Le « CDI permutable », ce nouveau contrat testé et approuvé par Disneyland Paris

Dans un contexte économique où certaines activités tournent au ralenti quand d’autres ont besoin de renfort de main-d’œuvre, Disneyland Paris s’est adapté en expérimentant le « CDI permutable ».

Le parc d'attractions a testé un nouveau type de CDI pour compenser les fluctuations d'activité liée à la crise sanitaire.
Le parc d'attractions a testé un nouveau type de CDI pour compenser les fluctuations d'activité liées à la crise sanitaire. © satur73/stock adobe.com

La crise sanitaire a bouleversé certains pans de l’économie, contraints de se réorganiser en raison d’une activité fluctuante. Les secteurs les plus affectés par la pandémie sont confrontés à un défi double : faire face à l’explosion du chômage partiel et entretenir les compétences de leurs collaborateurs pour anticiper la reprise d’activité.

Pour ne pas avoir à procéder à des licenciements économiques et pour préserver les compétences de ses 11 000 salariés en chômage partiel, le parc d’attraction Disneyland Paris, fermé jusqu’à nouvel ordre, a eu recours à des « CDI permutables » lors de sa période de réouverture estivale.

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De l’hôtellerie à la centrale de réservation

Le principe est simple : permettre, par exemple, à un employé dans l’hôtellerie de venir en renfort des équipes de réservation, débordées par les demandes d’annulation alors que les hôtels du parc sont fermés. Dans le cadre de son nouveau poste, le collaborateur qui travaillait dans l’hôtellerie peut mettre à profit des compétences telles que la maîtrise des langues étrangères ou le sens du contact client.

Ce contrat de travail permet donc à un collaborateur d’exercer différents métiers au cours d’une même journée et à l’entreprise de limiter le recours aux CDD saisonniers. « Outre des formations, un salaire à 100 %, la découverte d’un autre environnement et d’autres missions, les volontaires ont aussi été récompensés avec des primes d’affectation temporaire pour celles et ceux qui avaient rejoint des postes à statut ou à coefficient plus élevés”, explique Guillaume Da Cunha, vice-président RH de Disneyland Paris, dans les colonnes du journal L’hôtellerie-restauration.

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Vers un accord collectif sur la polycompétence

Au terme de l’expérience, en octobre dernier, un tiers des salariés de l’hôtellerie, soit 350 personnes, avaient été affectés à d’autres postes, sur la base du volontariat. Les équipes RH du parc d’attraction travaillent actuellement à la création de filières métier au sein desquelles cette polycompétence pourra se développer : « Cela ne concernera pas tous les métiers. L’objectif est de proposer un accord collectif que nous aimerions signer au mois de juin. »

La conclusion d’un pareil accord ferait figure de première en France. De quoi, peut-être, créer des émules en quête de davantage de flexibilité au travail ?

Par Maïté Hellio

Reporter tout terrain et pianiste, aime quand les mots et les notes sonnent juste !

Commentaire (1)
  • Par FREZIER

    Il y a déjà suffisamment d’abus. Un accord collectif reste figé. Or la situation actuelle est provisoire. Y faire face est valeureux! En voir là un moyen supplémentaire pour malmener la carrière des salariés et la rabaisser, (à moyen terme), n’est pas acceptable!

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