Charge de travail, reconnaissance… Les RH n’ont pas le moral

Seulement un professionnel RH sur deux est satisfait de sa rémunération, selon une enquête de Gereso.

stress travail
55% des RH ont ressenti un niveau de stress très élevé en 2025. © peopleimages.com / Stock.adobe.com

L’année 2025 a été difficile pour les professionnels des ressources humaines, entre pression sur les échéances à tenir, gestion des tensions en interne et changements organisationnels. Et la situation se dégrade d’année en année. Selon la dernière étude* publiée par Gereso, seuls 55% des professionnels RH disent avoir bien ou très bien vécu l’année 2025. C’est 4 points de moins qu’en 2024, 10 points de moins qu’en 2023.

Les directions RH ont le plus souffert : 43% affirment avoir bien vécu l’année (-14 points), tandis que les responsables et gestionnaires RH ont un moral plus stable (autour de 58 à 60%).

Une charge de travail source de stress

En cause, une charge de travail qui s’alourdit de plus en plus. En 2025, 60% des professionnels RH déclarent avoir travaillé plus qu’en 2024. Un chiffre qui a progressé de 3 points en un an. Seuls 12% des RH interrogés ont levé le pied l’an dernier.

Là aussi, les directions RH sont en première ligne avec 71% qui disent avoir travaillé davantage. Les moins de 30 ans se situent aussi à un niveau (67%) bien supérieur aux plus de 50 ans (58%).

Cette charge de travail est le principal facteur de stress pour 69% des RH, un chiffre qui bondit de 16 points en un an. Le niveau de stress est très élevé chez les RH : 93% ont ressenti du stress au travail en 2025 (+3 points). Parmi eux, 55% qualifient ce stress de « très élevé », un chiffre en hausse de 5 points.

« Les RH sont devenus les amortisseurs permanents des crises de l’entreprise. Ils encaissent les tensions, accompagnent les transformations et portent le bien-être des autres, souvent au détriment du leur », estime Vincent Chevillot, directeur général de Gereso.

Un équilibre vie pro / vie perso qui se dégrade

Autre point noir en 2025, l’équilibre vie pro / vie perso, qui se dégrade pour 38% des professionnels RH, soit 2 points de plus qu’en 2024. « Seulement 14% estiment que la situation s’est améliorée, contre 21% en 2024. Le ratio est sans appel : pour un RH qui gagne en équilibre, près de trois en perdent », relève l’étude.

Un RH sur trois (34%) considère aussi que l’intérêt de ses missions s’est dégradé en 2025, un sur quatre (27%) que les relations avec la hiérarchie se sont détériorées. Le manque de soutien moral de leur direction est aussi pointé par un RH sur trois (36%). « Plus l’entreprise est grande, plus le sentiment d’isolement grandit. Dans les structures de plus de 200 salariés, 42% des RH estiment ne pas recevoir un soutien suffisant de leur direction. Contre 11% seulement chez les indépendants. La taille crée de la distance et la distance, de l’incompréhension », indique encore Gereso dans son étude.

Une reconnaissance en demi-teinte

Face à cette situation, les professionnels RH attendent davantage de reconnaissance. 88% en font le premier levier d’engagement, mais plus de la moitié (55%) dit n’en avoir reçu aucune marque concrète en 2025.

Seuls 54% des RH jugent leur rémunération satisfaisante, soit 4 points de moins qu’en 2024. « L’embellie de l’an dernier (portée par des ajustements salariaux liés à l’inflation) n’aura pas duré. On revient au niveau de 2022. Près d’un RH sur deux (46%) estime que sa rémunération n’est pas à la hauteur », indique l’étude.

Les 30-39 ans sont les plus critiques : 45% s’estiment correctement payés, contre 60% chez les 40-49 ans. Le niveau de satisfaction recule aussi chez les moins de 30 ans : 49% se disent satisfaits de leur rémunération, en baisse de 6 points sur un an.

« En 2025, les RH ne renoncent pas, mais ils posent des limites. Ils continuent de croire à l’utilité et à l’avenir de leur fonction, mais ils attendent désormais des actes : plus de reconnaissance, des conditions », note Vincent Chevillot.

Ce que les RH attendent pour 2026

Résilience, reconnaissance et adaptabilité sont les trois mots qu’ils choisissent pour résumer le moral de leur fonction en 2026. « Tous les RH ne broient pas du noir. Certains trouvent des raisons d’espérer et leurs réponses dessinent les leviers sur lesquels agir », relativise l’étude.

Parmi leurs sources d’optimisme, le développement de nouvelles compétences et la formation, nécessaire dans un monde où la maîtrise d’outils comme l’IA devient essentielle. 45% d’entre eux font de la maîtrise des outils technologiques une compétence personnelle qu’ils doivent développer pour répondre aux défis de 2026, en léger recul (-1 point sur un an, -3 points comparé à 2023). « Non pas que le sujet perde en importance – l’IA bouleverse les pratiques – mais les RH semblent avoir intégré cette dimension. Elle devient un prérequis plus qu’un axe de développement prioritaire », souligne Gereso.

Autre compétence qui sera clé cette année, l’agilité organisationnelle, citée par 48% des RH, en hausse de 3 points. « Dans un contexte de réorganisations permanentes, de changements de cap stratégiques et d’incertitudes multiples, savoir s’adapter devient la compétence première. »

*étude « Professionnels RH, comment allez-vous ? », réalisée entre le 13 octobre et le 14 novembre 2025, auprès de 420 professionnels RH d’entreprises privées et d’établissements publics, interrogés à travers un questionnaire envoyé par email.

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