« Cher candidat »: ces cartes postales qu’un recruteur rêve d’écrire

Si vous pouviez écrire une carte postale à vos candidats, à quoi ressemblerait-elle ? On s’est prêté au jeu pour vous.

cartes postales candidat
Et vous, qu'auriez-vous envie d'écrire à vos candidats ? © Photobeps/stock adobe.com

Un recruteur ne peut pas dire à ses candidats tout ce qui lui passe par la tête. Par devoir professionnel avant tout, mais aussi par politesse et par respect. Ces cartes postales fictives donnent la parole à ces pensées inavouables qui vous habitent après un entretien raté, un silence radio inexpliqué ou un échange avec un candidat parfait que vous craignez de laisser filer.

« Cher candidat fantôme »

Neuf employeurs sur dix ont déjà vu un candidat disparaître en cours de processus de recrutement, sans plus jamais donner de nouvelles, confirme une étude menée par Delphine Minchella, enseignante-chercheuse à l’EM Normandie. Le phénomène touche tous les secteurs et intervient souvent après au moins un entretien, précisément quand le recruteur a déjà investi du temps et souvent mis le poste en attente.

La situation typique : Un candidat de 28 ans, développeur web, en poste, candidate « pour voir » dans votre PME tech d’une cinquantaine de salariés. Après le deuxième entretien, plus de nouvelles.

La carte postale

Cher candidat fantôme,

Vous avez passé deux entretiens, vous avez rencontré le manager, puis vous nous avez envoyé un message enthousiaste le mardi soir. Depuis, plus rien. Ni réponse à nos appels, ni retour à nos e-mails. Nous lançons cette dernière bouteille à la mer, sans trop d’espoir d’avoir un signe de vie de votre part.

Nous avons attendu dix jours avant de comprendre qu’il ne fallait plus compter sur vous. Ce que vous ne savez peut-être pas : le poste est resté ouvert trois semaines de plus à cause de ce silence. Trois semaines pendant lesquelles nous avons guetté le moindre signe de vie, comme on surveille son téléphone depuis la plage en espérant un message qui ne vient pas.

Un « non merci » tient en deux mots. Nous en aurions été reconnaissants.

Votre chargée de recrutement, rentrée de vacances sans nouvelles de vous

« Chère candidate surqualifiée »

Depuis 2024, le taux de chômage remonte, les mobilités professionnelles se complexifient et certains cadres acceptent de revoir leurs ambitions à la baisse pour retrouver de la stabilité ou changer de trajectoire. Les recruteurs reçoivent régulièrement des profils dont la qualification dépasse celle requise pour le poste ouvert sans que les candidats n’expliquent forcément pourquoi.

La situation typique : Forte de 15 ans d’expérience dans le retail, une directrice commerciale de 42 ans candidate pour un poste de chargée de clientèle dans une ETI industrielle. Elle vous a envoyé son CV, sans lettre ni mail d’accompagnement.

La carte postale

Chère candidate surqualifiée,

Votre CV nous a déconcertés. Quinze ans d’expérience, deux postes de direction, un passage à l’international, pour une offre de chargée de clientèle. Nous vous avons quand même reçue, par curiosité autant que par courtoisie.

Vous étiez brillante. Vraiment. Mais vous ne nous avez jamais expliqué pourquoi vous étiez là, malgré nos questions.

Cet entretien ressemblait à une carte postale anonyme. Photo de paysage splendide, texte soigné, mais aucune indication de l’expéditeur. Nous avons passé la moitié du temps à jouer aux devinettes : Retour volontaire à un rôle opérationnel ? Besoin de souffler après des années à plein régime ? Une phrase aurait suffi à nous convaincre. Il n’est peut-être pas trop tard.

Votre recruteur, qui espère pouvoir vous donner une seconde chance

« Cher candidat sur-entraîné »

Les candidats se préparent de mieux en mieux aux entretiens, notamment grâce aux solutions de coaching IA, et c’est une bonne chose. Mais cette préparation ne doit pas entraver la spontanéité de l’échange. Car, c’est souvent hors-script que les recruteurs évaluent la capacité d’adaptation du candidat.

La situation typique : Un jeune diplômé d’une école de commerce, candidate à un poste de chargé de marketing dans une grande entreprise du CAC 40. Vous lui faites passer un premier entretien en visio, premier tour d’un processus de recrutement en trois étapes.

La carte postale

Cher candidat sur-entraîné,

Vous connaissiez par cœur notre chiffre d’affaires 2025, le parcours professionnel de votre potentiel manager et la couleur de notre dernière campagne marque employeur. Nous avons été littéralement impressionnés pendant exactement douze minutes.

Ensuite, nous avons posé une question imprévue : « Expliquez-nous comment vous géreriez un désaccord avec votre manager ? »

Vous avez regardé vos notes. Vous avez souri. Vous avez botté en touche et répondu à une question différente, visiblement préparée celle-là. Bref, vous avez perdu pied et le poste par la même occasion. Comme ces vacanciers qui arrivent en vacances avec un programme millimétré et qui ne voient pas la mer de leur séjour parce qu’ils ont les yeux rivés sur leur planning.

La préparation, c’est bien. Savoir lever les yeux du guide, c’est mieux.

Votre recruteuse, qui cherchait la personne derrière la présentation

« Chère serial candidate »

Les jobboards ont considérablement facilité l’acte de candidature. Résultat : certains candidats multiplient les candidatures dans la même entreprise, parfois sur des métiers très différents, en espérant qu’une porte s’ouvre. Côté recruteur, l’ATS regroupe toutes ces candidatures au même endroit et le signal envoyé n’est pas toujours très positif : candidat qui se disperse, qui ne sait pas ce qu’il veut, peu rigoureux, peu investi…

La situation typique : Une candidate de 31 ans, profil polyvalent issu du secteur associatif, candidate simultanément dans une grande mutuelle à des postes de chargée de communication, de coordinatrice RH et de responsable de formation.

La carte postale

Chère serial candidate,

Vous avez candidaté à trois postes différents chez nous. Le même jour. Même CV, même lettre de motivation. Pour des métiers qui n’ont entre eux qu’un point commun : ils sont tous dans notre entreprise.

Nous comprenons la logique. Jeter ses filets large, comme on met plusieurs options sur différentes destinations de vacances en attendant de voir comment les prix des billets de transport évoluent pour prendre sa décision. Ce que vous ne voyez pas de votre côté : nous, nous voyons les trois candidatures en même temps, dans le même outil.

Et cela ne nous a pas aidé à comprendre quelle était votre vraie destination.

Votre recruteur, qui a quand même transmis l’une de vos trois candidatures au bon manager

« Chère candidate parfaite »

Trouver un candidat sans point faible identifiable est rare. Et paradoxalement, ce cas de figure crée un problème différent : le recruteur cherche le défaut là où il n’y en a pas, se demande si le profil ne va pas partir au bout de six mois, hésite à faire une offre trop vite. Le processus de recrutement dure en moyenne 12 semaines pour un cadre selon l’Apec. Autant dire que quand tout s’accélère, c’est déstabilisant.

La situation typique : Une candidate de 50 ans, responsable RH avec vingt-deux ans d’expérience dans l’industrie agroalimentaire, candidate à un poste de DRH adjointe dans une entreprise de services de taille intermédiaire. Deux entretiens, zéro réserve côté recruteur.

La carte postale

Chère candidate parfaite,

Vous avez tout : le parcours, la posture, les bonnes questions au bon moment. Vous avez ri à la bonne blague du manager et posé la bonne question sur la culture d’équipe. Vous êtes arrivée avec cinq minutes d’avance et vous avez sympathisé avec la personne à l’accueil.

En réunion de débriefing, personne n’a trouvé quoi que ce soit à redire. C’est rare et même un peu déstabilisant.

On s’est demandé si vous étiez trop bien pour ce poste et si vous partiriez dans six mois si l’on vous recrutait. On vous a demandé si vous aviez d’autres offres en cours (évidemment que oui).

Nous vous avons tout de même fait une offre, parce qu’à un moment, il faut arrêter de chercher l’orage quand le ciel est dégagé.

On attend votre réponse, en espérant que vous direz oui.

Votre recruteuse qui a vérifié sa boîte mail trois fois ce matin

« Cher candidat revenant »

Les candidats qui refusent un poste puis repostulent sont plus fréquents qu’on ne le croit et souvent mal reçus, à tort. Un refus peut tenir à un timing, à une contre-offre, à une situation personnelle. Quand la même personne revient huit mois plus tard, c’est rarement par hasard. Le recruteur, lui, a souvent gardé le dossier. Et parfois, le poste aussi.

La situation typique : Un infirmier de 34 ans, spécialisé en soins intensifs, avait décliné un poste de nuit dans un CHU de taille moyenne pour rester proche de sa famille. Huit mois plus tard, il repostule sans un mot d’explication.

La carte postale

Cher candidat revenant,

Il y a huit mois, nous vous avions proposé le poste et vous l’aviez décliné. Pas de problème : cela arrive, et vous l’aviez fait avec beaucoup d’élégance : un mail court, une explication sobre, une porte laissée ouverte.

Vous avez reposté votre candidature hier sans mention de ce premier échange, sans message d’introduction, comme si nous nous rencontrions pour la première fois. Comme ces voyageurs qui reviennent dans le même village chaque été et font semblant de découvrir la terrasse du café.

Ce qui est drôle, et un peu touchant, c’est que le poste est toujours vacant. Peut-être que cette fois, la saison vous convient mieux.

On vous rappelle la semaine prochaine.

Un recruteur qui avait gardé votre dossier et votre numéro

Pour afficher ce contenu issu des réseaux sociaux, vous devez accepter les cookies et traceurs publicitaires.

Ces cookies et traceurs permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d’intérêt.Plus d’infos.

Accepter

Ce qui attire les candidats ?
Pour le savoir, téléchargez notre enquête candidat-recruteur 2025.
Logo Buddi
Vous n’avez pas de temps à perdre ?
L’ATS Buddi est là pour vous aider à publier vos offres et à gérer vos candidatures

Bien s’équiper pour bien recruter

Logo Hellowork
Logo Stori
Logo Basile
Logo Magnet
Voir tous les outils