Pourquoi la santé mentale des salariés français s’améliore

Deux études évaluent les effets de la Grande cause nationale 2025, reconduite en 2026, sur la santé mentale des salariés français.

état santé mentale travailleurs 2026
77% des travailleurs français sont en bonne santé mentale. © Baromètre Qualisocial santé mentale et QVCT 2026

Bonne nouvelle en ce mois de janvier où l’on s’adresse nos meilleurs voeux de santé : la santé mentale des travailleurs français est meilleure qu’en 2025. Selon le baromètre Qualisocial santé mentale et QVCT 2026*, dévoilé le 15 janvier, 22% des travailleurs s’estiment en mauvaise santé mentale, contre 25% l’an passé. « La situation s’améliore nettement, après une période covid qui a provoqué une dégradation durable de la santé mentale, analyse Camy Puech, président fondateur du cabinet Qualisocial. Aujourd’hui, l’enjeu est de retrouver un niveau de santé mentale des travailleurs comparable à ce qu’on pouvait observer avant la crise sanitaire, ce qui devrait être le cas en 2030. »

Une tendance qui s’inscrit dans la lignée de l’étude publiée par Teale** le 13 janvier : l’indice mis au point par l’Organisation mondiale de la santé pour mesure l’état de santé mentale (le WHO-5) progresse de deux points par rapport à l’an dernier, pour atteindre le score de 51 sur 100.

Des nuances en fonction du secteur d’activité et du profil des travailleurs

Le baromètre Qualisocial pointe cependant des disparités en fonction des secteurs : l’hébergement-restauration, l’administration publique ainsi que les médias et la communication affichent les progrès les plus significatifs. A contrario, l’industrie, le transport et la logistique ainsi que l’hébergement médico-social et l’action sociale sont en stagnation, voire en légère baisse. « La santé mentale est principalement nourrie par trois facteurs : la bonne santé économique du secteur, le sentiment d’utilité et de satisfaction présent chez les travailleurs et l’alignement entre les objectifs à atteindre et les ressources et moyens mis à disposition par l’organisation », décrypte Camy Puech.

sante mentale par secteur 2026

Tous les salariés ne sont pas égaux face à la santé mentale. Teale pointe des fragilités persistantes chez les femmes et chez les non-managers, qui sont davantage affectés que les autres par la détérioration des relations de travail, la perte de sens, la baisse du sentiment de fierté et un manque de reconnaissance professionnelle.

Une libération de la parole portée par la Grande cause nationale…

Selon les spécialistes, la désignation de la santé mentale comme Grande cause nationale 2025 n’est pas étrangère à l’amélioration globale de celle-ci. « 56% des travailleurs ont entendu parler du sujet, ce qui a favorisé une libération de la parole et la levée de ce tabou dans la société comme au travail », observe la psychologue Clémentine Treppoz.

En revanche, la Grande cause nationale n’a pas eu, à date, d’effet significatif sur une augmentation des dispositifs de prévention mis en place par les entreprises : près d’un travailleur sur deux déclare toujours n’avoir aucune mesure dédiée à la santé mentale dans son organisation. « Les salariés s’outillent pour tenir tandis que l’organisation du travail progresse trop lentement pour protéger vraiment et durablement », analyse Nicolas Merlaud, cofondateur de Teale.

S’ils ne sont pas plus nombreux, les dispositifs mis en place ont cependant plus d’impact sur l’amélioration de la santé mentale que l’an dernier, preuve que les entreprises engagées sur le sujet savent cibler les actions les plus efficaces. Parmi celles-ci :

  • des campagnes de sensibilisation et d’information ;
  • des formations pour l’ensemble des salariés, pour les managers ;
  • l’accès à un psychologue, à un médiateur, à un coach ;
  • des dispositifs de signalement et de lutte contre le harcèlement (enquêtes…)…

Quelle feuille de route RH pour 2026 ?

« 86% des salariés bénéficiant d’un plan de prévention complet estiment que cela a permis une amélioration de leur santé mentale. C’est trois points de plus qu’en 2025. La sensibilisation à la santé mentale et aux leviers permettant de la préserver a donc un impact sur l’amélioration de la santé mentale », souligne Camy Puech.

Alors que la santé mentale a été reconduite Grande cause nationale en 2026, les entreprises doivent saisir cette opportunité pour l’inscrire à leur agenda RH. « Alors qu’en 2025, c’est l’absence de confiance en l’avenir qui avait l’impact le plus néfaste sur la santé mentale des salariés, ce sont aujourd’hui davantage des facteurs individuels comme le mauvais équilibre émotionnel et la faible connaissance et estime de soi, commente Clémentine Treppoz. Pour y répondre, l’entreprise peut déployer des politiques d’accompagnement de la gestion des émotions et accorder une plus grande attention à la reconnaissance des personnes au travail. »

Enfin, l’efficacité de ces actions doit être mesurée afin d’ajuster au mieux les pratiques managériales et l’organisation du travail. Parmi les indicateurs pertinents à suivre sur la durée :

  • l’absentéisme (nombre de jours, coût, motifs d’absence…) ;
  • le turnover ;
  • le désengagement (productivité perçue, qualité de coopération, initiative) ;
  • l’accès et l’utilisation des dispositifs de prévention de la santé mentale.

*Baromètre Qualisocial réalisé auprès de 3 000 travailleurs issus des secteurs privé et public âgés de 18 ans et plus, en France, en novembre 2025.

**Baromètre Teale de la santé mentale des salariés 2026, réalisé auprès de 10 000 salariés issus de plus de 100 entreprises de toutes tailles et de secteurs variés.

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