Que faire des candidats qui refusent la proposition d’embauche ?

Un « non » d’un candidat à une proposition d’embauche ne marque pas pour autant la fin de votre relation avec lui. Trois recruteuses nous livrent leurs astuces.

refus proposition d'embauche
Ce « non » est-il vraiment définitif ? © Sergey Nivens/stock adobe.com

La vie d’un recruteur est un parcours de montagnes russes. Un recrutement sur d’excellents rails, des étapes qui s’enchaînent à toute vitesse avec succès, un manager qui vous dit « go ! » et, soudain, la dégringolade : le candidat qui cochait toutes les cases et que vous vous prépariez déjà à accueillir décline votre proposition !

Les premières désillusions peuvent être rudes à encaisser, mais ne doivent pas vous conduire à vous remettre complétement en question. Et surtout, ce refus ne signifie pas que vous ne recroiserez jamais la route de ce candidat ou de cette candidate. Pour savoir comment tirer profit de la situation, nous avons questionné trois recruteuses.

Première étape : accepter son choix

D’abord, « il ne faut surtout pas se braquer », conseille Laure Brion, manager recrutement au sein du cabinet de conseil CGI France. La bonne attitude ? « Dire au candidat que l’on comprend sa décision et savoir l’accepter », recommande Noémie Mack, chargée de recrutement à la MAIF. Adopter une posture humble, à l’écoute et bienveillante est la meilleure manière de clore ce chapitre sur une bonne note.

Deuxième étape : comprendre les raisons du refus

Pour Odile da Costa Dias, responsable Talent Acquisition chez Volvo Group, il est primordial de chercher à connaître les raisons de ce refus : « Ces échanges sont précieux, car ils permettent d’identifier d’éventuels points d’amélioration dans nos pratiques internes ou dans le contenu de l’offre d’emploi. Lorsque les motifs de refus sont récurrents, cela peut révéler un décalage avec le marché de l’emploi, qu’il est alors important d’analyser et, si nécessaire, de réajuster. »

« Il faut faire l’effort de rappeler le candidat pour comprendre les raisons de son choix », approuve Laure Brion. Parmi les motifs de refus les plus souvent avancés par les candidats, la recruteuse liste un salaire pas assez élevé, la mission en elle-même, un délai trop long de réponse, une contre-proposition d’une autre entreprise.

Attention, « le candidat ne vous dira peut-être pas spontanément la véritable raison, d’où l’importance d’essayer de le mettre en confiance pour révéler la vraie cause », préconise Noémie Mack. « Connaître ses vraies motivations vous permettra de savoir quels éléments seraient les plus susceptibles de le convaincre s’il candidate à nouveau dans le futur. »

Troisième étape : évaluer si ce refus est définitif ou pas

En fonction des causes du refus et des concessions que vous êtes prêt à faire, la partie n’est peut-être pas finie. « Si c’est une question de salaire, par exemple, renseignez-vous pour savoir s’il est possible de revoir la fourchette à la hausse », suggère Laure Brion. Vous pouvez aussi échanger avec votre équipe afin de voir si le profil ne correspond pas mieux à un autre poste ouvert.

Quatrième étape : exploiter le réseau du candidat

Le bon réflexe avant de raccrocher votre téléphone est de demander au candidat s’il peut vous recommander à des profils similaires parmi son réseau personnel ou professionnel. « Si vous avez soigné votre candidat, il aura envie de parler en bien de vous autour de lui », assure Laure Brion.

Cinquième étape : prendre régulièrement des nouvelles de lui

« Même si le recrutement n’aboutit pas, il est essentiel de maintenir une relation de qualité avec le candidat, afin qu’il conserve une expérience positive de l’entreprise », conseille Odile da Costa Dias.

Cela passe par prendre de ses nouvelles à des moments stratégiques, par exemple à la fin de sa période d’essai dans l’entreprise où il a finalement été embauché. « Planifiez des notifications pour vous rappeler de lui envoyer un mail à ce moment-là, ça l’incitera à penser à vous en premier quand il sera à nouveau à l’écoute du marché », affirme Laure Brion.

De son côté, Noémie Mack a pour habitude d’envoyer un mail de bonne année aux candidats qui ont dernièrement décliné ses offres d’embauche pour savoir où ils en sont de leur parcours professionnel.

Sixième étape : lui envoyer des informations susceptibles de l’intéresser

Enfin, pour des profils pénuriques, la chargée de recrutement de la MAIF conseille d’envoyer régulièrement à ses candidats en vivier « des informations sur les prochains événements professionnels susceptibles de les intéresser ou bien des articles pour faire leur veille sur leur secteur. Mais on ne peut prendre ce temps que si l’on recrute des profils pénuriques, sinon c’est chronophage », concède-t-elle.

Dans tous les cas, n’oubliez jamais que ce candidat qui vous a filé entre les doigts postulera peut-être à nouveau demain chez vous. « Maintenir le lien avec les candidats qui ne nous rejoignent pas tout de suite peut paraître une perte de temps ou un geste inutile, mais c’est un pari gagnant sur tous les tableaux : on gagne de l’argent, du temps et on renforce notre marque employeur. Partir sur une bonne image est la meilleure manière de mettre toutes les chances de notre côté pour que le candidat accepte une nouvelle proposition si on le recontacte », conclut Noémie Mack.

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