Télétravail : plus les entreprises contrôlent leurs salariés, plus ils démissionnent

Parallèlement au déploiement du télétravail, certaines entreprises ont développé des systèmes de surveillance à distance de leurs collaborateurs.

63% des entreprises françaises ont mis en place des systèmes de supervision du travail à distance e leurs salariés ou envisagent de le faire.
63% des entreprises françaises ont mis en place des systèmes de supervision du travail à distance de leurs salariés ou envisagent de le faire. © ake1150/stock adobe.com

Surveiller les mails des salariés, tracer leur navigation web ou enregistrer leurs frappes sur le clavier… Ces pratiques, qui se sont généralisées aux Etats-Unis au début de la crise sanitaire pour contrôler le travail effectué à distance, se répandent à présent dans les entreprises françaises.

D’après une étude, réalisée par Vanson Vourne pour VMware*, 63% des entreprises tricolores prévoient d’adopter ou ont déjà mis en place de tels dispositifs « en vue de renforcer la supervision de leurs employés en télétravail ».

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Une cause de démission

La palme revient à la surveillance des mails : 37% des sondés y ont recours ou l’envisagent. Le contrôle de la navigation sur internet (36%) et les systèmes de vidéosurveillance (25%) viennent compléter le podium.

Autres techniques utilisées : des webcams dotées de systèmes de suivi du regard (24%) et des outils d’enregistrement des frappes sur le clavier d’ordinateur (20%).

Autant de stratégies qui peuvent être interprétées comme des signes de défiance de la part des salariés. Preuve en est : l’enquête note que le taux de départ est plus élevé dans la moitié des sociétés utilisant ces outils de contrôle.

« Le télétravail n’est efficace que si l’on fait confiance aux travailleurs »

Un salariés sur trois interrogés déclarent, en outre, ne pas savoir si son entreprise a mis en place ce type d’outils de contrôle.

« En manquant de transparence et en mesurant leur productivité de façon aléatoire et uniquement à l’aide de chiffres, les employeurs peuvent rapidement miner la confiance de leurs salariés, et risquent de voir leurs meilleurs talents partir, alors que nous sommes dans un marché extrêmement complexe et compétitif », décryptent les auteurs de l’étude.

Un contrôle légal mais qui doit être justifié et proportionné

Pour rappel, le Code du travail autorise l’employeur à contrôler l’activité de ses employés durant le temps de travail, à condition de respecter plusieurs critères :

  • Ces dispositifs doivent être justifiés par la nature de la tâche à accomplir et proportionnés au but recherché
  • Ils ne doivent pas porter atteinte au respect de la vie privée du collaborateur
  • Le salarié doit en être informé préalablement par note, affichage, publication sur le réseau d’entreprise, mail…
  • Les représentants du personnel (CE, CSE…) doivent être consultés en amont de la mise en œuvre
  • Dans le cas d’un traitement automatisé d’informations personnelles des salariés, la mise en place du dispositif doit faire l’objet d’une déclaration auprès de la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés).

*L’étude a été réalisée auprès de 7 600 dirigeants, responsables RH et informatique ainsi que d’employés dans divers secteurs d’activité (informatique, industrie, services financiers…), entre juillet et août 2021.

Par Maïté Hellio

Reporter tout terrain et pianiste, aime quand les mots et les notes sonnent juste !

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