Semaine de travail de quatre jours : l’Espagne l’expérimente à grande échelle

Le gouvernement espagnol va tester pendant trois ans dans 200 entreprises volontaires la semaine de travail de quatre jours, sans réduction de salaire.

200 entreprises-pilotes espagnoles vont passer à la semaine de quatre jours de travail début 2022.
200 entreprises-pilotes espagnoles vont passer à la semaine de quatre jours de travail début 2022. © Maxim/stock adobe.com

Travailler quatre jours par semaine sans baisse de salaire : l’idée fait son chemin dans plusieurs pays, alors que la crise sanitaire a remis en question nos façons de travailler. Après l’Islande, c’est au tour de l’Espagne de tester cette formule. Le gouvernement de Pedro Sanchez a décidé de lancer une expérience à grande échelle, à partir de 2022, au sein de 200 entreprises volontaires.

Le principe : les salariés travailleront 32 heures hebdomadaires payées 40 heures et les pouvoirs publics compareront, au bout de trois ans, les effets de cette politique avec les résultats des autres entreprises qui ont conservé un emploi du temps classique.

Augmentation de la productivité et meilleur équilibre de vie

Ce test vise notamment à favoriser un meilleur équilibre vie pro/vie perso pour les collaborateurs et à créer un cercle vertueux aboutissant à un accroissement du bien-être au travail, à une augmentation de la productivité et du chiffre d’affaires et à une réduction du taux d’absentéisme.

Si on se réfère au précédent islandais, l’expérience menée entre 2015 et 2019 avait été plutôt concluante. La productivité s’était maintenue ou avait augmenté au sein des établissements-pilotes et les agents publics concernés s’étaient déclarés moins stressés qu’auparavant grâce à une meilleure conciliation de leur vie professionnelle et de leur vie personnelle.

Semaine de travail de 4 jours en Islande : le test à grande échelle rencontre un vif succès

Les craintes des détracteurs

Des voix s’élèvent déjà dans l’opposition espagnole et parmi certains économistes, qui émettent des doutes sur la capacité des travailleurs à absorber en quatre jours la charge de travail effectué en cinq jours. Est également pointé du doigt le coût de l’expérimentation : une facture de 50 millions d’euros assumée par l’Etat.

L’option belge

En Belgique, le gouvernement fédéral planche aussi sur la semaine de quatre jours mais pencherait pour une solution différente : non pas une réduction du temps de travail hebdomadaire mais une concentration des 38 heures effectuées en cinq jours sur quatre jours. Ce qui pourrait porter le volume horaire quotidien de travail à 9h30. La mesure doit encore être débattue par les partenaires sociaux.

La semaine de quatre jours : c’est faisable et ça fonctionne !

Et en France ?

En France, la question du temps de travail est un serpent de mer qui ressurgit à chaque campagne présidentielle. Il y a quelques jours, Anne Hidalgo, candidate socialiste à l’élection, appelait à repenser le temps de travail en ouvrant des négociations de branche ou interprofessionnelles.

Dans une interview sur France 3, dimanche 10 octobre, la maire de Paris a affirmé qu’aller « vers une augmentation du travail [était] un contresens », notamment pour les professions qui ont été en première ligne durant la pandémie. Elle laisse la porte ouverte à la semaine de 32h de travail car, même si ce n’est « pas à un président de décider, le politique est là pour donner une impulsion ».

Par Maïté Hellio

Reporter tout terrain et pianiste, aime quand les mots et les notes sonnent juste !

Ajouter un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

L'actu RH

dans votre boite mail

Recevez l’essentiel de l’actualité RH

En cliquant sur « S'inscrireOk », vous acceptez les CGU et la politique de traitement de vos données personnelles.