Publier une offre pour un « ghost job », c’est 2 500 $ d’amende
L’État de New York a voté un texte qui impose aux employeurs de préciser si une offre correspond à un poste réellement à pourvoir. D’autres États américains préparent des mesures similaires.
Connaissez-vous les « ghost jobs » ? Ces offres d’emploi publiées pour des postes qui n’existent en fait pas sont dans le viseur du législateur dans l’Etat de New York. Par un vote le 28 avril et le 2 juin 2026, le Sénat et l’Assemblée ont adopté le projet de loi S8877, porté par le sénateur Michael Gianaris. Avant d’être promulgué, le texte doit encore être signé par la gouverneure de l’Etat, Kathy Hochul.
Le projet de loi cible les employeurs de 100 salariés et plus ainsi que les plateformes de diffusion d’offres. Pour lutter contre la publication d’offres pour des « ghost jobs », celui-ci oblige les entreprises à indiquer dans quel délai ils comptent pourvoir le poste.
De nouvelles obligations pour les recruteurs
3 cas de figure sont prévus par le projet de loi :
- Si le poste est à pourvoir sous 90 jours, l’offre devra inclure la mention : « Cette offre correspond à un poste vacant. L’employeur prévoit de le pourvoir d’ici le [date]. »
- S’il est à pourvoir dans un délai supérieur à 90 jours, l’offre devra indiquer : « Cette offre correspond à un poste vacant. L’employeur ne prévoit pas de le pourvoir avant le (date]. »
- Dans le cas où l’offre ne correspond pas à un poste à pourvoir, il devra être écrit dans l’offre : « Cette offre ne correspond pas à un poste vacant. L’employeur collecte des candidatures en vue de futurs recrutements. »
Le projet de loi prévoit aussi que toute offre devra être retirée dans les deux semaines suivant le recrutement. Le Département du travail de l’État de New York pourra mener des audits pour le vérifier. Les candidats lésés pourront quant à eux signaler les infractions, mais aucune action en justice directe n’est prévue.
Pour les entreprises qui ne se plieront pas à ces nouvelles règles, l’amende s’élèvera à 2 500 dollars par plateforme où l’offre apparaît. Il est aussi prévu que le montant de l’amende double tous les 30 jours si l’infraction n’est pas corrigée.
Un mouvement qui dépasse New York
Selon les estimations, entre 18 % et 30 % des offres en ligne aux Etats-Unis ne correspondraient pas à de vrais emplois à pourvoir. Face à ce phénomène des « ghost jobs », plusieurs États américains préparent des dispositions similaires à celui en cours d’adoption à New York. La Pennsylvanie a déposé en mars 2026 un « Ghost Job Postings Prevention Act ». Celui-ci exige d’indiquer dans toute offre d’emploi une date prévisionnelle de recrutement et une fourchette salariale. De son côté, le New Jersey a introduit en mai un projet ciblant les plateformes tierces. En Californie, un texte voté à l’Assemblée attend au Sénat depuis août 2025.
Au Canada, l’Ontario a légiféré dès janvier 2026. Les employeurs doivent y préciser si un poste est réellement vacant. L’amende peut atteindre 100 000 dollars canadiens (62 000 euros).
Ce que les recruteurs français peuvent en retenir
En France, aucune législation comparable n’est en projet à ce jour. Rien ne vous impose de retirer une offre quand elle est pourvue et vous n’avez pas l’obligation d’y faire figurer vos intentions de recrutement.
Mais cette absence de contrainte légale ne dispense pas d’une exigence de fond : la transparence envers les candidats. C’est une condition indispensable à la confiance. Cette transparence ne se limite pas au statut du poste, elle concerne aussi la rémunération et le déroulé du processus de recrutement. Les entreprises qui font ce choix construisent une expérience candidat plus saine, et une marque employeur plus solide.
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