Impact de l’IA sur l’emploi : l’étude de la BCE qui rassure

Contrairement aux idées reçues, les entreprises qui utilisent le plus l’IA sont aussi celles qui recrutent le plus, selon deux économistes de la BCE.

flèche à la hausse
Les entreprises qui font un usage important de l'IA ont environ 4 % plus de chances d’embaucher du personnel supplémentaire. © iamchamp / Stock.adobe.com

La « job apocalypse », cette vague de suppressions massives d’emplois provoquée par l’IA que beaucoup craignent, aura-t-elle lieu ? Une étude réalisée par deux économistes de la Banque centrale européenne (BCE) auprès de 5 000 entreprises se veut plutôt rassurante. Pour l’instant du moins.

Les entreprises qui utilisent le plus l’IA embauchent davantage

La BCE distingue les entreprises selon leur intensité d’usage de l’IA et le résultat est net : les entreprises qui font un usage important de l’IA ont environ 4 % plus de chances d’embaucher du personnel supplémentaire. Celles qui investissent dans l’IA ont, quant à elles, près de 2 % de chances supplémentaires de recruter par rapport à celles qui n’investissent pas.

Deux logiques expliquent ce phénomène. Certaines entreprises recrutent pour développer et déployer les technologies d’IA tout en maintenant leurs processus existants. D’autres s’appuient sur l’IA pour accélérer leur croissance, stratégie qui génère, à son tour, des besoins en effectifs. Dans les deux cas, l’IA ne comprime pas la masse salariale, elle l’élargit.

Cet effet est particulièrement marqué dans les petites structures. Dans les grandes entreprises en revanche, l’IA n’a, à ce stade, aucun impact mesurable sur l’emploi, à la hausse comme à la baisse.

L’usage de l’IA pour la R&D tire les embauches

Pourquoi certaines entreprises qui utilisent l’IA embauchent-elles plus que d’autres ? Selon l’étude de la BCE, cela dépend beaucoup de l’usage qu’elles font de cette technologie. Les entreprises qui mobilisent l’IA pour la R&D et l’innovation sont celles qui contribuent le plus à la croissance globale de l’emploi observée dans l’étude. « Bien qu’il ne soit pas possible de déterminer le profil des travailleurs embauchés à partir de la seule enquête, il est probable que nombre d’entre eux soient des employés hautement qualifiés, capables d’utiliser et de développer les technologies d’IA », écrivent les deux signataires de l’étude, Laura Lebastard et David Sondermann.

À l’inverse, les entreprises qui utilisent l’IA principalement pour réduire leurs coûts de main-d’œuvre connaissent des effets négatifs sur les embauches et des effets positifs sur les licenciements. Mais ce cas de figure reste minoritaire : seulement 15 % des entreprises utilisant l’IA citent la réduction des coûts salariaux comme motivation première. Un chiffre qui ne permet pas d’inverser la tendance globale.

Et dans un an ? Les intentions restent positives

L’étude ne se limite pas aux pratiques actuelles : elle interroge aussi les entreprises sur leurs projets à 12 mois. Et il en ressort que les entreprises qui prévoient d’investir dans l’IA dans l’année à venir anticipent davantage de créations de postes que celles sans projet d’investissement, et ce, indépendamment de leurs prévisions d’investissement global. Autrement dit, l’IA n’est pas perçue, à court terme, comme un frein aux recrutements.

La BCE précise toutefois que ces conclusions pourraient évoluer sur un horizon plus lointain. Une enquête du centre de recherche allemand Ifo Institute indique également que de nombreuses entreprises allemandes anticipent des suppressions d’emplois liées à l’IA d’ici cinq ans.

Ce que cela change pour les recruteurs

Les résultats de cette étude de la BCE ne signifient pas que l’IA est sans effet sur les métiers ou les compétences recherchées. Ils indiquent que, pour l’heure, les entreprises européennes sont plus susceptibles d’embaucher du personnel supplémentaire pour utiliser et déployer l’IA que de réduire leurs effectifs.

Pour les recruteurs, cela se traduit concrètement : les besoins en profils capables de travailler avec l’IA sont en hausse. L’enjeu n’est plus d’anticiper une vague de licenciements, mais de se préparer à sourcer des compétences rares, dans un marché où la demande pour ces profils ne fera que croître.

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