En mal d’embouteillages et de transports en commun, ils recréent leurs routines d’avant le télétravail

Le Wall Street Journal s’est penché sur le quotidien de salariés en télétravail qui se languissent de retrouver leurs trajets quotidiens entre le bureau et la maison.

la routine des trajets domicile bureau
Finalement, la lecture dans le bus et les torticolis, c'était pas si mal © Drazen - stock.adobe.com

Parmi les sujets liés au travail, le manque de frontière entre vie pro et vie perso est souvent pointé du doigt. Accusé par les uns de contribuer au mal-être de certains salariés, il est aussi considéré par d’autres comme une évolution sociétale à prendre en compte, sans souhaiter un véritable retour en arrière. Le Wall Street Journal a échangé avec des salariés à qui ce passage d’une vie à l’autre manque et, plus précisément, la routine des trajets quotidiens. Ces habitudes qui marquaient concrètement la bascule du monde du travail à la sphère privée et vice versa.

De nouvelles routines pour singer les anciennes

On lit le témoignage de Holly, qui, dans un premier temps, s’est réjouie de passer au télétravail avant de constater que le sas que représentait le trajet en bus et le temps de lecture associé lui manquait. Pas tant pour ces 45 minutes de transports en commun que pour cette limite claire et nette entre le bureau et la maison.

D’autres ont trouvé des parades et reproduisent un trajet fictif destiné à marquer le passage entre les différents volets de leur vie quotidienne. C’est le cas de Ms. Hein qui, le matin, prend son café, s’habille « avec de vrais vêtements » et fait le tour du pâté du maison pendant 15 minutes avant de se poser à son bureau à neuf heures tapantes.

« Do I live at work or do I work at home ? »

L’article mentionne aussi un commercial de Sacramento, Eddie Fairchild. Avant la crise sanitaire, son quotidien était ponctué de nombreux rendez-vous clients avec, en fil rouge, un certain nombre d’heures en voiture, y compris dans les embouteillages.

Dans sa vie d’avant, Eddie mettait à profit ces trajets entre chaque rendez-vous – plus ou moins longs et lents – pour écouter des podcasts et téléphoner à ses proches, notamment en fin de journée. Et ça lui manque ! Sa parade à lui ? Deux matins par semaine, il va dans le centre-ville prendre un café, espérant secrètement croiser la route d’un bouchon. Une fois par semaine, c’est en fin de journée qu’il part chercher un dîner à emporter en ville, avec la même envie secrète d’être pris dans les déplacements pendulaires des travailleurs chanceux de se rendre encore au bureau.

Le temps qui était auparavant dédié aux trajets entre le domicile et le travail est désormais utilisé communément pour travailler et certains salariés en souffrent. Après quelques mois, ils tentent donc de recréer cette bulle, mais ce n’est pas si évident. Un autre témoin raconte à quel rythme il dévorait les livres en faisant ses navettes quotidiennes. En télétravail, il a recréé chez lui ce créneau dédié à la lecture, mais l’illusion n’est pas complète et la concentration bien moindre que dans le métro, sans appels, sans emails, sans réelle distraction. Et c’est aussi un point important : dans une vie où nous sommes tous ultra sollicités – et pas seulement au travail -, ces temps de trajet sont parfois la seule opportunité de temps à soi pour les salariés.

Télétravail : ces salariés qui travaillent moins à la maison qu’au bureau

Par Stéphanie Davalo

Lead Content Manager chez HelloWork depuis 2018

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