« Comment mon entreprise est passée à la semaine de 4,5 jours »

Paul-Henri Roux, DRH chez Altereo, une société d’ingénierie, de conseil et d’édition de solutions digitales pour l’eau, la ville et les territoires, nous explique comment son entreprise est passée à la semaine de 4,5 jours.

paul-henri roux, DRH Altereo
« Notre excellent score Great Place to Work repose en partie sur l’ambiance de travail que l’on doit notamment à cette semaine raccourcie. » © Hellowork/photo Altereo

« L’idée de la semaine de 4,5 jours a commencé à germer dans nos esprits il y a trois ans, au moment de l’arrivée de notre nouveau président et du rachat d’une petite entreprise qui, elle, était déjà passée à ce rythme de travail hebdomadaire. »

« A l’époque, nous subissions un turnover important, qui dépassait la moyenne pour les métiers de l’ingénierie. Cela entraînait des coûts colossaux en termes de remplacement de personnel et générait des pertes importantes de productivité, puisqu’il fallait former en permanence de nouveaux collaborateurs. Nous nous sommes dit que la semaine de 4,5 jours pouvait être une solution pour fidéliser davantage. »

« On n’avait pas osé y penser et vous l’avez fait »

« Nous avons d’abord interrogé notre Codir et nos managers sur ce projet. Bien évidemment, il y a eu quelques inquiétudes, car cette disposition supposait de réorganiser le travail des équipes, notamment celles des techniciens terrain, mais globalement ça a été bien accueilli. »

« Ensuite, nous avons informé notre CSE et avons signé avec eux un nouvel accord sur la durée du travail. Les élus n’en ont pas cru leurs yeux, ils nous ont dit : « On n’avait même pas osé y penser et vous l’avez fait ! ». Le 1er janvier 2023, les 250 collaborateurs d’Altereo sont passés à la semaine de 4,5 jours, d’abord à titre expérimental, sur un an et avec l’hypothèse de revenir en arrière si jamais c’était un échec. Certains nous ont reproché une transition trop rapide pour s’organiser, en particulier pour la garde de leurs enfants, mais, en grande majorité, les salariés se sont rapidement adaptés. »

« À 12h30, le vendredi, on est en week-end ! »

« Nous sommes donc passés de 39h de travail hebdomadaire sur cinq jours, à 38h sur quatre jours et demi, sans réduire les salaires. À 12h30, le vendredi, on est en week-end ! La pause déjeuner a été resserrée sur une heure (contre 1h30 auparavant) et on commence à travailler un peu plus tôt le matin. »

« Notre turnover a été divisé par 3 en trois ans »

« Les retombées de cette décision ont été très positives. On a immédiatement observé des effets positifs sur l’ambiance générale. Et à plus long terme, on voit que notre turnover a été divisé par 3 en trois ans. Cette fidélisation règle une partie des difficultés de recrutement auxquelles de nombreuses entreprises sont confrontées aujourd’hui. Elle nous permet aussi d’investir davantage dans la formation et l’accompagnement de nos collaborateurs, parce qu’on sait qu’ils vont rester plus longtemps dans l’entreprise. Et cela crée un cercle vertueux : nos collaborateurs prennent des responsabilités, ils peuvent encadrer des jeunes, ce qui nous permet d’en recruter plus. En tant que DRH, c’est extrêmement gratifiant de pouvoir faire monter en compétences et en responsabilités des collaborateurs qui ont du potentiel. »

« La semaine de 4,5 jours nous permet aussi de gagner en attractivité auprès des candidats parce que nous sommes le seul bureau d’étude dans notre secteur d’activité à proposer cette organisation du travail et qu’ils sentent qu’ils vont rejoindre une entreprise où ils s’épanouiront. Ce sentiment est renforcé par la présentation de l’entreprise sur notre site carrière, la rédaction un peu décalée de nos offres d’emploi et, surtout, par la présence, depuis deux ans, du label Great Place To Work, qui contribue énormément à renforcer notre marque employeur. »

« La semaine de 4,5 jours ne s’est pas traduite par une augmentation de la charge mentale »

« Autre élément qui était fondamental pour nous : ce changement ne s’est pas traduit par une baisse de la productivité : les résultats des trois dernières années ont été très bons. »

« La densification du temps de travail sur 4 jours et demi n’a pas entraîné d’augmentation de la charge mentale de nos collaborateurs. Il faut dire qu’être en week-end dès vendredi après-midi permet aussi de se libérer l’esprit plus efficacement. Notre CSE suit en permanence cet indicateur de santé à partir de la plateforme de soutien psychologique Néa RH+, qui fournit des statistiques sur son utilisation par les collaborateurs. Et je dois dire qu’il n’y pas eu de chute de moral du fait du passage à la semaine de 4,5 jours. »

« Ce qui est certain, c’est que notre excellent score Great Place to Work repose en partie sur l’ambiance de travail que l’on doit notamment à cette semaine raccourcie. Aujourd’hui, il est hors de question de revenir en arrière. Tout le monde trouve la semaine de 4,5 jours géniale ! »

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