Le flex office généralisé ? Il reste encore du chemin !

Lors de notre dernière enquête sur l’avenir des bureaux, nous nous sommes penchés sur l’organisation de nos lieux de travail, et notamment sur le flex office.

flex office
Pour les réticents au flex office, le bureau attitré est une des clés de la productivité ! © Богдан Скрипник - stock.adobe.com

Le flex office, c’est quoi ? Une organisation qui sonne la fin des bureaux attitrés, une nouvelle façon d’envisager le lieu de travail avec plus de souplesse et d’autonomie… ou avec trop peu de repères, selon les points de vue. Dans tous les cas, le sujet a inspiré les répondants de notre enquête !

Le flex office ou la promesse d’un quotidien inspirant et créatif

Du côté des actifs interrogés, 11% pratiquent actuellement le flex office et 11% ont eu l’occasion de le pratiquer par le passé. Une majorité de ceux qui y ont goûté (63%) ont un peu ou beaucoup aimé l’expérience.

Les arguments en faveur du flex office ne sont pas aussi bigarrés que ceux dont nous allons faire le tour ensuite ! En résumé, les adeptes de cette organisation plébiscitent l’absence de routine : « chaque jour, un nouveau jour, une nouvelle place, de nouveaux collègues et de nouveaux échanges ! » Liberté, autonomie, productivité, créativité… voilà ce que mettent en avant les salariés peu convaincus par un quotidien où les jours et les gens se suivent et se ressemblent.

Le flex office est aussi apprécié parce qu’il répond à l’évolution du monde du travail et à ses nouvelles règles du jeu. Quel intérêt pour une entreprise qui pratique le télétravail plusieurs jours par semaine de conserver de nombreux bureaux inutilisés ? D’autant que les outils qui permettent de faciliter le flex office sont d’ores et déjà intégrés à la vie de très nombreuses structures. Il y a quelques semaines, Google présentait sa vision des bureaux du futur, avec un aménagement hybride adapté au télétravail, aux nouveaux impératifs de sécurité sanitaire et faisant la part belle au flex office. Plutôt séduisant d’ailleurs…

Ceux qui n’ont pas été convaincus par leur expérience du flex office

Parmi les réticents, certains ne cachent pas qu’ils sont tout simplement… réfractaires au changement ! Du côté des salariés qui n’ont pas encore expérimenté le flex office, 57% ne sont plutôt pas, voire pas du tout prêts à se lancer dans l’aventure. Ils ont besoin de leurs rituels quotidiens, leur bureau attitré fait figure de safe place. D’autres voient le flex office comme une forme de punition, assimilé à des références liées à l’enfance : « C’est comme de n’avoir plus sa chambre chez ses parents, ça coupe une part de l’attachement à l’entreprise« , ou bien « C’est la course pour un poste, comme ça l’était à la cantine au collège. »

En supprimant les repères, on touche à l’espace personnel, à un registre qui relève de l’intime. Les salariés n’ont pas envie qu’on touche à leurs affaires, pas plus qu’ils n’acceptent que les affaires des autres envahissent leur bureau. Les répondants à notre enquête parlent de sentiment d’incertitude, d’abandon, d’inconfort et de précarité. Ils disent avoir l’impression « d’être un peu un numéro« , voire « un parasite cherchant une place libre. » Le flex office évoque parfois un « jeu de chaises musicales peu gratifiant » ou la sensation d’être « des animaux dans une étable. »

L’aspect pratique est largement cité par les plus pragmatiques : ils préfèrent avoir leur matériel sous la main, retrouver leurs dossiers sur leur poste fixe d’un jour à l’autre. Ils pointent la perte de temps associée au fait de devoir ranger leurs affaires à la fin de chaque journée. Pour les réticents au flex office, le bureau attitré est une des clés de la productivité !

enquete avenirs des bureaux

Les salariés s’inquiètent aussi de leur manque de confort : il faudrait prendre le temps d’adapter un nouveau poste chaque matin (régler le dossier d’une chaise ou la hauteur d’un écran…) et prendre le risque de n’avoir d’autre choix que celui d’un bureau qui ne convient pas. Une personne interrogée cite ainsi sa sensibilité à la lumière, et les migraines potentielles qui résulteraient d’une journée passée assise à un bureau face à une fenêtre.

Enfin, en flex office comme en philosophie, « l’enfer, c’est les autres » ! Manque d’hygiène, mauvaise organisation, voire, à l’extrême, une petite tendance au vol… le flex office nous fait craindre le pire de la part de nos collègues. Cette tâche inquiétante sur le siège, ce flacon de gel hydroalcoolique étonnement intacte, ce cheveu près de notre écran… est-ce vraiment un cheveu d’ailleurs ?

Oui au flex office, à condition que…

En résumé, l’idée du flex office cristallise quelques enjeux humains de la vie pro ! Après avoir appris à vivre ensemble dans des bureaux aux portes fermées, puis en open space, l’heure serait venue d’apprendre à vivre ensemble sur un lieu entièrement partagé ? Pourquoi pas, mais pour que cela fonctionne, les entreprises qui veulent se lancer ont tout intérêt à organiser, consulter, accompagner, communiquer… et à réfléchir à la manière dont le flex office s’imbrique dans leur stratégie marque employeur et leur culture d’entreprise !

Flex office : est-ce la fin des bureaux attitrés ?

Par Stéphanie Davalo

Lead Content Manager chez HelloWork depuis 2018

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