Ce que pensent les recruteurs (et qu’ils n’osent pas toujours dire)
Vous êtes des centaines de recruteurs à répondre chaque semaine à nos sondages sur les réseaux sociaux. Sur le ghosting, l’IA ou la transparence des salaires, vos avis ne sont pas toujours là où l’on croit.
En un peu plus d’un an, nous avons construit une communauté de près de 80 000 recruteurs sur LinkedIn. Sur notre page Hellowork Recruteur, nous vous interrogeons régulièrement sur ce que vous pensez des sujets qui secouent voire qui transforment le recrutement et les RH. Voici ce qu’il faut en retenir.
Vous regrettez le report des nouvelles règles sur la transparence des salaires
Les chiffres
Parmi les 227 répondants à notre sondage, 62 % trouvent dommage le report de l’entrée en vigueur des nouvelles règles sur la transparence des salaires. Dans le même temps, 30 % se disent soulagés et 9 % déclarent être déjà en règle.
Seuls un tiers des recruteurs se disent soulagés du report de l’entrée en vigueur des nouvelles règles sur la transparence des salaires. Pourtant, beaucoup d’entreprises ne sont pas prêtes et ne savent pas toujours pas où commencer. Sandrine Dorbes, fondatrice du cabinet How Much, met en garde : « Reporter le calendrier ne réduit en rien la transformation à mener. » Parmi les étapes incontournables, la réalisation d’un diagnostic de vos pratiques de rémunération, la cartographie des postes équivalents au sein de l’entreprise et le rattrapage des écarts de rémunération injustifiés.
Vous jugez l’IA utile mais pas encore indispensable
Les chiffres
Comment jugez-vous l’IA dans vos process de recrutement ? A cette question, 52 % des recruteurs ont répondu que cette technologie était parfois utile. Seulement 18 % la qualifient d’indispensable, 11 % disent que c’est vraiment gadget et 19% ne l’avaient pas encore utilisé en octobre dernier, date à laquelle nous avons effectué ce sondage. Au total, celui-ci totalise 284 votes.
Avec l’IA, les choses vont vite et les résultats auraient sûrement déjà bougé si nous refaisions ce sondage aujourd’hui. Comme dans d’autres secteurs, l’IA secoue le monde des RH et du recrutement. Une étude du Boston Consulting Group (BCG) estime d’ailleurs que parmi les métiers les plus exposés à cette fatigue mentale induite par l’IA, les professionnels RH arrivent en seconde position, derrière ceux qui travaillent dans le marketing. Près d’un RH sur cinq est menacé d’« AI brain fry ».
Vous accordez encore de l’importance aux lettres de motivation
Les chiffres
Sur les 585 participants à notre sondage, 22 % estiment que la lettre de motivation est importante même si 24 % pensent qu’un mail de motivation suffit. A l’inverse, 26 % disent ne jamais les lire et pour 27 %, le sujet leur est égal.
On entend beaucoup que les lettres de motivation ne servent plus à rien, d’autant plus qu’elles sont maintenant écrites en grande partie par l’IA. Pourtant, seul un quart des recruteurs ne les lit pas. « Les lettres de motivation sont souvent forcées et peu voire pas personnalisées. Mais une lettre de recommandation originale et très ciblée peut faire la différence et donner envie de connaître davantage le ou la candidate », justifie un recruteur dans le cadre de notre sondage.
Plus que le manque de préparation des candidats, vous détestez les mensonges
Les chiffres
Le pire red flag en entretien ? 56 % des recruteurs répondent les mensonges. Arrivent ensuite, loin derrière, les retards (17 %), le manque de préparation (16 %) et enfin les réponses vagues (10 %). Ce sondage a totalisé 625 votes.
Tout recruteur rêverait d’un outil qui l’aiderait à déceler les mensonges sur les CV ou lors des entretiens de recrutement. Sans aller jusqu’au mensonge, un certain nombre de candidats enjolivent leur CV, en ajustant les dates, en gonflant les missions ou en supprimant une expérience qui n’aura été qu’éphémère. Selon une étude de 2022 réalisée par l’institut RH Florian Mantione, 88 % des candidats estiment normal d’arranger leur CV pour trouver un emploi. Au moindre doute, l’entretien d’embauche doit être l’occasion de creuser un point qui vous turlupine. C’est d’ailleurs ce que font 35 % des recruteurs face à un mensonge sur un CV, selon un autre de nos sondages.
Vous ne souhaitez pas qu’un recrutement dure plus d’un mois
Les chiffres
Quel est le délai idéal pour recruter un candidat ? Parmi les 529 répondants à notre sondage, 41 % souhaitent un délai de 1 à 2 semaines, 46 % répondent 3 à 4 semaines. Seul un recruteur sur 10 estime que la durée idéale est d’un à deux mois. Enfin, seuls 3 % répondent plus de 2 mois.
La grande majorité des recruteurs souhaite des délais courts avec un process de recrutement qui ne s’étend pas au-delà d’un mois. Ils ont toutefois conscience que la réalité du quotidien ne permet pas toujours de tenir les délais. Pic d’activité, multiplication des intervenants dans la décision, période de vacances… Les raisons qui peuvent conduire à un allongement des temps de recrutement sont nombreuses. L’important est de bien communiquer avec les candidats durant cette période, quitte à leur expliquer pourquoi la décision finale prend plus de temps que prévu.
Vous êtes partagés sur le nombre d’entretiens d’embauche à mener
Les chiffres
Pour 47 % des recruteurs, organiser 3 entretiens d’embauche pour un poste, c’est OK pour certains postes. 40 % estiment que c’est un peu trop, 11 % que c’est l’abus total. 2 % jugent à l’inverse que ce n’est pas assez pour certains postes. Ce sondage a totalisé 677 votants.
Evidemment, le nombre d’entretiens dépend du niveau de responsabilité du poste. En incluant un entretien RH, un autre avec le manager, éventuellement un troisième avec un membre de la direction, le process de recrutement atteint assez facilement 3 entretiens d’embauche. A cela peuvent souvent s’ajouter un test, une mise en situation, voire un échange avec un futur collègue. De leur côté, une majorité de candidats estime qu’un nombre limité d’étapes permet de maintenir les processus d’embauche attractifs. D’après une étude du cabinet Robert Half, 52 % fixent ce maximum à 2 étapes, 43 % à 3.
Vous constatez une augmentation du ghosting en recrutement
Les chiffres
69 % des recruteurs estiment que les « ghostings » en recrutement sont plus fréquents qu’avant. 20 % ne voient pas la différence, 3% les trouvent moins nombreux, tandis que 8 % disent n’en avoir jamais vu. Vous êtes 341 à avoir répondu à ce sondage.
Un candidat qui ne se présente pas à un entretien ou qui disparaît du processus du jour au lendemain sans donner de nouvelles, c’est la bête noire des recruteurs. D’après une enquête Robert Half de 2023, près de 28% des recruteurs ont déjà été ghostés par un candidat lors d’un processus de recrutement, une pratique plus largement répandue chez les candidats à des postes peu qualifiés. Pour s’en prémunir, les recruteurs disposent de plusieurs leviers, notamment celui d’envoyer des notifications de rappel aux candidats la veille de l’entretien ou de demander à être prévenu en cas d’empêchement. « Les candidats seront plus enclins à venir en entretien si l’entreprise bénéficie d’une bonne image et si les avis partagés à son sujet sont positifs », rappelle Claire L’Hostis, responsable recrutement chez Hellowork. D’où l’importance de travailler sa marque recruteur.
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