Elles s’inventent un associé masculin pour être prises au sérieux. Et ça marche…

Sexiste, le monde de l’entrepreneuriat ? S’il n’est jamais bon de tirer des conclusions d’un exemple précis, l’histoire de Penelope Gazin et Kate Dwyer est tout de même symptomatique de certains maux. Les deux entrepreneuses californiennes ont fondé il y a un an un site e-commerce dans le domaine de l’art, Witchsy. Faisant face à divers doutes et remarques condescendantes liées (pensaient-elles) au fait qu’elles soient deux jeunes femmes, elles ont mis en place une technique surprenante qui s’est avérée efficace.

Ton condescendant de la part de prestataires, réponses qui se font attendre, manque de respect, et même un développeur à deux doigts de supprimer le site quand une des fondatrices a refusé un rendez-vous galant… Cela leur est alors venu comme une évidence. Elles allaient créer de toutes pièces un troisième associé, nommé Keith. Il a même un background : il a joué au foot US à la fac, est marié depuis 5 ans, il a hâte d’être papa… Keith est un type bien.

Et visiblement, Keith a du succès dans ses affaires. Depuis son arrivée (fictive) dans la société, les réponses sont arrivées beaucoup plus rapidement, mais en plus elles étaient beaucoup plus souvent positives et proactives. Avait-il besoin d’autre chose ? Comment pouvait-on lui être utile ? Plus les échanges se multipliaient, et plus cette différence de traitement se confirmait. La perception des interlocuteurs sur le projet et les missions était très différente en fonction de l’émetteur choisi, homme ou femme. Keith a obtenu beaucoup plus de respect, de retours positifs, se faisant plus facilement appeler par son nom (alors que Penelope et Kate avaient droit à de sympathiques « Les filles » ou équivalent).

L’anecdote est symbolique, alors que la Silicon Valley et plus largement le monde des start-ups n’a pas une image particulièrement dorée en matière d’égalité H/F. Si Keith Mann a pris sa retraite de Witchsy pour le moment, il a le mérite de mettre en lumière ce problème persistant.

Par Flavien Chantrel

Directeur éditorial, Flavien explore depuis plus de 15 ans les thématiques du recrutement, de la recherche d'emploi et de la marque employeur.

Commentaire (1)
  • Par Simone

    Il y a trente ans, j’ai développé un logiciel pour la sidérurgie, la requête principale étant que des personnes qui n’avaient jamais travaillé sur ordinateur et n’avaient aucune connaissance en informatique puissent s’en servir. Un jour je suis arrivée en salle de contrôle, et j’ai demandé aux deux techniciens qui s’en servaient si tout allait bien. Ils m’ont regardé d’un air méprisant et condescendant, et m’ont dit. Ça, c’est de l’informatique, ce n’est pas pour les gonzesses, vous n’y comprendriez rien, ce n’est même pas la peine d’essayer. En trente ans rien n’a changé.

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