Covid-19 : le retour des préretraites dans les grandes entreprises

Plusieurs grandes sociétés ont recours au départ en retraite anticipé de leurs collaborateurs pour faire face aux difficultés économiques induites par la crise sanitaire.

Les départs en préretraite se multiplient dans les grandes entreprises françaises.
© Mongkolchon/stock adobe.com

Délaissée depuis quelques années, la préretraite a fait son grand retour en 2020 à la faveur de la crise sanitaire. Une tendance qui devrait se confirmer cette année.

Michelin, Airbus, Safran, Sanofi, Renault, HSBC France, Aéroports de Paris… De grandes entreprises françaises ont choisi de proposer à leurs salariés seniors un départ à la retraite précoce, sur la base du volontariat.

Jusqu’à plusieurs milliers de départs en préretraite

Ce dispositif prévoit que l’employeur continue de verser au bénéficiaire 70 à 80% de son ancien salaire jusqu’au moment où il touchera sa retraite à taux plein. Il permet de ménager un départ en douceur pour les salariés seniors.

Cette fin de carrière avant l’heure concerne jusqu’à plusieurs milliers de collaborateurs dans certains groupes. « La disparition de quelque 3 000 postes en France résultera principalement de cessations anticipées d’activité », rapporte Jean-François Bequet, coordinateur syndical CGT chez Safran. Dans la branche aviation commerciale d’Airbus, 5 000 fins de carrière anticipées sont programmées.

La vie active des seniors s’allonge, la précarité augmente

Ajuster les effectifs de manière indolore

Si les entreprises utilisent ce dispositif, jugé le plus indolore, c’est pour « ajuster leurs effectifs à la réduction actuelle de leur activité mais elles peuvent aussi poursuivre une politique structurelle de baisse des effectifs », décrypte Annie Jolivet, économiste au centre d’études de l’emploi et du travail du Conservatoire national des arts et métiers, dans les colonnes du Monde.

Si employeurs et collaborateurs en fin de carrière plébiscitent la préretraite, cette solution n’est pas celle qui a la préférence du gouvernement. « En période de crise, les préretraites sont des amortisseurs sociaux et évitent des mesures sociales contraintes », fait savoir le ministère du Travail. Mais il faut vraiment que ces décisions soient justifiées par de réelles difficultés. Nos services sont très vigilants sur ce point. »

L’État a d’ailleurs mis en place en novembre dernier une alternative pour les actifs de plus de 57 ans éloignés de l’emploi : le « CDI inclusion ».

Emploi des seniors : un nouveau CDI pour les plus de 57 ans

Par Maïté Hellio

Reporter tout terrain et pianiste, aime quand les mots et les notes sonnent juste !

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