« Comment j’ai converti mon équipe recrutement à l’IA en 6 mois »

Vanessa Périllat, VP Talent acquisition chez Sfeir, une société de transformation digitale, nous raconte comment elle a embarqué son équipe dans l’aventure IA.

Vanessa Périllat, VP Talent acquisition chez SFEIR
« De mars à septembre 2024, nous sommes passés de 10% à 90% d’adoption quotidienne de l’IA au sein de mon service. » © Hellowork/Photo SFEIR

« Chez Sfeir, nous sommes en veille sur les technologies de rupture. Parmi nos 1 000 collaborateurs, 9 sur 10 sont des experts techniques ; ils ont donc logiquement adopté très tôt le réflexe de l’IA générative. Personnellement, c’est début 2024 que j’ai eu mon déclic IA : j’avais un poste important à pourvoir, le hiring manager avait peu de temps à me consacrer et cherchait un mouton à 5 pattes. J’ai partagé les quelques éléments de brief que j’avais avec l’IA et elle m’a sorti :

  • les points sur lesquels challenger le hiring manager ;
  • les stratégies de sourcing ;
  • des modèles d’offres d’emploi. »

Des ateliers pour lister l’ensemble des tâches des recruteurs

« J’ai été bluffée et j’ai décidé d’embarquer toute mon équipe dans l’adoption de l’IA. La première étape a été d’identifier, parmi mes 20 recruteurs, les novateurs, les premiers adoptants. Ces derniers ont pris part à des ateliers où l’on a listé ensemble toutes les tâches que les recruteurs faisaient en se posant 3 questions : est-ce chronophage ? Est-ce une tâche qui nécessite une intervention humaine ? Et les premiers résultats fournis par l’IA sont-ils exploitables ? Cette analyse nous a permis d’identifier 30 cas d’usage pertinents de cette technologie. Les premiers adoptants les ont ensuite testés pour voir la valeur apportée par l’IA. »

« A la suite de ces expérimentations, nous avons choisi d’utiliser l’IA pour :

  • le briefing de poste avec le manager ;
  • la rédaction d’offres d’emploi ;
  • la définition de stratégies de sourcing ;
  • la rédaction de messages d’approche ;
  • la rédaction de mails personnalisés de suivi de candidature ;
  • l’élaboration de scorecards ;
  • la préparation des entretiens d’embauche ;
  • la transcription d’entretiens ;
  • l’écriture de posts LinkedIn ;
  • le coaching de soi-même et le coaching des équipes. »

« L’étape suivante a été d’embarquer une deuxième vague de recruteurs, la « majorité précoce », en demandant aux premiers adoptants de guider leurs usages, d’expliquer les bénéfices de l’IA, d’encourager les tests. »

« Ensuite, nous avons proposé aux moins à l’aise avec la technologie, « la majorité tardive », de les former. Nous leur avons aussi donné accès à une bibliothèque de prompts pour les aider à apprivoiser l’outil. Enfin, lorsqu’on déploie une nouvelle technologie, il y a toujours 10% à 15% de réfractaires. J’ai compris qu’il était inutile de vouloir les embarquer à tout prix : soit ils quitteront l’entreprise, soit ils changeront de métier. »

« L’IA est un coéquipier qui nous challenge pour aller plus loin »

« Au total, de mars à septembre 2024, nous sommes passé de 10% à 90% d’adoption quotidienne de l’IA au sein de mon service. En 2025, nous avons recruté 250 collaborateurs, principalement des profils pénuriques spécialisés en cloud, IA, data, software. Sur ce type de recrutement, l’IA nous aide à gagner un temps qu’on peut réinvestir dans la relation avec le candidat et le coaching des hiring managers. Elle nous permet aussi de nous concentrer sur la stratégie : anticiper les besoins en compétences, les compétences du futur, redessiner une marque employeur « IA-first », améliorer nos processus de recrutement. Aujourd’hui, je vois l’IA comme un coéquipier qui nous pousse dans nos retranchements et nous challenge pour aller plus loin. »

« Ce que j’ai appris de cette expérience, c’est que la prise en main de la technologie représente 30% du défi de l’adoption de l’IA. Les 70% restant sont de l’ordre de l’humain. L’erreur que j’ai d’abord commise est d’avoir voulu embarquer tout le monde d’un coup. Il faut avoir en tête que chaque collaborateur aura un rythme différent d’adoption de l’outil, ce qui rend nécessaire de penser au coaching individuel. Un autre conseil pour que cette culture IA infuse, c’est d’être soi-même convaincu des bénéfices de cette technologique en tant que responsable recrutement. Mais aussi de convaincre la direction de « mettre elle-même les mains dans l’IA ». Cette implication de la direction donne un leadership, et permet également de fixer un cadre d’utilisation sécurisé de l’IA dans l’entreprise et de débloquer des budgets. »

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