Comment embarquer vos collaborateurs terrain dans la cooptation
Le SMS ouvre la cooptation à une nouvelle catégorie de collaborateurs : ceux qui sont sur le terrain et n’ont pas forcément d’ordinateur et de mail professionnels.
« La cooptation est sans doute le mode de recrutement le plus ancien qui soit, retrace Juliette David, Product Manager chez Basile, la plateforme de cooptation et de mobilité interne de Hellowork. Avant même les jobboards et les CVthèques, il y avait souvent quelqu’un dans l’entreprise qui connaissait quelqu’un qui pouvait correspondre au poste. » Ce canal de recrutement reste d’actualité : selon l’enquête Hellowork 2025, 55 % des recruteurs recourent à la cooptation, un levier qui représente en moyenne 10 % de leurs embauches.
Dans un peu moins d’une entreprise sur deux (45 %), cette recommandation se fait par transmission directe du CV au manager ou au recruteur. C’est le cas en particulier dans les entreprises qui comptent de nombreux collaborateurs terrain, qui ne disposent ni d’ordinateur professionnel ni d’adresse mail. « Or, cette recommandation de la main à la main rencontre ses limites à mesure que le nombre de candidatures reçues croît », pointe Juliette David.
Les CV s’empilent sur les bureaux, les recruteurs ont alors du mal à savoir comment ce candidat est arrivé jusqu’à eux, qui l’a coopté, combien du temps les candidats cooptés mettent à être convertis. « Ce qui devait représenter un gain de temps s’avère alors être un cadeau empoisonné, un process difficile à piloter. »
Un SMS envoyé depuis un téléphone personnel
Pour améliorer le suivi de ces candidatures et inciter les équipes qui travaillent loin des écrans à recommander des personnes de leur entourage, une nouvelle pratique émerge : la cooptation par SMS. Affichés dans leur environnement de travail, des QR code et un numéro dédié permettent à un infirmier, une vendeuse ou un ouvrier du BTP de recommander en moins d’une minute un profil via son téléphone. Un assistant IA guide le salarié sur les informations à fournir : son entreprise, son nom et son mail ainsi que le nom et le mail (ou le numéro de téléphone) de la personne cooptée.
Le candidat reçoit ensuite un lien pour confirmer sa candidature et peut postuler à une offre ou bien envoyer une candidature spontanée. Puis la candidature arrive directement dans l’ATS du recruteur, comme n’importe quelle autre cooptation.
« Le SMS est intuitif, pas intrusif et universel »
« L’avantage du SMS, c’est que c’est intuitif et pas intrusif, explique Juliette David. Les personnes que nous avons interrogées nous ont expliqué qu’elles ne souhaitaient pas télécharger d’application professionnelle sur leur téléphone personnel, car cela brouillait la frontière vie pro/vie perso. Ce n’est pas le cas du SMS, qui est purement transactionnel : il sert uniquement à envoyer une candidature et jamais à recevoir des informations ou des notifications. » Autre avantage du SMS : il est universel et englobe tous types de collaborateurs, même ceux qui ont peu d’affinités avec les technologies.
Au moment de leur première cooptation par SMS, les salariés qui n’ont pas de mail professionnel renseignent leur mail personnel et donnent leur consentement pour être contactés par courrier électronique. C’est ce geste qui déclenche la création d’un compte sur le portail de cooptation, où le salarié pourra suivre ses cooptations, recevoir des alertes sur les nouvelles offres en interne ou bien avoir les informations liées aux temps forts du programme de cooptation, comme les challenges.
Plus de cooptations et plus de coopteurs
Dès son lancement en juin 2026, la fonctionnalité a été adoptée par les collaborateurs de terrain. Jusqu’à 40 % des cooptations d’un portail peuvent transiter par ce canal dès le premier mois d’activation, signe que ce réflexe est facile à intégrer au quotidien professionnel des salariés. Autre donnée encourageante : 95 % des conversation engagées avec le chatbot débouchent sur une cooptation. « Le fait que l’assistant IA communique en langage naturel facilite la démarche », analyse la Product Manager. Cette fonctionnalité permet, en outre, à des personnes qui n’avaient jamais coopté de franchir le pas : « Chez certaines entreprises, jusqu’à 25 % des cooptations sont des premières cooptations. »
Les bénéfices de cet élargissement du vivier de coopteurs se font particulièrement sentir dans les secteurs en proie à des tensions de recrutement, tels que la santé, la petite enfance, l’industrie, la logistique, le retail et le BTP. Ces actifs qui sont souvent pris par le temps et peu digitalisés sont pourtant les plus à même de connaître d’autres profils similaires au leur, issus des mêmes filières et croisés lors d’anciennes expériences professionnelles.
Alors que ces programmes s’étaient historiquement construits autour des usages professionnels des cols blancs, l’intégration des équipes terrain marque l’entrée dans une nouvelle ère de la cooptation.
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