dirigeait le groupe depuis 2016, elle s’est vue reprocher de « n’en faire qu’à sa tête » et d’avoir « perdu la confiance des administrateurs ». Elle est finalement limogée pour manque « d’intelligence émotionnelle« . Et si les soft skills devenaient un critère d’appréciation des performances des collaborateurs d’une entreprise ?

Qu’est-ce que l’intelligence émotionnelle ?

L’intelligence émotionnelle est l’aptitude d’une personne à reconnaître et à comprendre les émotions ainsi que leur impact sur les comportements et les attitudes des autres. Elle implique donc un certain degré de sensibilité permettant de percevoir les émotions des autres et d’utiliser ces connaissances afin d’encourager intuitivement la performance.

Management et intelligence émotionnelle

Les managers dotés d’une intelligence émotionnelle abordent leur rôle de manière très différente des managers plus autoritaires. L’intelligence émotionnelle est donc une réelle qualité, qui fait partie de ce qu’on les appelles les soft skills, les qualités qui composent le savoir-être (empathie, travailler en équipe, bonne communication…).

Ces qualités deviennent de plus en plus importantes en ressources humaines. On n’attend plus des gens seulement des compétences techniques. On n’attend d’eux désormais d’être à l’écoute, empathique …

Selon des experts en management, le leader de demain devra combiner « intelligence émotionnelle, artificielle et collective » selon un article du Harvard Business View en 2019. Des cabinets comme McKinsey Global Institute établissent des cartographies prospectives de ces nouvelles compétences, et des chercheurs de toutes nationalités mènent depuis plus de deux décennies des études sur ces sujets.

Les recruteurs plébiscitent les soft skills

Les recruteurs plébiscitent les soft skills à tous les niveaux : une étude du Céreq (Centre d’études et de recherche sur les qualifications) de 2016 démontre ainsi que les jeunes diplômés de niveau master sont attendus pour des compétences comme la persévérance, l’estime de soi, la prise de risques et la communication. L’intelligence émotionnelle fait donc partie intégrante du recrutement et des ressources humaines. En tant que compétence à part entière, elle pourrait donc désormais devenir un motif de licenciement. Seulement voilà, le problème c’est que la notion reste floue. Trop floue. Un problème concernant une compétence technique va être plus facile à détecter. Mais juger l’empathie ou le manque d’empathie de quelqu’un est clairement plus difficile à faire. Il faut donc que les experts RH se mettent d’accord sur une définition claire et commune des soft skills. Or, à ce jour, ce consensus n’existe pas.

Par Adélaïde Haslé

Membre de la team édito envolé vers de nouvelles aventures !

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