7 astuces de recruteur pour réussir un entretien de préqualification

Prise de contact, hiérarchie des critères, questions clés, mises en situation… Priscilia Chavagnac, recruteuse à L’Entrepôt du Bricolage, livre sa méthode pour des entretiens de préqualification efficaces.

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« En préqualification, certaines questions permettent de savoir si la motivation est viscérale ou récitée. » © Hellowork

Entre quelques minutes et une demi-heure, un recruteur doit savoir trancher : ce candidat mérite-t-il un entretien en présentiel ? L’exercice est trop court pour tout explorer, trop lourd de conséquences pour être improvisé.

Chez L’Entrepôt du Bricolage, Priscilia Chavagnac recrute sur un périmètre de 8 magasins, de Romans-sur-Isère à Narbonne. Au fil des années, elle a structuré une méthode qui lui permet de filtrer efficacement les profils, dès la préqualification. Elle livre ses meilleurs conseils.

Astuce n°1 : soigner les premiers échanges

Sur un marché où les candidats sont sollicités de toutes parts, un numéro inconnu qui sonne sans prévenir a toutes les chances de rester sans réponse. D’où l’importance de se rendre identifiable dès le premier contact. « Lorsque j’appelle un candidat, je commence systématiquement par me présenter : la raison de mon appel, le poste concerné, l’entreprise. Si je tombe sur un répondeur, je laisse un message vocal ou un SMS avec ces mêmes informations », conseille la chargée de recrutement.

Décrocher, toutefois, ne signifie pas être disponible. « La personne peut être au bureau, en voiture, avec ses enfants… Je vais donc lui demander si elle est disponible maintenant, ou si elle souhaite que je la rappelle plus tard », explique Priscilia Chavagnac. Et que l’entretien se déroule dans la foulée ou qu’il soit planifié à un autre moment, « il faut toujours poser le cadre, c’est-à-dire expliquer comment va se dérouler l’échange. Cela permet de créer un climat de confiance », précise-t-elle.

Astuce n°2 : filtrer les incompatibilités dès les premiers instants

La préqualification obéit à une logique de tri séquentiel : les critères éliminatoires d’abord, l’évaluation qualitative ensuite. Disponibilité, mobilité géographique, prétentions salariales constituent le premier filtre. « L’objectif est de verrouiller la compatibilité, des deux côtés. Par exemple, si un candidat annonce une prétention salariale, je dois m’assurer que je peux m’aligner, explique Priscilia Chavagnac. Dans le cas contraire, si je ne peux pas répondre à son attente, il n’est pas utile d’aller creuser les compétences ou la motivation. »

Astuce n°3 : creuser la motivation réelle

Un candidat qui a pris le temps de se renseigner sur l’entreprise envoie un signal positif. Toutefois, Priscilia Chavagnac a appris à ne pas s’en satisfaire. « Certains candidats sont assidus et très scolaires. C’est quelque chose que j’apprécie. En revanche, réciter un texte appris par cœur ne dit rien de la motivation réelle à rejoindre spécifiquement notre entreprise, à ce poste », observe-t-elle.

Pour dépasser ce premier niveau de lecture, la recruteuse commence par une question directe : « Pourquoi vous plutôt qu’un autre ? » Pour la recruteuse, « cela permet de dépasser l’auto-promotion et d’aller chercher une forme de sincérité. On sent vite si la motivation est viscérale ou récitée. »

Puis elle déplace l’échange sur le terrain des attentes : « Qu’attendez-vous de nous ? » ou encore « à côté de quoi vous ne voulez pas passer dans ce poste ? » Pour Priscilia Chavagnac, « ces deux questions permettent de savoir ce qui motive réellement le candidat à nous rejoindre. »

Astuce n°4 : miser sur la mise en situation

Sur le volet compétences, l’équilibre recherché tient en un ratio : « 50 % de techniques, 50 % de savoir-être ». Pour évaluer les deux, la recruteuse privilégie la mise en situation, dès la préqualification. « Si je recrute sur un poste de vendeur, je peux par exemple demander au candidat : “Lorsque vous allez dans un commerce, qu’est-ce que vous attendez d’un vendeur ?” Ce type de question permet de vérifier que nous partageons les mêmes critères de service », détaille-t-elle.

Pour des postes d’encadrants, elle va chercher à tester la capacité à se remettre en question et à prendre du recul. Une question se révèle particulièrement efficace : « Quelle est la situation que vous avez déjà vécue, que vous ne voudriez jamais revivre et pourquoi ? »

Astuce n°5 : laisser décanter avant de trancher

La préqualification, par sa brièveté, expose à des jugements hâtifs. Et le risque est de statuer sous l’effet d’une impression immédiate. Priscilia Chavagnac s’est imposée une discipline en deux temps :

  1. Le premier consiste à consigner ses observations à chaud, puis à laisser reposer. « Je note les aspects positifs, les axes de vigilance, ce qui m’a interpellée, puis je me laisse du temps pour réfléchir plus à froid. Cela permet d’y voir plus clair, et parfois même de révéler nos propres biais de recruteur », explique-t-elle.
  2. Le second est de ne jamais communiquer de réponse négative dans la foulée. « Sur l’instant, je peux hésiter sur un profil. Mais après dix entretiens avec d’autres candidats et un comparatif global, il m’arrive de constater que c’est finalement lui le plus adapté. »

Astuce n°6 : toujours terminer proprement

Vient ensuite la clôture proprement dite. Il s’agit d’abord de remercier le candidat pour le temps accordé, puis d’expliquer les étapes suivantes du processus : les délais à prévoir, le mode de réponse…

Quelques jours plus tard, lorsque le refus est acté, se pose le délicat sujet du retour négatif. « Nous attendons du respect de nos candidats. Il est de notre devoir de les respecter aussi. Lorsqu’il y a un retour négatif, on ne peut plus se contenter d’un mail générique. Il faut donner du sens à ce “non”, même à l’étape de la préqualification », insiste-t-elle.

Astuce n°7 : construire sa méthode par la pratique

La méthode de Priscilia Chavagnac est le fruit de plusieurs années de terrain, et d’un apprentissage initial par la simulation, « via des sketchs, des questions pièges, des questions rebonds », raconte la recruteuse.

La pratique a aussi transformé sa posture. Là où elle aurait autrefois écarté un profil maladroit, elle adopte aujourd’hui un rôle de conseil auprès des candidats : « Ce matin, j’ai eu un jeune en alternance qui parlait très vite. Je lui ai dit : “Écoutez, on va reprendre, car je ne comprends pas ce que vous me dites.” Cette posture de conseil, je ne l’aurais sans doute pas eue il y a quelques années. J’aurais simplement passé mon tour », reconnaît-elle en conclusion.

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